Max Verstappen, l’adolescent au sommet du podium

Dans une scène jamais vue jusque-là dans l’histoire de la Formule 1, un adolescent était debout sur la plus haute marche du podium au Grand Prix d’Espagne.

Le jeune homme qui tenait dans ses mains le trophée commémoratif du vainqueur se nomme Max Verstappen, un Néerlandais de 18 ans qui est devenu dimanche le plus jeune vainqueur d’une course de Formule 1 de tous les temps.

Il semblait approprié de voir Verstappen entouré à sa gauche de Sebastian Vettel, qui détenait le record, ayant remporté une épreuve à 21 ans, et à sa droite de Kimi Räikkönen, l’aîné du circuit de la F1 à 36 ans et qui a déjà affronté sur piste Jos Verstappen, le père de Max.

« Peu importe à quel âge vous gagnez, tant que vous gagnez », a lancé le fiston, qui pense qu’il fréquentait la maternelle quand Räikkönen a signé sa première victoire, en 2003.

Le week-end dernier, Verstappen a étalé tout son talent face à des pilotes beaucoup plus âgés que lui, apportant un nouvel engouement pour la F1.

« Il a saupoudré un peu de magie sur notre sport, a déclaré Toto Wolff, le directeur de Mercedes Motorsports. Il mérite de chaleureuses félicitations pour, j’en suis certain, la première de nombreuses victoires. »

Le triomphe de Verstappen en Espagne a couronné une course spectaculaire qui s’est amorcée par un étonnant accrochage, dès le premier tour, entre les coéquipiers Mercedes Lewis Hamilton et Nico Rosberg. Du coup, les Red Bulls de Vestappen et de Daniel Ricciardo se sont retrouvées au plus fort de la lutte contre les Ferrari de Vettel et de Räikkönen.

Verstappen est devenu le premier pilote autre que Hamilton, Rosberg et Vettel à gagner une course depuis le triomphe de Ricciardo au Grand Prix de Belgique en 2014. À cette occasion, les deux Mercedes avaient également été impliquées dans une collision.

Quelques questions

Cette victoire à sa première course depuis sa promotion de l’équipe-école Toro Rosso à l’écurie Red Bull suscite des questions. Est-ce un coup de chance ou est-ce du sérieux ? Peut-il continuer d’impressionner ou son inexpérience finira-t-elle par le rattraper ?

On en saura sans doute davantage lors du Grand Prix de Monaco le 29 mai.

« En ce qui a trait à la prochaine course, en toute honnêteté, je l’ignore, a déclaré Vestappen. Je continue d’apprendre à connaître la voiture. Avant de m’asseoir dans le bolide, je n’avais même pas de trou dans le casque pour faire passer ma paille d’hydratation. J’ai dû le faire moi-même. On verra. Je pense que nous aurons une bonne voiture pour un circuit routier et j’ai vraiment hâte. La sensation sera merveilleuse. »

Bien que les Mercedes devraient maintenir leur domination avec les Ferrari non loin derrière, le nouveau moteur amélioré de Red Bull, attendu impatiemment, pourrait être prêt à temps pour l’étape de Monaco. Un tel scénario pourrait stimuler les performances de Red Bull et lui permettre de gagner un plus grand nombre d’épreuves.

Par ailleurs, c’est à Monaco que Verstappen s’est causé des ennuis lors de son année recrue en 2015, alors qu’il est entré en collision avec Romain Grosjean. Cela lui avait valu une pénalité de cinq places sur la grille de départ lors de l’épreuve suivante, et de nombreuses critiques. Après la course de dimanche, tout était cependant oublié.

« Nous savons tous qu’il est un bon pilote, a noté Räikkönen dimanche. Ce n’est pas une surprise pour moi. Il accomplissait déjà de l’excellent travail l’an dernier et dans une meilleure voiture, il a été en mesure de gagner. »

Le Grand Prix d’Espagne était seulement le 24e de la carrière de Verstappen, un ancien champion mondial de karting qui, lors de sa saison recrue, a créé une favorable impression en terminant en 4e place en deux occasions.

Dimanche, il est devenu le premier pilote originaire des Pays-Bas à remporter une course de F1, et le deuxième à monter sur le podium. Son partenel a réussi l’exploit en deux occasions avec Benetton en 1994.

« Je pense que mon père a pleuré, a confié Verstappen. Il était incroyablement heureux. C’est un exploit hors de l’ordinaire pour nous, parce qu’il m’a beaucoup aidé au début de ma carrière jusqu’à la Formule 1. Sans lui, je n’aurais pas gagné. »