L’Agence mondiale antidopage rend visite au laboratoire de Moscou

<p>La Russie doit fournir des données informatiques issues de son laboratoire avant le 31 décembre à défaut de quoi son agence nationale antidopage pourrait de nouveau être suspendue, deux mois après sa réintégration controversée.</p>
Photo: Alexander Zemlianichenko Associated Press

La Russie doit fournir des données informatiques issues de son laboratoire avant le 31 décembre à défaut de quoi son agence nationale antidopage pourrait de nouveau être suspendue, deux mois après sa réintégration controversée.

Une délégation de l’Agence mondiale antidopage s’est présentée mercredi au laboratoire de Moscou au coeur du scandale de dopage en Russie, à la recherche de données qui pourraient mener à de nouvelles suspensions parmi les athlètes d’élite du pays.

La Russie doit fournir des données informatiques issues de son laboratoire avant le 31 décembre à défaut de quoi son agence nationale antidopage pourrait de nouveau être suspendue, deux mois après sa réintégration controversée.

Alors que l’échéancier approche, les discussions entre l’AMA et les autorités russes mercredi n’ont pas permis d’en arriver à une entente sur la façon de transférer les données.

Selon le docteur Olivier Rabin, directeur scientifique à l’AMA, on note du progrès dans les discussions, mais certains points demeurent en suspens. « Pour l’AMA, plus vite nous pourrons avoir un accès complet au laboratoire, mieux ce sera. De toute évidence, il y a un volume de données énorme et nous voulons commencer à l’analyser dès que possible », a fait remarquer le docteur Rabin.

« Une fois que les données auront été pleinement authentifiées, nous serons en mesure d’établir des violations des règles antidopage à l’encontre des sportifs ayant triché et d’exonérer d’autres athlètes. Les données brutes constituent la pièce manquante du puzzle, qui viendra compléter la duplication de la base de données [du laboratoire, appelée LIMS] déjà détenue par l’AMA et contribuera à la conclusion des enquêtes de l’AMA », a expliqué le directeur scientifique.

L’AMA a découvert des preuves détaillées démontrant que la Russie a régulièrement faussé les résultats de tests de dépistage, y compris lors des Jeux d’hiver de 2014 à Sotchi. Elle doit maintenant espérer que les autorités lui remettront des données légitimes des années passées.

La Russie doit aussi fournir d’ici le 30 juin, à des fins d’analyses, les échantillons qui sont demeurés entreposés. Jim Walden, l’avocat de Grigori Rodchenkov, a déclaré à Associated Press qu’il s’attendait à voir la Russie retenir les données ou fournir de l’information erronée.

Rodchenkov est cet ancien directeur du laboratoire antidopage de Moscou qui a plus tard révélé les détails du dopage institutionnel mis en place en Russie. « J’irais jusqu’à dire qu’il n’y a aucune chance que la Russie donne accès aux données de sauvegarde des ordinateurs utilisés pendant [les Jeux de] Sotchi, et l’équipement de laboratoire et les échantillons entreposés », a déclaré Walden mardi. « Ainsi, la question centrale sera la suivante : lorsque les Russes vont refuser, qu’est-ce que l’AMA va faire ? Et si elle capitule encore, ensuite, malheureusement, le monde saurait que la Russie a vraiment réussi à tuer l’antidopage. »

Iouri Ganus, directeur général de l’Agence antidopage russe, a pressé le gouvernement de collaborer avec l’AMA.

Selon Ganus, le temps presse pour éviter l’imposition d’autres sanctions pour manque de collaboration.