Max Verstappen conservera son approche

Max Verstappen
Photo: John Thys Agence France-Presse Max Verstappen

Le Néerlandais Max Verstappen a été accueilli par une chorale de huées et de sifflets de dénigrement lorsqu’il a fait son arrivée dans le corridor des puits devant une foule de partisans de Ferrari jeudi, à trois jours du Grand Prix de Formule 1 d’Italie.

Il s’agissait de tout un contraste par rapport au week-end dernier, lors du Grand Prix de Belgique, où des milliers de partisans du Néerlandais, vêtus de couleur orange, ont applaudi le jeune pilote de l’écurie Red Bull lors de son accrochage avec les deux bolides Ferrari.

L’accueil hostile auquel Verstappen a eu droit à Monza, le château fort de Ferrari, est venu après que le pilote de 18 ans eut déclaré qu’il ne modifierait pas son approche combative. «Je vais faire ce que j’ai à faire et afficher mon style de pilotage tel qu’il était auparavant», a-t-il mentionné.

En Belgique, Verstappen a couru roue contre roue avec Kimi Räikkönen et Sebastian Vettel lors du premier virage.

Il a aussi provoqué la colère de Räikkönen, qui a exactement deux fois son âge, en exécutant de combatives manoeuvres de blocage plus tard durant la course.

«Personnellement, je n’ai rien contre Max. Il fait du bon travail et il est rapide, a reconnu Räikkönen. Mais il y a certaines choses, à mon avis, qui ne sont pas correctes si vous devez ralentir ou freiner alors que vous roulez à pleine vitesse.»

Lors de l’incident, les deux Ferrari ont été poussées vers l’extérieur de la piste et du coup, la voiture de Räikkönen a frappé le côté du bolide de Vettel.

«C’était malheureux, a déclaré Verstappen. Aucune pénalité n’a été décernée et il n’y a donc aucune raison de changer quoi que ce soit. Et nous apprenons tous d’un tel incident. Même si vous êtes un pilote d’expérience, vous pouvez toujours apprendre.»

Échange direct

Vettel, quadruple champion du monde de F1, envisageait toujours de tenir une discussion avec Verstappen au sujet de l’incident. Il croit qu’un échange direct entre pilotes représente une manière plus efficace de traiter de tels accrochages que demander l’intervention des officiels de course.

«Ce serait nettement préférable de nous laisser régler cette question, et cela permettrait de rehausser le degré de respect entre les pilotes. Et si vous êtes en colère, vous pouvez sortir de la voiture et frapper l’autre pilote», a lancé Vettel, soudainement moins sérieux et riant de bon coeur. «Mais nous n’avons plus le droit d’agir de cette façon.»

«À bien des égards, trop de gens ont une opinion. C’est comme avoir trop de cuisiniers dans la cuisine.»

Verstappen a comparé sa situation à celle de joueurs de soccer ordonnant à Zlatan Ibrahimovic de laisser sa position d’attaquant et de jouer comme défenseur. «Je ne crois pas qu’il les écouterait. S’il aime attaquer, il voudra attaquer. Ce n’est pas parce que d’autres pilotes vont me dire que je dois changer mon style de pilotage que je vais le faire.»

Pour l’instant, le duel entre Verstappen et l’écurie Ferrari relègue à l’arrière-scène la lutte que se livrent les pilotes Mercedes Lewis Hamilton, le meneur au classement des pilotes, et Nico Rosberg, qui accuse 9 points de retard.

Rosberg est sorti victorieux du Grand Prix de Belgique après que Hamilton eut été contraint d’amorcer la course de la dernière rangée, mais le Britannique a remporté l’étape de Monza lors de chacune des deux dernières années.

En 2015, Hamilton a bouclé une sorte de grand chelem sur le circuit situé en banlieue de Milan, dominant chaque séance d’essais libres et les qualifications avant de faire agiter le drapeau à damier.

Ferrari n’a pas gagné devant ses partisans depuis la victoire de Fernando Alonso en 2010.

«Cette course arrive au bon moment. Nous avons besoin d’une petite poussée», a déclaré Vettel, 2e à Monza l’année dernière, sa première avec la Scuderia. «Ce serait la réalisation d’un rêve de gagner ici vêtu de rouge. Nous avons une bonne occasion de nous battre pour une place sur le podium et peut-être davantage.»


La dernière saison de Massa

Avec une pensée pour Michael Schumacher, qui a été son mentor, le pilote Felipe Massa a annoncé jeudi qu’il mettra fin à sa carrière à la conclusion du calendrier 2016 de Formule 1.

Massa a fait part de ses intentions lors d’une conférence de presse où il était accompagné de Claire Williams, directrice adjointe de l’écurie qui porte le nom de son père.

« Je suis plus nerveux en ce moment qu’au départ de n’importe quelle course, a déclaré Massa, dont le contrat vient à échéance à l’issue de la saison en cours. Après 27 ans de carrière en course automobile, depuis mes débuts en karting et après 15 années en Formule 1, c’est ma dernière saison. Ce seront mes huit dernières courses et je vais essayer de les apprécier le plus possible. »

Le Brésilien de 35 ans a expliqué qu’il a choisi le week-end du Grand Prix d’Italie pour confirmer cette nouvelle parce que c’est lors de cet événement que Schumacher a annoncé sa retraite il y a 10 ans.

Le geste de l’Allemand avait alors permis à Felipe Massa de demeurer chez Ferrari.