Un cauchemar pour les parieurs

Un partisan du Brésil déçu de la défaite de la Seleção contre la Belgique
Photo: Mauro Pimentel Agence France-Presse Un partisan du Brésil déçu de la défaite de la Seleção contre la Belgique

La Coupe du monde de la FIFA qui tire à sa fin en Russie est celle de toutes les surprises. Les unes après les autres, presque toutes les grandes équipes favorites du tournoi ont baissé pavillon : le Brésil, l’Espagne, l’Allemagne, l’Argentine et le Portugal ne seront pas des demi-finales qui débutent mardi, au grand dam de leurs partisans, mais aussi des parieurs du monde entier qui ne savent plus où donner de la tête.

Plus que quatre équipes peuvent espérer soulever le trophée de la Coupe du monde dimanche prochain, jour de la grande finale à Moscou. Et ce ne sont pas tout à fait celles qu’on attendait.

La présence en demi-finale de la Belgique et de la France, respectivement 3e et 7e au classement mondial de la FIFA, n’est pas surprenante, mais qui aurait prédit que l’Angleterre (12e) et surtout la Croatie (20e) se faufileraient jusqu’à ce stade de la compétition, pendant que les plus grandes puissances du soccer international seraient déjà de retour à la maison ?

Depuis que la FIFA a publié son classement mondial pour la première fois, en 1993, jamais deux équipes ne faisant pas partie du top 10 n’étaient parvenues à obtenir leur place dans le carré d’as du plus prestigieux tournoi d’entre tous. C’est également la première fois depuis la publication de ce palmarès que les demi-finales de la Coupe du monde se déroulent sans la présence d’une formation occupant le premier ou le deuxième rang.

Le modèle statistique créé par le site spécialisé en journalisme de données FiveThirtyEight a lui aussi fait fausse route cette année. Selon les prédictions dévoilées avant le début de la Coupe du monde, les trois équipes favorites étaient le Brésil, l’Espagne et l’Allemagne, avec respectivement 19 %, 17 % et 13 % de chances de gagner le tournoi.

La France, l’Angleterre et la Belgique n’arrivaient pas trop loin derrière, mais leurs chances de l’emporter ne dépassaient pas 8 %. Dans le cas de la Croatie, même ses chances de passer en demi-finale n’étaient que de 16 %.

 

 

Prédictions difficiles

Les résultats inattendus qui se sont multipliés depuis le début de la compétition ont de quoi plaire au sportif de salon en quête de moments exaltants, mais lorsque l’argent entre en jeu, c’est une autre paire de manches.

« Il y a tellement de surprises que ça n’a pas été comme je le pensais », affirme François Tremblay, qui a parié en ligne sur une demi-douzaine de matchs de la Coupe du monde.

En misant environ 40 $ par partie et en choisissant parfois des favoris, d’autres fois des négligés, il n’est pas parvenu à gagner beaucoup d’argent. « Je suis dans le positif juste à cause du match de la Belgique contre le Brésil », affirme-t-il en évoquant l’étonnante victoire des Diables rouges en quarts de finale vendredi dernier.

Olivier Levasseur, lui, a surtout prédit les équipes qui allaient occuper la première et la deuxième position de chaque groupe au terme de la phase préliminaire. Jusqu’à maintenant, il a gagné près de 2000 $, mais l’élimination surprise de l’Allemagne lui a fait très mal. Si la logique avait été respectée et que la Mannschaft était parvenue à battre la Corée du Sud lors de son troisième match, il aurait empoché pas moins de 37 000 $. « Le tournoi est tellement serré, c’est vraiment dur de faire des prévisions », dit-il.

Ventes records

François et Olivier ne sont pas les seuls à avoir tenté de prédire l’imprévisible. La Coupe du monde de la FIFA 2018 est le tournoi de soccer ayant généré le plus de ventes depuis les débuts de Mise-o-jeu, la plateforme de paris sportifs de Loto-Québec, et ce, même s’il reste encore quatre matchs à jouer.

En 2014, la Coupe du monde a généré des ventes de 1,56 million de dollars, comparativement à 1,11 million deux ans plus tard lors de l’Euro 2016. Cette année, la compétition présentée en Russie a déjà permis d’enregistrer des ventes de plus de 2,4 millions de dollars, selon les données transmises au Devoir par la société d’État.

Plusieurs parieurs québécois ne reverront cependant pas leur argent : au début du tournoi, les équipes favorites pour remporter la compétition étaient, dans l’ordre, le Brésil, l’Allemagne, la France, le Portugal et l’Argentine. Du lot, seule la France est encore en lice.

Pour ce qui est des autres demi-finalistes, la Belgique et l’Angleterre arrivaient respectivement en 7e et 8e positions, tandis que la Croatie était le 15e choix le plus populaire.

Maintenant qu’on connaît les quatre prétendants au titre, il est encore temps de parier sur l’équipe championne. Selon la cote attribuée à chaque formation sur le site de Mise-o-jeu, c’est la France qui est favorite pour l’emporter dimanche prochain. Mais qui sait ce qui surviendra d’ici là ?