Mikaël Kingsbury couronné athlète masculin de l’année par La Presse canadienne

Le Québécois Mikaël Kingsbury a remporté l’or olympique le 12 février aux Jeux de Pyeongchang.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Le Québécois Mikaël Kingsbury a remporté l’or olympique le 12 février aux Jeux de Pyeongchang.

Mikaël Kingsbury n’a jamais eu autant à perdre que le 12 février dernier au moment de dévaler la piste du parc à neige Phoenix. Archifavori de l’épreuve des bosses aux Jeux de Pyeongchang, le skieur de 26 ans était parfaitement conscient que seule une victoire pourrait combler les attentes.

Avant-dernier à s’élancer en super finale, Kingsbury s’est montré à la hauteur. Pleinement en contrôle, il a réalisé une descente parfaite qui lui a finalement assuré le seul titre qui manquait à son palmarès : l’or olympique.

« J’étais dans la position “c’est l’or ou rien”, reconnaît l’athlète de Deux-Montagnes en rappelant sa deuxième expérience olympique. Pour tous ceux qui suivent mon sport, même une deuxième position aurait été considérée comme une contre-performance. »

« Oui, il y avait de la pression, mais, en haut de la piste, j’avais vraiment un bon feeling. Et quand c’est le cas, je suis en confiance et c’est toujours bon signe. »

Si ce couronnement olympique constitue le fait saillant de son année, Kingsbury a poursuivi sa domination sur le circuit de la Coupe du monde, signant 7 victoires en 10 épreuves, dont 3 d’affilée pour amorcer la présente saison. Il a finalement gagné les 2 globes de cristal, celui du classement général de la Coupe du monde de ski acrobatique et celui de sa discipline.

Ses succès lui assurent haut la main le prix Lionel-Conacher, décerné par La Presse canadienne à l’athlète masculin de l’année au pays.

Kingsbury a récolté 30 des 56 votes (53,7 %) au scrutin mené auprès de commentateurs et de responsables des sections sportives des médias à travers le pays.

Il a devancé le joueur de centre Connor McDavid des Oilers d’Edmonton (12 votes, 21,4 %), vainqueur du trophée Art-Ross à titre de meilleur marqueur de la LNH et du trophée Ted-Lindsay remis au joueur par excellence de la ligue par ses pairs.

Le jeune phénomène au soccer Alphonso Davies a terminé au troisième rang (8,9 %). Le patineur de vitesse Ted-Jan Bloemen (3 votes), double médaillé olympique, le paraskieur nordique Brian McKeever (3), le hockeyeur Taylor Hall (2) et le receveur de passes Brad Sinopoli du Rouge et Noir d’Ottawa (1) figurent également au palmarès.

« J’aurais pu choisir McDavid, comme on choisissait [Sidney] Crosby à une certaine époque, mais l’or de Kingsbury a été un moment fort aux JO de Corée, entraînant dans sa performance d’autres athlètes canadiens », a écrit Denis Bouchard, rédacteur en chef du journal Le Quotidien pour justifier son choix.

Domination

« Aucun athlète canadien ne domine son sport aussi outrageusement que Mikaël Kingsbury », a quant à lui précisé Jean-François Bégin, directeur principal de l’information de La Presse.

Plus tôt ce mois-ci, Kingsbury avait reçu un premier honneur lorsqu’on lui a décerné le trophée Lou-Marsh, saluant l’athlète canadien par excellence de 2018 du quotidien Toronto Star.

« C’est fou d’avoir connu autant de succès, reconnaît le principal intéressé. C’est une saison presque parfaite. Mon pire résultat en 2018 est une deuxième position… »

C’est fou d’avoir connu autant de succès. C’est une saison presque parfaite. Mon pire résultat en 2018 est une deuxième position…

« Comparé à d’autres sports, comme le tennis, c’est comme si j’avais gagné toutes les finales du Grand Chelem. »

Kingsbury domine effectivement sa discipline comme l’ont fait Usain Bolt en sprint et Micheal Phelps dans les bassins. Au début de l’année, il a écrit une page d’histoire en améliorant un record avec sa 47e victoire en carrière sur le circuit de la Coupe du monde. Il en totalise maintenant 52 en 93 départs.

« J’ai comme l’impression d’avoir une aura autour de moi. Sans dire que j’intimide les autres compétiteurs en raison de mes succès répétés, je démontre une grande confiance en mes moyens, je commets peu d’erreurs et ça me permet d’aller chercher de petits avantages sur eux. »

« Mais je sais que j’ai une grosse cible dans le dos et qu’ils veulent tous me battre. Ça fait sept ans que j’occupe le premier rang mondial et, chaque année, il y en a quelques-uns qui disent : “Kingsbury, on va le tasser”. Ça rend la compétition encore plus intéressante. »

Et il a beau avoir tout gagné, ne comptez pas sur lui pour céder son trône de sitôt. Il trouve encore bien des sources de motivation.

« J’adore gagner et je veux encore gagner. Mais ma motivation ne réside pas nécessairement dans les résultats. Je vise surtout à atteindre mon plein potentiel, d’essayer d’innover dans mon sport, de tenter de nouveaux sauts. J’ai le goût de voir jusqu’où je peux me rendre. »

« Bien que la perfection n’existe pas dans mon sport, mon but est de m’en approcher le plus près possible et de repousser les limites, autant en vitesse que dans l’exécution de mes sauts. »

Que ses rivaux se le tiennent pour dit !