Une victoire controversée au Grand Prix du Canada

Le pilote de Mercedes Lewis Hamilton n’est jamais parvenu durant la course à dépasser son rival.
Photo: Charles Coates Getty Images / AFP Le pilote de Mercedes Lewis Hamilton n’est jamais parvenu durant la course à dépasser son rival.

Le pilote britannique Lewis Hamilton a remporté la victoire au Grand Prix du Canada dimanche. Ce 7e triomphe sur le circuit Gilles-Villeneuve de l’île Notre-Dame, à Montréal, n’a pas été sans susciter la controverse, le pilote de Mercedes n’étant jamais parvenu durant la course à dépasser son rival de l’écurie Ferrari Sebastian Vettel et devant sa victoire à une pénalité de cinq secondes infligée à l’Allemand.

« Ce n’est vraiment pas la façon dont on souhaite gagner une course », a commenté le pilote victorieux alors qu’on le cueillait à la sortie de son bolide et qu’on pouvait entendre des huées dans la foule.

Sebastian Vettel, de son côté, n’avait pas attendu la fin de l’épreuve pour dire tout le mal qu’il pensait de la décision des commissaires qui ont jugé qu’il était revenu en piste de façon dangereuse après une brève expédition dans l’herbe. « Je n’avais nulle part ailleurs où aller », a-t-il plaidé lors d’une communication radio avec son équipe, qui venait de lui faire part de la sanction qui l’attendait au fil d’arrivée. « On nous vole la victoire ! »

Tout s’était bien déroulé pour lui jusque-là, durant cette épreuve courue par une belle et chaude journée. Parti de la première position, le pilote avait su rester devant un Lewis Hamilton qui lui soufflait dans le cou sans jamais pouvoir le dépasser, mais espérant parvenir à pousser à la faute le quadruple champion du monde.

Cela s’est finalement produit au 48e tour de la course qui en comptait 70, alors que Vettel a raté un virage, l’a court-circuité dans l’herbe et est réapparu en piste juste à temps pour bloquer le chemin de son poursuivant, qui a dû freiner pour éviter la collision. Le verdict des commissaires a été rendu une dizaine de tours plus tard, ce après quoi Hamilton n’avait plus qu’à s’assurer de rester à moins de cinq secondes de son adversaire pour lui ravir la victoire.

Un peu plus loin, l’autre pilote Ferrari, le Monégasque Charles Leclerc, n’a pas pu en faire autant et s’est contenté de la troisième marche sur le podium. Les trois hommes ont été suivis, dans l’ordre, par l’autre pilote Mercedes, Valtteri Bottas, le Néerlandais Max Verstappen, passé, avec sa Red Bull, de la 9e à la 5e place durant la course, ainsi que par les deux pilotes Renault, Daniel Ricciardo et Nico Hulkenberg, respectivement 6e et 7e.

Cette 7e victoire de Lewis Hamilton à Montréal égale un record au Grand Prix du Canada établi pour la première fois par l’ancien champion Michael Schumacher. Hamilton répète à qui veut l’entendre que ce circuit, où il a remporté sa première victoire en 2007, est l’un de ses trois préférés de la saison.

Plus ce que c’était

Une fois passé le drapeau à damier, la première réaction de Sebastian Vettel a été d’aller se réfugier dans les salons privés de son écurie, avant de se laisser convaincre de monter sur le podium et de répondre aux questions des journalistes, mais non sans avoir d’abord fait un détour du côté du parc fermé, où étaient stationnées les voitures, pour placer le panneau de la 2e place devant la Mercedes de Lewis Hamilton.

Mitraillé de questions en conférence de presse, l’Allemand a répété sa version des événements avant de prendre à témoin les huées de la foule. « J’essayais juste de reprendre le contrôle de ma voiture », a-t-il dit. « Je n’avais aucune idée de l’endroit [sur la piste] où se trouvait Lewis », a-t-il assuré. Assis à ses côtés, le Britannique s’est fait plus discret et ne l’a pas ouvertement contredit. Il avait fait valoir, plus tôt, qu’un pilote qui sort de piste ne peut pas simplement revenir dans la ligne de course sans considération pour les autres coureurs.

Vettel a affirmé que les deux pilotes gardaient le plus grand respect l’un pour l’autre et que c’en était surtout contre ce que la Formule 1 est devenue qu’il en avait, avec sa manie de tout vouloir policer et réglementer, même les communications de ses acteurs. « Autrefois, toute cette histoire aujourd’hui aurait été considérée comme un simple incident de course », a-t-il estimé. « Ce n’est pas le sport dont je suis tombé amoureux quand j’étais petit », a lâché le pilote de 31 ans.

Saison à sens unique

Le désarroi de l’Allemand était à la mesure de sa déception. C’était la première fois en dix-sept épreuves qu’il commençait une course de la première place, qui plus est sur un circuit qui apparaissait favorable aux puissants moteurs Ferrari. C’est que les Mercedes sont encore plus dominantes, cette saison (sept victoires en sept courses), qu’elles l’étaient déjà les années passées.

Après seulement sept grands prix, Lewis Hamilton domine outrageusement le championnat de conducteurs avec 162 points. Son coéquipier, Valtteri Bottas, suit en deuxième, avec 133 points, puis viennent Vettel, avec 100 points, Max Verstappen, avec 88 points, et Charles Leclerc avec 72, le double de points par rapport à son plus proche poursuivant.

Le pilote local, le Montréalais Lance Stroll, s’en est plutôt bien tiré dimanche. Parti de la 17e place, il a passé la ligne d’arrivée au 9e rang, devançant, pour une fois, son coéquipier de l’écurie Racing Point, Sergio Perez (12e), et égalant ses deux meilleurs résultats cette saison. Il porte ainsi son total de points au championnat à 6, au 16e rang sur 20 pilotes.