L'athlète olympique Beckie Scott s’oppose à la réintégration de l’Agence antidopage russe

La championne olympique Beckie Scott
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La championne olympique Beckie Scott

La championne olympique Beckie Scott, l’une des athlètes les plus connues du mouvement antidopage, a quitté son comité de sélection un jour après que ce groupe eut étonnamment recommandé la réintégration de l’Agence antidopage russe (RUSADA).

Scott a déclaré à l’Associated Press qu’elle avait quitté son poste au sein du Comité du contrôle de la conformité, composé de six personnes de l’Agence mondiale antidopage (AMA). Son départ survient après que l’AMA a apporté des modifications à certaines de ses exigences les plus strictes pour permettre à la RUSADA de réintégrer le milieu après une suspension de près de trois ans.

Le comité exécutif de l’AMA se réunira la semaine prochaine pour décider d’accepter ou non la recommandation du Comité.

L’AMA a assoupli sa demande qui voulait que la Russie accepte les conclusions de l’enquête menée par Richard McLaren, qui a conclu que son gouvernement avait mis en place un système de dopage complexe qui avait permis au pays de remporter des médailles olympiques, pour réintégrer l’agence. À la place, l’AMA a demandé à la Russie d’accepter les conclusions de la Commission Schmid, commandée par le Comité international olympique (CIO), qui avait une vision moins sévère du rôle du gouvernement russe dans le projet.

La Russie a également accepté de remettre des données et des échantillons de dopage susceptibles de corroborer les tests positifs, bien qu’aucune date n’ait été fixée encore. Le comité de contrôle a imploré le comité exécutif d’obtenir des garanties du ministère russe des Sports.

Lorsque l’AMA a annoncé la décision du comité de révision vendredi, elle a essuyé des critiques de la part d’athlètes et de leaders du mouvement antidopage du monde entier, qui ont déploré, entre autres, le manque de transparence de l’agence.

En réponse, l’AMA a publié samedi six lettres détaillant les négociations entre le comité de révision, les dirigeants de l’AMA — dont Olivier Niggli et Craig Reedie — et le ministre russe des Sports, Pavel Kolobkov.

Dans un courriel envoyé aux médias, l’AMA a déclaré qu’elle « avait mené la campagne pour faire en sorte que la Russie respecte pleinement le plan d’action en vue de sa réintégration. »

Des athlètes «choqués»

Mais Scott n’était pas la seule insatisfaite dans cette situation.

Le représentant des athlètes allemands, Silke Kassner, a appelé l’AMA à reporter la décision de la semaine prochaine et a déclaré que Niggli et Reedie avaient « absolument rien appris ».

Edwin Moses, le président de l’Agence antidopage des États-Unis, a écrit dans un éditorial du New York Times que la décision de l’AMA a « choqué les athlètes propres du monde entier qui, comme moi, et sans transparence de l’organisme mondial antidopage. »

Outre l’acceptation du rapport McLaren, l’AMA souhaitait plutôt que la Russie accepte spécifiquement une conclusion du rapport Schmid selon laquelle « un certain nombre de personnes du ministère des Sports et de ses entités subordonnées » ont été impliquées dans le système de dopage instauré lors des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi, en 2014.

La réponse ultime de la Russie, dans une lettre envoyée jeudi par Kolobkov, a été celle-ci : « La Fédération de Russie a pleinement accepté la décision de la commission exécutive du CIO… qui a été prise sur la base des conclusions du rapport Schmid. » Le comité de révision a jugé que cette réponse était acceptable.

En ce qui concerne le partage des données et des échantillons, M. Kolobkov a mentionné que la Russie faciliterait la remise de ceux-ci après la réintégration de la RUSADA et le consentement du Comité d’enquête russe, qui a mené sa propre enquête.

Dans son courriel, l’AMA indique que si les données ne sont pas fournies dans un délai strict, le comité de révision recommandera au comité exécutif de déclarer à nouveau la RUSADA comme étant non conforme.