Une première pour les Britanniques depuis 1936?

Andy Murray a interrompu une disette de 77 ans sans triomphe à Wimbledon par un tennisman britannique en 2013, et il pourrait ce week-end contribuer à mettre fin à une léthargie encore plus longue de son pays à la coupe Davis.

La finale du championnat du monde des nations de tennis au meilleur de cinq matchs entre la Grande-Bretagne et la Belgique s’ébranle vendredi alors que le Britannique Kyle Edmund, qui en sera à sa première présence en carrière en coupe Davis, affrontera David Goffin, 16e au classement mondial. Murray sautera ensuite sur le court pour se mesurer à Ruben Bemelmans, qui a été préféré à Steve Darcis, pourtant mieux classé.

Les capitaines peuvent toujours procéder à des changements et celui de la Belgique, Johan van Herck, a laissé entendre qu’il pourrait se prévaloir de ce privilège.

« Ce sera une longue semaine, a fait remarquer Van Herck. Je pense que nous avons pris la meilleure décision, et nous verrons qui jouera samedi et dimanche. »

De son côté, Murray, no 2 au classement ATP, a indiqué qu’il n’était pas dérangé à l’idée de peut-être devoir disputer trois matchs en autant de jours.

« Je suis heureux d’accepter autant de pression que nécessaire », a déclaré Murray après le tirage, lors duquel son nom était inscrit pour le duel en double samedi avec son frère Jamie. « En ce qui me concerne, ça devrait aller. »

« C’est certain qu’il y aura de la nervosité. Mais c’est quelque chose de positif. Lorsque je ne suis pas nerveux, c’est là que je commence à m’inquiéter un peu. Ce sera une occasion bien spéciale pour chacun d’entre nous. Je pense que nous nous sommes préparés aussi bien qu’il était possible de le faire », a ajouté Murray.

Edmund, qui n’est âgé que de 20 ans, a obtenu sa place après avoir convaincu le capitaine de son pays, Leon Smith, lors des séances d’entraînement. Ce dernier a aussi retenu les services de James Ward pour le deuxième simple de dimanche si le pays gagnant est déjà décidé.

Selon le tirage au sort, le premier duel de dimanche doit opposer Goffin à Murray, tandis que Bemelmans doit livrer bataille à Edmund, mais cela pourrait changer.

Terre battue

La Grande-Bretagne est le seul pays à avoir participé à chacune des éditions de la coupe Davis depuis 1900, et elle visera le 10e titre de son histoire. Mais le dernier triomphe des Britanniques en finale de la coupe Davis remonte à 1936, lorsque Fred Perry a vaincu l’Australien Jack Crawford pour une victoire de 3-2.

La Belgique sera à la recherche du premier titre de son histoire, à sa première finale en 111 ans. Les Belges avaient alors perdu leurs cinq duels contre la Grande-Bretagne à Wimbledon.

À titre de nation hôte, la Belgique a choisi la terre battue, et les espoirs de la Grande-Bretagne reposeront en grande partie sur la capacité de Murray de s’adapter à cette surface de jeu après avoir joué sur le dur lors des Finales de l’ATP à Londres.

La confrontation aura lieu dans un contexte de sécurité accrue à la suite des attentats de Paris il y a deux semaines. Le tirage au sort a été déplacé d’une salle de concert vers le site de la finale, et une fête qui avait été planifiée a été annulée.

La chasse aux suspects se poursuit dans la région de Bruxelles. Les écoles sont rouvertes et les citoyens peuvent de nouveau emprunter le métro, mais le niveau d’alerte demeure élevé.

Pour des raisons de sécurité, les organisateurs ont demandé aux spectateurs de se présenter à l’avance à l’aréna de 13 000 sièges Flanders Expo de Gand, à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Bruxelles. Les amateurs n’auront pas le droit d’entrer dans l’enceinte avec des sacs.

David Haggerty, le président de la Fédération internationale de tennis, s’attend à ce qu’on fasse salle comble.

« Nous voulons nous assurer que les joueurs seront en sécurité, que les amateurs seront en sécurité, le personnel et tous les gens qui seront ici, a déclaré Haggerty plus tôt cette semaine. Je suis certain qu’il y a eu des annulations, mais il y a aussi des gens qui espèrent mettre la main sur des billets, et ce pourrait être une chance pour eux de venir. »

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