Andreescu se donnera quelques semaines de repos après Miami

<p>Moins de 48 heures après son électrisant triomphe contre l’Allemande Angelique Kerber en finale de l’Omnium BNP Paribas d’Indian Wells en Californie, Andreescu était de nouveau en pleine préparation mardi.</p>
Photo: Mark J. Terrill La Presse canadienne / Associated Press

Moins de 48 heures après son électrisant triomphe contre l’Allemande Angelique Kerber en finale de l’Omnium BNP Paribas d’Indian Wells en Californie, Andreescu était de nouveau en pleine préparation mardi.

Elle a beau n’avoir que 18 ans et vivre des heures d’allégresse comme jamais avant, la Canadienne Bianca Andreescu sait qu’il lui faudra s’éloigner des courts de tennis pendant un certain temps pour refaire le plein. Et c’est ce qu’elle compte faire immédiatement après l’Omnium de Miami, qui s’amorce cette semaine.

Moins de 48 heures après son électrisant triomphe contre l’Allemande Angelique Kerber en finale de l’Omnium BNP Paribas d’Indian Wells en Californie, Andreescu était de nouveau en pleine préparation mardi. Cette fois, elle se trouvait à l’autre extrémité des États-Unis, pour un rendez-vous tout aussi prestigieux et qui risque d’être tout aussi exigeant physiquement et mentalement.

Pour remporter son premier titre sur le circuit de la WTA, Andreescu a dû jouer sept matchs en onze jours entre les 6 et 17 mars. Si certains ont été expéditifs, notamment la dégelée de 6-0, 6-1 en 52 minutes qu’elle a servie à l’Espagnole Garbine Muguruza en quarts de finale, les deux derniers ont requis un total de 4 h 30 d’effort, dans des conditions pas toujours faciles.

Pour se rendre jusqu’à la finale à Miami, celle qui vient maintenant au 24e rang du classement mondial devra jouer six autres matchs en un peu plus d’une semaine. Or, depuis le début de 2019, elle en compte déjà 31, incluant les qualifications et deux duels en Fed Cup. De ce nombre, elle n’en a perdu que trois.

« Non, je n’ai jamais songé [à me retirer de Miami], et je me sens parfaitement bien », a affirmé Andreescu lors d’une conférence téléphonique alors qu’elle se trouvait en Floride, où elle était arrivée à 2 h du matin dans la nuit de lundi à mardi.

Son premier match, mercredi soir, la verra croiser le fer avec la Roumaine Irina-Camelia Begu, qu’elle avait battue en trois manches au premier tour à Indian Wells il y a deux semaines.

Des tests

Contre Kerber, on a pu voir Andreescu se battre avec des crampes qui ont requis l’intervention d’une thérapeute de la WTA. Selon ce qu’a confié son entraîneur Sylvain Bruneau lundi matin, ces crampes sont même réapparues lors de sa conférence de presse d’après-match.

Deux jours plus tôt, lors de son duel de demi-finale contre Elina Svitolina, on l’a également sentie à court d’énergie lors du troisième set, à un point tel que l’entraîneur de l’Ukrainienne avait déclaré à sa protégée, pendant un changement de côté, qu’Andreescu « mourait physiquement ».

Pourtant, chaque fois, Andreescu a tiré les marrons du feu pour renverser d’abord Svitolina, sixième joueuse mondiale, puis Kerber, classée huitième.

« Je ne m’étais jamais retrouvée dans une situation comme celle-là avant. Je n’avais jamais participé à une finale d’un tournoi de catégorie “Premier”, contre une adversaire de haut niveau, et je crois que toutes les émotions et la tension que je ressentais ont fait en sorte que j’étais plus fatiguée que je l’aurais été en temps normal », a-t-elle expliqué.

« Au cours des deux dernières semaines, a-t-elle aussi noté, je pense avoir appris que même si mon corps s’épuise, je peux continuer de pousser avec le mental. C’est ce que j’ai fait en demi-finale et en finale, et ça m’apporte beaucoup de satisfaction. »

Malgré cette belle force de caractère, Andreescu, Sylvain Bruneau et les membres de son entourage ne voudront pas laisser pareil problème se reproduire. D’où l’importance de prendre une courte pause au cours des prochaines semaines.

« Nous travaillons là-dessus, a admis l’athlète de Mississauga. J’ai consulté des professionnels et nous avons une bonne équipe de médecins à Tennis Canada. C’est quelque chose que nous voulons améliorer, mais c’est difficile de travailler là-dessus pendant la saison. Après Miami, nous aurons deux ou trois semaines, je pense, pour tout mettre en place, passer des tests et voir vers où tout ça peut me mener. »

En prenant une pause de deux ou trois semaines, il est plausible de croire qu’Andreescu réservera son retour au jeu pour la rencontre de qualification pour le Groupe mondial de la Fed Cup en République tchèque, sur terre battue, les 20 et 21 avril. En y participant, elle pourrait aussi peaufiner sa préparation en vue de la saison sur terre battue, qui culminera avec la tenue des Internationaux de France à la fin du mois de mai.

Pendant cette pause, Andreescu pourra peut-être aussi savourer pleinement, enfin, le torrent d’amour qui a déferlé sur elle au cours des derniers jours. À la suite de son triomphe historique, la nouvelle coqueluche du tennis féminin a eu droit aux éloges de légendes du tennis comme l’Australien Rod Laver et l’Américaine Chris Evert, qui ont notamment loué ses qualités de battante et sa soif de victoires.

Mais rien ne lui a probablement procuré plus de plaisir que de retrouver ses parents à son arrivée à Miami.

« C’était incroyable, parce qu’ils sont derrière moi depuis le Jour 1. C’était vraiment plaisant de passer un moment avec eux, enfin, et je suis contente de savoir qu’ils pourront me voir jouer à Miami. »