De nouveau place à la grande rivalité

À gauche, pour le Canada, Geneviève Lacasse, et à droite, pour les États-Unis, Molly Schaus 
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne À gauche, pour le Canada, Geneviève Lacasse, et à droite, pour les États-Unis, Molly Schaus 

En 15 années d’existence, la grande finale du Championnat du monde de hockey féminin a toujours réuni les deux mêmes nations: le Canada et les États-Unis. Le premier a gagné les huit premières, mais seulement deux des sept suivantes. Et même si tous ces revers sauf un ont été par la marge d’un seul but, il reste que les Américaines sont de plus en plus difficiles à vaincre lors du match ultime.

Avant de se retrouver, fort probablement, de nouveau en finale, les deux grands rivaux ouvriront le bal samedi à Malmö, en Suède, dans un match du groupe A. La Finlande et la Russie complètent cette section, tandis que la Suède, la Suisse, l’Allemagne et le Japon batailleront dans le groupe B.

Caroline Ouellette a inscrit le but vainqueur en prolongation à Burlington, au Vermont, en 2012, procurant au Canada sa dernière conquête du titre mondial. À l’époque, l’attaquante montréalaise avait affirmé que le Canada ne pouvait plus se targuer d’être meilleur que son vis-à-vis américain.

Lors de leur plus récent duel, le Canada a arraché un gain de 5-4 en tirs de barrage en finale de la Coupe des Quatre nations.

«Lorsque le hockey féminin a fait ses débuts au Championnat du monde, le Canada avait probablement l’avantage face aux États-Unis, a déclaré Ouellette vendredi. Le Canada avait plus de profondeur, peut-être une meilleure préparation, et nous étions capables de dominer ces matchs. Aujourd’hui, nous savons qu’il n’y a pas grand-chose qui nous sépare des États-Unis.»

L’entraîneur-chef du Canada, Doug Derraugh, n’a pas annoncé l’identité de sa gardienne de but pour le match de samedi. Geneviève Lacasse, de Kingston, a réalisé 33 arrêts et trois autres en tirs de barrage en finale de la Coupe des Quatre nations.

Les petits détails

Alors que de petits détails ont souvent un impact décisif sur l’issue des matchs entre les deux grands rivaux nord-américains, il n’y a pas de raison claire et nette pouvant expliquer pourquoi le Canada n’est plus aussi dominant au Championnat du monde. Mais il existe un facteur qui pourrait apporter un certain éclairage.

Le Canada a beau avoir remporté les quatre dernières médailles d’or olympiques — y compris celle acquise lors de la spectaculaire finale aux Jeux de Sotchi contre les Américaines — les Jeux olympiques sont bien différents du Championnat du monde. Les joueuses des meilleurs pays au hockey féminin ont adopté le modèle canadien: elles ne vont plus à l’école et s’entraînent à temps plein avec leur équipe nationale respective en vue des Jeux. Les années où il n’y pas de Jeux olympiques, les joueuses retournent jouer avec leur équipe collégiale ou universitaire ou reprennent le chemin du travail et de leur formation régulière.

Au Championnat du monde, la formation américaine compte habituellement plus de joueuses issues des rangs collégiaux; c’est le cas cette année avec 13, comparativement à huit pour le Canada. L’équipe des États-Unis qui a décroché l’or grâce à un gain de 3-2 il y a deux ans à Ottawa en comptait 11, contre six pour le Canada.

«N’importe quelle joueuse venant du hockey universitaire, où vous jouez à tous les jours et vous entraînez avec votre équipe, est placée dans un contexte de haut niveau où elle est prête à affronter ce genre de situation en jouant contre de grandes joueuses venant de partout au monde, soutient la gardienne américaine Jessie Vetter. Je pense que c’est un avantage pour quiconque provient des universités.»