Pascal Bérubé estime que Maxime Comtois est victime de racisme antifrancophone

Comtois a été très sévèrement critiqué à la suite de son tir de punition raté en prolongation.
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne Comtois a été très sévèrement critiqué à la suite de son tir de punition raté en prolongation.

La défaite crève-coeur d’Équipe Canada en quarts de finale du Championnat du monde de hockey junior doit lui servir de motivation, a déclaré le capitaine de la formation.

« Nous devons tourner la page », a mentionné Maxime Comtois, le seul joueur qui faisait partie de l’équipe championne du tournoi de l’an dernier, après la défaite de 2-1 subie en prolongation contre la Finlande mercredi soir. « Cette expérience nous servira tous individuellement à long terme. Nous devons prendre nos responsabilités et tourner la page. »

Les joueurs canadiens ont donné tout ce qu’ils avaient, a ajouté Comtois.

L’entraîneur-chef Tim Hunter a abondé dans le même sens et assuré que ses joueurs avaient joué avec intensité pendant toute la rencontre contre la Finlande. « Nous avons joué du bon hockey, d’un bout à l’autre. Mais ça n’a tout simplement pas tourné en notre faveur », a-t-il dit.

En conséquence, le Canada n’obtiendra pas de médaille pour la deuxième fois en quatre ans. Mais ce n’est que la deuxième fois en 21 ans que le Canada n’aura pas la chance de disputer une rencontre pour l’une d’entre elles.

« Nous voulons toujours gagner, a dit Comtois, un espoir des Ducks d’Anaheim. Nous savons maintenant ce que goûte la défaite. Ils ne voudront pas revivre ça l’an prochain, car ils connaissent maintenant le goût amer de la défaite et voudront être prêts pour chacune des rencontres l’an prochain. »

Barrage de critiques

Comtois a été très sévèrement critiqué à la suite de son tir de punition raté en prolongation. Plusieurs des commentaires ciblaient la langue maternelle de Comtois. Le patineur de 19 ans de Longueuil est francophone.

Les commentaires ont depuis été verrouillés sur le compte Instagram du hockeyeur. Les commentaires déjà émis étaient toujours visibles jeudi matin.

Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a déclaré sur Twitter que ces insultes étaient du « racisme antifrancophone ».

L’un des utilisateurs a notamment écrit : « Le capitaine de l’équipe canadienne de hockey ne devrait pas plonger comme un joueur italien de soccer et ensuite offrir un effort pathétique comme ça sur un lancer de punition en prolongation. »

Après le barrage de critiques, plusieurs utilisateurs ont mis en ligne des messages d’appui envers Comtois.

« Il ne mérite pas toute cette haine ou quoi que ce soit de négatif, a écrit l’un d’eux. C’est un joueur junior, nom de dieu ! Il a fait tout ce qu’il pouvait pour représenter SON pays. »

L’entraîneur-chef, Tim Hunter, a choisi Comtois pour effectuer ce tir de pénalité. Le gardien finlandais Ukko-Pekka Luukkonen a étiré la jambière droite pour bloquer le tir bas.

« Je pensais à marquer et je ne l’ai pas fait, a expliqué Comtois. J’ai fait ma feinte et j’ai lancé. Ce n’est pas la première fois que je ne marque pas et ce ne sera pas ma dernière. Ça fait mal, mais si j’obtiens une autre occasion au cours de ma carrière, je dois être prêt, puiser au fond de moi et marquer. »

« Nous étions quelques gars à nous entraîner pour ces situations, dont moi. Ça aurait pu être n’importe qui au sein du club. J’avais confiance en ma feinte, mais elle n’a pas fonctionné. »

En après-midi, l’agent de Comtois, Allain Roy, président de Roy Sports Group, a réagi par communiqué.

« Maxime Comtois est l’exemple ultime d’un athlète de Hockey Canada qui a gravi les échelons pour devenir un leader complet. Personne n’est plus fier de porter la feuille d’érable sur sa poitrine et le C sur son chandail. Ces jeunes hommes comprennent et acceptent la pression liée à leurs rôles dans le monde du hockey. »

« Il est honteux et incompréhensible que quelques lâches qui peuvent se cacher derrière les médias sociaux puissent lancer des attaques aussi vicieuses sur le caractère de ces jeunes hommes après s’être battus fièrement pour leur pays. »

« Nous ferons cette déclaration unique sur ce sujet, afin de ne plus valider les commentaires honteux faits sur les médias sociaux. Maxime veut que nous profitions de cela comme d’un moment d’apprentissage pour tous les jeunes Canadiens. La cyberintimidation est un problème réel et, comme tous les tyrans, nous devons tous leur faire face et les nommer tels qu’ils sont. Merci d’avoir fait la lumière sur un réel problème dans notre société. »

La défaite du Canada l’a exclu de la ronde des médailles pour la première fois en 21 ans.