Les bagarres peuvent augmenter les risques de traumatisme

Derek Boogaard et Steve MacIntyre (no 33) lors d’un combat au Madison Square Garden, à New York, en novembre 2010.<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Paul Bereswill Derek Boogaard et Steve MacIntyre (no 33) lors d’un combat au Madison Square Garden, à New York, en novembre 2010.
«Cependant, à la lumière du petit échantillon de bagarreurs que nous avons étudié, il est possible que d'engager fréquemment des combats comme joueur de hockey puisse constituer un risque accru pour cette maladie dégénérative du cerveau», a déclaré le Dr Robert Cantu, codirecteur du Centre pour l'étude de l'encéphalopathie traumatique de l'Université de Boston.

Le cerveau de Boogaard montrait les premiers signes de l'encéphalopathie traumatique chronique (ETC).

Boogaard, âgé de 28 ans, est mort en mai d'une surdose accidentelle d'alcool et d'oxycodone, un antidouleur. Sa famille a fait don de son cerveau à l'Université de Boston pour l'étude.

L'ETC ne peut être diagnostiquée que par l'examen du tissu cérébral post-mortem.

En 277 matchs dans la LNH, Boogaard a marqué trois buts, a écopé de 589 minutes de pénalités et il aurait participé à 61 combats en saison régulière, selon le rapport de l'Université de Boston. Il aurait livré 174 combats dans le hockey professionnel.

Boogaard n'avait pas joué depuis le 9 décembre 2010, en raison de blessures liées à ses combats, dont une commotion cérébrale.

Selon le rapport de l'Université de Boston, sa famille a signalé qu'il avait «vu des étoiles» lors d'un match deux semaines avant sa dernière rencontre. Boogaard, dont on a diagnostiqué les symptômes postcommotion cérébrale à deux reprises, a également dit «s'être fait sonner» au moins 20 fois, selon sa famille.

Pendant deux ans avant sa mort, Boogaard avait d'autres problèmes, souligne le rapport — la toxicomanie, l'instabilité émotionnelle et des problèmes de comportement, de même que des problèmes de mémoire à court terme et de désorientation.

Ces antécédents compliquent son cas.

«Les antécédents cliniques de Boogaard étaient complexes, de sorte qu'il est difficile de savoir si et jusqu'à quel point l'ETC a contribué à son comportement, sa toxicomanie ou sa mort», a déclaré le Dr Robert Stern, le codirecteur du CSTE et professeur de neurologie et de neurochirurgie à l'Université de Boston. «Toutefois, l'ETC semble être une maladie progressive chez certaines personnes, et même si elle n'avait pas directement affecté la qualité de vie de Boogaard avant sa mort, il est possible que cela aurait pu se produire dans l'avenir.»

Boogaard a été diagnostiqué avec une légère ETC par la neuropathologiste et codirectrice du CSTE, la Dr Ann McKee.

McKee a terminé l'analyse des cerveaux de plus de 70 anciens athlètes — plus de 50 ont montré des signes d'ETC, dont 14 des 15 anciens joueurs de la NFL, ainsi que des joueurs de football collégiaux, de hockeyeurs, des lutteurs et des boxeurs professionnels.

La famille Boogaard a demandé que le diagnostic soit rendu public. Un rapport complet d'analyse du tissu cérébral de Boogaard fait l'objet d'un embargo en attendant la publication de l'étude dans une revue scientifique médicale.
 
3 commentaires
  • basque - Inscrit 7 décembre 2011 05 h 44

    Traumatisme cranien

    Pour Information:Lorsqu'un joueur de Rugby ,en Europe est victime d'un K O ou d' un traumatisme cranien,la Faculté de Médecine et la Fédération concernée par ce sport(en l'occurence la FFR en France) interdisent à ce joueur de reprendre la compétition avant d'être complétement rétabli et lui exigent de repasser devant la Commission de Santé.
    Pourrait-on instituer cela au Hockey dans un pays ou ce sport est roi?

  • Fabien Nadeau - Abonné 7 décembre 2011 08 h 26

    Étonnant?

    C'est quand même surprenant d'avoir besoin d'une recherche pour apprendre que se taper sur la gueule en tentant de s'assommer mutuellement n'est pas bon pour la santé!

    Il y aura toujours des accidents dans les sports rapides, c'est triste, mais c'est normal. Mais les sports favorisant les contacts, comme le football et le hockey, naturellement, rendent les accidents plus fréquents et graves.

    On a beaucoup travaillé sur la sécurité dans les sports. Il faut continuer. Les coups à la tête, dont les bagarres de foire, doivent être défendus.

  • Roland Berger - Inscrit 7 décembre 2011 09 h 09

    Dévoiler l'évidence

    « Les bagarres peuvent augmenter les risques de traumatisme. » Toute cette recherche pour dévoiler une évidence que seule la cupidité a réussi à masquer jusqu'à maintenant.
    Roland Berger