Sebastian Vettel en première place au départ de la course dimanche

Sebastian Vettel a collé 2 dixièmes de seconde à son plus proche poursuivant, avec un temps d’une minute 10,24 secondes.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Sebastian Vettel a collé 2 dixièmes de seconde à son plus proche poursuivant, avec un temps d’une minute 10,24 secondes.

Sebastian Vettel partira de la première place sur la grille de départ dimanche au Grand-Prix de Formule 1 sur l’Île Notre-Dame, à Montréal. Le pilote allemand aura à ses côtés son grand rival et confortablement meneur au championnat des pilotes cette année, le Britannique Lewis Hamilton de l’écurie Mercedes, et juste derrière, son jeune coéquipier chez Ferrari, le Français Charles Leclerc.

Par une journée ensoleillée et devant des gradins remplis de supporters, l’Allemand a collé 2 dixièmes de seconde à son plus proche poursuivant, avec un temps d’une minute 10,24 secondes. Il reprenait ainsi le Grand-Prix du Canada là où il l’avait laissé l’an dernier alors qu’il y avait aussi dominé les qualifications avant de remporter la course.

Mais le résultat de samedi vient surtout mettre un terme une longue série de 17 épreuves consécutives sans avoir la position de tête au départ. « Ça faisait longtemps », a-t-il déclaré en conférence de presse après son exploit, rayonnant de bonheur. « Je voudrais pouvoir refaire ce dernier tour juste pour le plaisir. Mais demain, ce sera une longue et difficile course. »

Après avoir beaucoup entendu de gens se plaindre de l’outrageuse domination de Mercedes depuis le début de la saison, Lewis Hamilton avait presque l’air content d’être encadré par deux pilotes Ferraris au départ de la course dimanche. « Je n’ai pas été surpris par leur vitesse, ça fait deux jours qu’on essaie de rester à leur niveau, a commenté le pilote dont le coéquipier chez Mercedes, Valtteri Bottas, n’a pu faire mieux que le 6e temps. J’espère que la course sera serrée. »

Nouvelle déception pour Stroll

La séance de qualifications a été interrompue par un spectaculaire accident de Kevin Magnussen et de sa Haas dans lequel, heureusement, seul l’ego du Danois a été blessé. Victime collatérale, le jeune virtuose néerlandais Max Verstappen s’est ainsi vu empêché de faire une autre tentative après un mauvais tour durant lequel il avait été empêtré dans la circulation a dû se contenter d’un surprenant et décevant 11e temps au volant de sa Red Bull.

Résultat malheureusement moins surprenant, mais tout aussi décevant, le héros local, le Canadien Lance Stroll, n’a pas pu faire mieux que le 18e temps, deux rangs derrière son coéquipier chez Racing Point, le Mexicain Sergio Perez, après avoir été victime d’un bris de moteur qui lui avait fait rater la troisième et dernière séance d’essais libre en matinée. « Nous avons fait ce que nous pouvions faire », a déclaré le jeune pilote. « Il est fort possible qu’avec une journée normale, j’aurais passé [le seuil des 15 premiers]. Mais c’est comme ça. C’est dommage. »

Rien n’est toutefois joué pour la course de dimanche. L’an dernier, les trois premiers pilotes sur la grille de départ avaient terminé la course dans le même ordre, ce qui semblait confirmer une fois de plus l’impression répandue qu’il ne se passe jamais rien durant les courses de Formule 1. Cette impression n’est toutefois pas tout à fait juste, du moins en ce qui concerne le circuit Gilles-Villeneuve de l’Île Notre-Dame, puisque de toutes les épreuves de la saison, c’est celle où la position de tête au départ a le moins d’influence, moins de la moitié de ses 17 derniers détenteurs ayant finalement remporté la course.

Le terrain de jeu de Lewis Hamilton

Marqué par de longues lignes droites brisées, de temps à autre, par des virages serrés, le circuit Gilles-Villeneuve est la première course de la saison où la puissance des moteurs pourrait être le facteur déterminant, un domaine où les Ferraris ont eu l’avantage depuis le début de l’année. Meilleure jusqu’à présent à marier moteur, châssis et pilotes, l’écurie Mercedes est débarquée à Montréal avec une nouvelle version améliorée de son moteur. Rappelons que ces moteurs sont hybrides en Formule 1, l’énergie produite par les gaz d’échappement et les violents freinages étant convertie en électricité qui vient apporter un surcroît de puissance.

Aménagé dans un espace extrêmement restreint, le circuit de l’Île Notre-Dame présente aussi une piste piégeuse où, si les dépassements sont possibles, les pilotes ne doivent pas hésiter à attaquer les vibreurs à l’intérieur des virages tout en prenant garde de ne pas être projetés dans les murets de béton qui ne sont jamais loin en bord en piste.

Ce circuit est le terrain de jeu du Britannique, Lewis Hamilton, depuis son arrivée en Formule 1. Il y a remporté sa première victoire en carrière en 2007, et y a récidivé ensuite à cinq reprises, dont trois fois les quatre dernières années. Il n’est pas étonnant que le pilote Mercedes décrive l’endroit comme l’un de ses trois circuits préférés de la saison, avec la piste historique de Silverston, en Angleterre, et le circuit tout neuf du Grand-Prix des États-Unis d’Austin, au Texas. « J’adore revenir à Montréal, a-t-il déclaré en conférence de presse jeudi. Le temps y est souvent beau. Le circuit est fantastique avec sa piste que tout le monde aime. […] Je crois que la ville y est pour beaucoup. Elle est très vibrante. »

Souvent le théâtre d’une lutte inégale entre deux ou trois écuries de tête et un reste de peloton qui se bat pour les miettes qu’on leur laisse, le championnat de Formule 1 a été totalement dominé cette saison par les Mercedes qui, à deux voitures, ont accaparé en 6 courses : 6 premières places et 5 deuxièmes places. Cela place son pilote étoile et champion en titre, Lewis Hamilton, une nouvelle fois en tête de la course au championnat des pilotes avec 137 points, suivi par son coéquipier Valtteri Bottas, avec 120 points. Leur plus proche poursuivant, Sebastian Vettel, est déjà loin derrière, avec 82 points, talonné par Max Verstappen, à 78 points, et par l’autre pilote Ferrari, le Monégasque Charles Leclerc, avec 57 points.

Difficile début de saison pour Stroll

Lance Stroll, de son côté, n’a pu accumuler plus de 4 points jusqu’à présent. Le jeune homme de 20 ans a connu deux premières années difficiles au volant d’une Williams à laquelle il ne restait plus que le nom de sa gloire passée. Passé cette saison à l’écurie Racing Point (anciennement Force India) en même temps que son père, le milliardaire Lawrence Stroll, s’en portait acquéreur à la tête d’un groupe d’investisseurs canadiens, Lance n’a pas encore trouvé une façon de vraiment profiter d’une meilleure voiture, finissant régulièrement derrière son coéquipier, Sergio Perez (13 points). L’an dernier à Montréal, Stroll avait abandonné l’épreuve lors du premier tour à la suite d’un accrochage avec un autre pilote.

Le départ de la course doit être donné un peu après 14 h dimanche. La vingtaine de voitures des dix équipes en lice devra ensuite compléter 70 tours de piste pour couvrir la distance totale d’un peu plus de 305 km qui la séparera du drapeau à damier, à des vitesses de pointe dépassant 330 km/h.


Avec la Presse canadienne