Des retrouvailles touchantes pour les Glorieux de 1993

L’ancien entraîneur Jacques Demers a reçu l’accueil le plus chaleureux des partisans lors de la cérémonie avant le match d’ouverture locale, quand il a été présenté assis dans son fauteuil roulant aux côtés de l’ex-directeur général Serge Savard.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ancien entraîneur Jacques Demers a reçu l’accueil le plus chaleureux des partisans lors de la cérémonie avant le match d’ouverture locale, quand il a été présenté assis dans son fauteuil roulant aux côtés de l’ex-directeur général Serge Savard.

Après un quart de siècle, les derniers joueurs du Canadien de Montréal à avoir gagné la coupe Stanley n’ont pas tellement changé, mais ils ont « peut-être pris un peu de poids », a noté l’ancien défenseur Lyle Odelein.

Patrick Roy, Éric Desjardins, Denis Savard et John Leclair étaient parmi ceux qui avaient dû décliner l’invitation de l’organisation pour participer à un hommage soulignant les 25 ans de la dernière conquête en 1993 avant l’ouverture locale, jeudi. Mais Odelein et l’ancien entraîneur-chef Jacques Demers étaient au Centre Bell pour les retrouvailles, malgré de graves problèmes de santé.

Demers a été victime d’un accident vasculaire cérébral en avril 2016 et il a toujours des séquelles, notamment des difficultés d’élocution et une paralysie partielle du côté droit. Demers a reçu l’accueil le plus chaleureux des partisans lors de la cérémonie avant le match d’ouverture locale, quand il a été présenté assis dans son fauteuil roulant aux côtés de l’ex-directeur général Serge Savard. La foule s’est levée et a transmis son amour pendant plus d’une minute avant d’être interrompue par la présentation d’un message vidéo de Roy.

De son côté, Odelein va mieux après avoir passé plusieurs semaines dans le coma, eu besoin de trois transplantations et été paralysé en raison d’une infection du sang le printemps dernier.

« Je me sens un peu mieux chaque jour, a dit le Saskatchewanais âgé de 50 ans, qui s’est même permis quelques blagues. Chaque jour est un nouveau défi, mais j’ai fait un long bout de chemin au cours des derniers mois et je suis heureux d’être ici. »

« Même si nous ne nous côtoyons pas chaque jour, nous essayons de rester au courant de ce que deviennent nos anciens coéquipiers», a ajouté l’ancien attaquant Stephan Lebeau.

Aujourd’hui, ces joueurs font partie de la légende du Canadien, qui attend toujours sa prochaine conquête de la coupe Stanley. Il s’agit de la plus longue disette dans l’histoire du Tricolore, mais tous les anciens membres de l’organisation croisés jeudi soir avant le match face aux Kings de Los Angeles étaient conscients que le hockey a beaucoup changé au cours du dernier quart de siècle.

« Ce qui est surprenant, ce n’est pas seulement que le Canadien n’ait pas gagné, mais aussi aucune autre équipe canadienne, a rappelé l’ancien attaquant Vincent Damphousse. Mais il y a plus d’équipes et c’est donc plus difficile de gagner. Il y aura bien 32 équipes. C’est difficile de gagner tous les cinq ou six ans. Il y a beaucoup de clubs qui vont attendre 25, 30 ou même 50 ans sans gagner, comme les Maple Leafs de Toronto. »

Malgré cette nouvelle réalité, Lebeau a laissé entendre que certaines choses pourraient être faites pour ramener le Canadien parmi les meilleures organisations du circuit.

« À l’époque, il y avait cette culture de gagner la coupe Stanley. Même faire les séries, ça n’achetait pas la paix, a raconté Lebeau. Ne pas gagner la coupe, c’était un peu un cauchemar pendant l’été pour ceux qui restaient au Québec. Nous avons été élevés dans cette culture. Le flambeau était passé d’une génération à l’autre.

« Voir le Canadien sans coupe Stanley en 25 ans… Nous, les gars de 1993, nous naviguons là-dessus depuis 25 ans. C’est agréable, mais c’est trop long. J’espère que le Canadien va redevenir dans un avenir rapproché un prétendant sérieux à la coupe Stanley.

À l’époque, il y avait cette culture de gagner la coupe Stanley. Même faire les séries, ça n’achetait pas la paix.

 

Les anciens

À l’époque, les anciens Glorieux étaient omniprésents dans l’entourage du Canadien. Maurice Richard, Henri Richard, Jean Béliveau et d’autres légendes faisaient partie des habitués du Forum et côtoyaient souvent les joueurs de l’équipe.

De nos jours, il y a Kirk Muller qui est entraîneur adjoint de l’équipe, mais le sentiment d’appartenance semble moins fort chez les joueurs actuels. « L’histoire, la tradition, porter les couleurs du Canadien, c’était quelque chose, a souligné Lebeau. C’était une forte pression, parfois très négative et difficile à supporter — un peu comme celle aujourd’hui —, mais il fallait l’assumer. Par contre, quand vous aviez du succès, c’était la reconnaissance incroyable de nos partisans. »