Angelique Kerber défait Serena Williams et remporte la finale

«C’est un rêve qui devient réalité», a souligné Angelique Kerber, qui a remporté pour la première fois le tournoi de Wimbledon.
Photo: Oli Scarff Agence France-Presse «C’est un rêve qui devient réalité», a souligné Angelique Kerber, qui a remporté pour la première fois le tournoi de Wimbledon.

Wimbledon — Dix mois après un accouchement compliqué, Serena Williams avait rendez-vous avec l’histoire du tennis samedi à Wimbledon. Mais l’Allemande Angelique Gerber l’a privée d’un 24e trophée majeur record en s’offrant son premier sacre à Londres.

Son jeu de jambes de feu et sa défense tout-terrain ont eu raison en à peine plus d’une heure (6-3, 6-3) de la puissance de l’Américaine, qui disputait sa première finale depuis son retour de maternité en mars.

La grande vedette du tennis aurait pu égaler le record de titres majeurs de l’Australienne Margaret Court, légendaire championne des années 1960-1970.

Mais sous les yeux de la duchesse de Sussex, son amie Meghan Markle, elle a moins bien servi que d’habitude (4 as seulement) et a commis trop de fautes directes (24), alors que Gerber a su bien la manoeuvrer dans les échanges.

Fidèle à sa stratégie, Gerber a fait courir l’Américaine de 36 ans de gauche à droite en s’efforçant de limiter les erreurs (5 directes) et a tenu le choc sur son service, qu’elle n’a lâché qu’une fois. « Il fallait que je joue mon meilleur tennis », a souligné Gerber qui à 30 ans a su saisir cette « deuxième chance ».

En 2016, elle avait perdu sa première finale à Londres face à Williams (7-5, 6-3). Avec cette belle revanche, elle est devenue la première Allemande à soulever le Venus Rosewater Dish — l’assiette en argent remise à la lauréate — depuis le sacre de Steffi Graf en 1996.

« Je crois que je suis la suivante après Steffi. C’est incroyable », a ajouté Gerber qui s’est adjugé son troisième trophée majeur, après l’Open d’Australie (en battant Serena en finale) et l’US Open, remportés tous deux en 2016.

Gerber sera 4e mondiale lundi

À New York, l’intrépide « Angie » avait par la même occasion détrôné la cadette des soeurs Williams de la première place mondiale. Mais l’année 2017, celle dite de la confirmation, avait été difficile pour l’Allemande d’origine polonaise, tombée de la première à la 21e place après plusieurs contre-performances, dont une élimination dès son entrée en lice à Londres.

Cette victoire autoritaire scelle son retour au plus haut niveau. Classée 10e mondiale à son arrivée au All England Club, elle grimpera à la 4e place lundi.

« C’est forcément décevant, mais je ne peux pas être déçue après ce que j’ai réussi », a affirmé Serena Williams, qui avait donné naissance à son premier enfant, une petite fille prénommée Olympia, en septembre, non sans rencontrer des complications.

Cicatrice de césarienne rouverte, caillots de sang découverts dans les poumons, hématome à l’abdomen… La Floridienne de presque 37 ans (le 26 septembre) avait failli y laisser sa peau et avait dû demeurer alitée pendant six semaines.

« À toutes les mamans présentes aujourd’hui, j’ai joué pour vous ! J’ai essayé [de gagner], mais Angélique a vraiment très bien joué aujourd’hui, à en perdre la tête », a affirmé l’ancienne no 1 mondiale qui aurait pu imiter l’Australienne Evonne Goolagong, dernière mère de famille titrée à Londres, en 1980.

« J’ai le sentiment d’avancer dans la bonne direction et j’ai fait un pas de géant à Wimbledon. Cela ne fait que commencer », a assuré Serena Williams qui ne disputait que son quatrième tournoi cette saison et espère bien briller à l’US Open en septembre.