Red Bull misera sur le freinage pour battre Ferrari

Red Bull a indiqué qu’elle innovera au circuit Gilles-Villeneuve, notamment en ce qui concerne l’efficacité du freinage.
Photo: Boris Horvat Agence France-Presse Red Bull a indiqué qu’elle innovera au circuit Gilles-Villeneuve, notamment en ce qui concerne l’efficacité du freinage.

S’il est déjà admis que Mercedes sera l’équipe favorite pour remporter le Grand Prix de Formule 1 du Canada, la lutte derrière pourrait monopoliser l’attention ce week-end.

Ainsi, pour la première fois depuis quelques saisons, l’équipe Red Bull peut aspirer au deuxième échelon de la hiérarchie mondiale — au détriment de Ferrari. L’équipe autrichienne entamera d’ailleurs le week-end en tirant de l’arrière 139-110 contre la Scuderia au championnat des constructeurs. En comparaison, Mercedes est en tête à 257.

Dans l’espoir de réduire l’écart qui persiste, Red Bull a indiqué plus tôt cette semaine qu’elle innovera au circuit Gilles-Villeneuve. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’amélioration apportée aux bolides de Max Verstappen et Pierre Gasly n’augmentera pas leur vitesse de pointe, mais plutôt l’efficacité de leur freinage.

Cet aspect n’est pas à négliger au Canada, a souligné le directeur de l’équipe Ferrari, Mattia Binotto.

« Les caractéristiques de la piste présenteront un défi, étant donné que la vitesse de pointe, l’efficacité du freinage et la traction sont les principales considérations », a-t-il dit.

Red Bull misera donc sur de nouveaux étriers et disques de frein avant plus performants, selon ce que rapporte le site Internet F1.com. Ainsi, bien que la dimension des disques en carbone soit réglementée, l’équipe autrichienne a habilement contourné le problème pour améliorer leur efficacité.

Red Bull a en effet augmenté le nombre de trous sur ceux-ci — qui est présentement de 1400 —, ce qui devrait leur permettre de les refroidir encore plus rapidement, et donc d’être techniquement plus efficaces.

Cet avantage pourrait être déterminant sur le tracé montréalais de 4,361 km, qui a la réputation d’être très exigeant sur les freins des bolides de F1. Verstappen compte en profiter pour gagner du terrain dans la lutte au championnat.

« Ferrari et Mercedes ont encore l’avantage, mais nous sommes plus près à chaque course, et je pense que nous serons souvent compétitifs cette saison, a récemment déclaré Verstappen. L’objectif est bien sûr de gagner, ce qui serait une belle récompense pour tous les membres de notre équipe. »

Cette évolution, jumelée au fait que Binotto a révélé ces derniers jours que les voitures de Sebastian Vettel et Charles Leclerc ne disposeront pas d’améliorations de sitôt, pourrait donc rendre le spectacle intéressant derrière Mercedes sur l’île Notre-Dame.

Les préoccupations sont d’autant plus palpables au sein de l’écurie italienne qu’elle est toujours à la recherche d’une première victoire cette saison, et qu’elle n’a signé qu’une seule deuxième place jusqu’ici (Vettel, à Monaco).

La voiture SF90 de Ferrari affiche certes une excellente vitesse en ligne droite — ce qui pourrait la favoriser à Montréal —, mais ses ratés au niveau de la direction, des réglages et du choix de pneus, l’ont souvent reléguée derrière ses rivales Mercedes et Red Bull.

« Nous savons que nous ne sommes pas assez compétitifs pour le moment, a déclaré Binotto au site F1.com dernièrement. Et en ce moment, nous n’avons pas d’évolutions qui pourraient avoir un impact significatif sur les problèmes que nous avons rencontrés depuis le début de la saison. »

La table est donc mise pour le Grand Prix du Canada, où Vettel l’avait aisément emporté par plus de sept secondes devant Valtteri Bottas l’an dernier. Il s’agissait alors de la première victoire de Ferrari au pays en 14 ans, soit depuis la victoire de Michael Schumacher en 2004.

Hamilton, aux trousses de Schumacher

Lewis Hamilton connaît un début de saison du tonnerre, comme en font foi ses quatre victoires en six courses — les deux autres étant l’oeuvre de Bottas, son coéquipier chez Mercedes.

