Sebastian Vettel mène de bout en bout le Grand Prix du Canada

Sebastian Vettel a dit comprendre que des amateurs aient pu trouver que la course de dimanche manquait un peu d’action.
Photo: Valerian Mazataud Le Devoir Sebastian Vettel a dit comprendre que des amateurs aient pu trouver que la course de dimanche manquait un peu d’action.

Le pilote de l’écurie Ferrari, Sebastian Vettel, a mené de bout en bout le Grand Prix de Formule 1 du Canada sur le circuit Gilles-Villeneuve, à Montréal, dimanche, répétant l’exploit accompli 40 ans plus tôt lors de la première course sur la piste de l’île Notre-Dame par celui qui allait lui laisser son nom.

Parti de la première place de la grille de départ, l’Allemand n’a jamais vraiment été inquiété par ses poursuivants. Plusieurs fois le théâtre de belles luttes et de revirements dans le passé, l’épreuve québécoise a donné lieu, cette fois, à très peu de dépassements, les pilotes Mercedes, Valtteri Bottas, et Red Bull, Max Verstappen, ayant eu aussi terminé la course à la même position qu’ils l’avaient entamée, soit respectivement à la deuxième et à la troisième place.

Le champion du monde en titre et six fois vainqueur à Montréal, Lewis Hamilton (5e), sur Mercedes, a eu moins de chance cédant sa 4e place à l’autre pilote Red Bull, l’Australien Daniel Ricciardo, qui avait dépassé auparavant la Ferrari du Finlandais Kimi Räikkönen (6e).

Fort d’une nouvelle évolution de son moteur qui lui a assuré l’avantage tout le week-end, Sebastian Vettel a dit comprendre que des amateurs aient pu trouver que la course de dimanche manquait un peu d’action. « Ce sont des choses qui arrivent. Plusieurs courses ont été très excitantes cette année, mais elles sont parfois ennuyantes. Nous, on travaille tout le temps derrière le volant. »

Valtteri Bottas a assuré que ce n’est pas par manque de combativité qu’il est arrivé au second rang pour la quatrième fois cette saison. « Les Ferrari étaient tout simplement les plus fortes ce week-end », a admis le Finlandais.

Cadeau d’anniversaire

Photo: Dan Istitene Agence France-Presse

L’Allemand n’avait pas l’intention de laisser les autres lui gâcher son plaisir. Sa victoire lui permet de prendre la tête du championnat des pilotes avec 121 points, un petit point devant Lewis Hamilton. Bottas (86 points) passe, quant à lui, tout juste devant Ricciardo (84 points).

Mais surtout, Ferrari a remporté ainsi sa première victoire à Montréal depuis Michael Schumacher en 2004. La mythique équipe italienne ne pouvait pas choisir meilleur moment pour renouer avec le succès. Cela faisait 40 ans cette année que le Grand Prix du Canada se tient sur le circuit de l’île Notre-Dame à Montréal. Pour souligner l’événement, l’ancien champion du monde québécois, Jacques Villeneuve, avait effectué juste avant la course un tour de piste au volant de la Ferrari qui avait permis à son père, Gilles, de remporter cette première épreuve courue en 1978 par une journée d’octobre hivernale.

« C’est un moment très émotif qui nous donne l’occasion de nous souvenir du grand Gilles Villeneuve », a déclaré à la foule Sebastian Vettel aussitôt descendu de voiture.

Oups !

On se souvient que, lors de sa victoire historique à Montréal, Gilles Villeneuve avait effectué son tour d’honneur en tenant son volant d’une main et en brandissant le drapeau en damier de l’autre. Cette fois-ci, le drapeau noir et blanc a été mêlé à un incident étrange, alors que la célèbre mannequin canadienne Winnie Harlow, qui avait été chargée de l’agiter à la fin de la course, l’a sorti un tour trop tôt. « Ouais. C’était bizarre », a commenté Sebastian Vettel qui avait heureusement un afficheur sur son volant, les échanges radio avec son équipe et les écrans géants autour de la piste pour le détromper. « J’ai seulement eu peur que le public saute sur la piste alors qu’on était encore à pleine vitesse. »

La vedette locale, Lance Stroll, n’a pas eu ce problème, lui qui n’est pas parvenu à terminer un seul tour de piste. Parti de la 17e place sur la grille de départ avec sa William, il avait eu le temps de gagner trois places après seulement cinq virages lorsque sa voiture s’est accrochée avec un concurrent, mettant fin à la course des deux pilotes.

Course de bulldozers

Le circuit Gilles-Villeneuve donnera lieu, au cours des prochains mois, à une autre sorte de course. Construits en 1988 et objets de critiques répétées des autorités de la Formule 1 qui les jugent dépassés, les garages de béton actuels doivent être rasés et faire place à de toutes nouvelles installations plus spacieuses et plus modernes. La capacité des loges au-dessus des garages passera ainsi de 1800 à 5000 personnes. Assumé par les trois ordres gouvernementaux, le coût des travaux a été révisé à la hausse cet hiver et est désormais fixé à 60 millions. Le chantier doit être terminé en avril.