Le champion du monde en titre pourrait d’ailleurs profiter de son passage à Montréal pour écrire une autre page d’histoire. S’il l’emporte dimanche, Hamilton signerait sa septième victoire en carrière au Grand Prix du Canada, rejoignant ainsi Schumacher à ce chapitre.

Et les chances que cela se produise ont augmenté dramatiquement après que Hamilton eut indiqué en début de semaine que les Flèches d’argent disposeront de plus de puissance ce week-end — comme si c’était nécessaire.

« Je crois que nous disposerons d’un nouveau moteur au Canada, donc la voiture continuera de progresser », a-t-il confié avec aplomb.

Habituellement, les motoristes apportent leur première mise à jour de la saison au Canada, car il s’agit d’un circuit où l’accent est mis sur la puissance. Or, trois des motoristes ont déjà offert leurs premières innovations. Honda l’a fait à Bakou, tandis que Ferrari et Renault ont suivi lors de la course suivante en Espagne.

« Nous devrons amasser et analyser de nombreuses informations, a confié le Britannique à propos de la stratégie au Grand Prix du Canada. Nous tenterons surtout de mieux comprendre les pneus et de fournir de meilleurs résultats quant au processus. Pour ma part, j’essaierai de travailler encore mieux avec mes ingénieurs.

« Cela dit, j’ai vraiment l’impression d’avoir offert des performances ordinaires au cours des six premières courses cette saison. J’ai l’impression que je peux faire encore mieux », a-t-il ajouté.

Hamilton domine le championnat des pilotes avec 137 points, soit 17 de plus que Bottas. Vettel suit loin derrière à 82, quatre points devant Verstappen.

Lance Stroll s’amuse sur la glace; s’amusera-t-il lors du Grand Prix?

Lance Stroll a eu un plaisir fou à patiner sur la glace du Complexe sportif Bell, mercredi. Il était encore tout sourire à son retour dans le vestiaire du Canadien, mais son ton de voix a changé quand est venu le temps de commenter le début de sa troisième saison en Formule 1, sa première chez Racing Point.

« C’est une saison de défis, ce à quoi nous nous attendions, a dit Stroll. Le milieu du peloton est très compétitif cette saison. Nous avons marqué des points dans deux courses, mais nos performances dépendent souvent de la piste. »

Le pilote québécois âgé de 20 ans a obtenu des points en Australie et en Azerbaïdjan grâce à deux neuvièmes positions. Sinon, il semble revivre un peu la même situation qu’à ses deux premières saisons chez Williams.

La bataille semble toujours aussi impossible lors des qualifications, alors qu’il a franchi le premier segment une seule fois, en Azerbaïdjan.

Et les deux dernières courses ont été difficiles. Il a été victime d’une collision avec Lando Norris et a dû abandonner après 44 tours à Barcelone, puis il s’est contenté du 16e rang il y a deux semaines à Monaco.

« La voiture n’a pas bien fonctionné lors des deux derniers Grands Prix, a noté Stroll. L’équipe n’a pas marqué de points. Nous voulons changer ça à Montréal. C’est un circuit différent de celui de Monaco et je pense que nous pouvons obtenir un bon résultat cette fin de semaine. »

Stroll a mentionné que sa voiture bénéficiera de nouveaux ailerons pour favoriser l’aérodynamisme dans les longues lignes droites et les virages techniques du circuit Gilles-Villeneuve.

S’il risque malgré tout de terminer loin derrière les Mercedes ce week-end, comme l’ensemble du peloton, Stroll a quand même noté que le Grand Prix du Canada est souvent le théâtre de résultats étonnants.

Et il a insisté pour dire qu’il appréciera l’expérience, peu importe le résultat.

« J’ai de très bons souvenirs de ce Grand Prix. Il y a deux ans, c’est ici que j’ai obtenu mes premiers points en terminant neuvième, a-t-il rappelé. L’an dernier, même si la fin de semaine avait été difficile (sa course avait pris fin après cinq virages), ç’avait été très spécial. L’énergie du week-end est très spéciale. Quand je vois les drapeaux canadiens dans les gradins, c’est émouvant. Tout ce qui précède la course est très spécial et j’ai hâte de faire un premier tour vendredi. »

Parmi ces « extra » qui précèdent la course, il y avait l’invitation qu’il avait reçue pour aller patiner en compagnie de quelques joueurs sur la patinoire du Complexe sportif Bell, à Brossard. Victor Mete, Matthew Peca, Xavier Ouellet et Michael McNiven ont répondu à l’invitation chez le Tricolore.