La Ville de Québec aspire à devenir un paradis cycliste

À l’horizon 2027, la Capitale Nationale déploiera un réseau cyclable totalisant 500 km sur son territoire, dont 165 km seront accessibles même en hiver.
Guillaume Levasseur Archives Le Devoir À l’horizon 2027, la Capitale Nationale déploiera un réseau cyclable totalisant 500 km sur son territoire, dont 165 km seront accessibles même en hiver.

La Ville de Québec ambitionne de devenir une ville cycliste quatre saisons à l’égale de Malmö, en Suède, ou de Montréal, à l’autre bout de la 20. Dans sa vision de la mobilité active présentée mardi, la capitale nationale se rêve en paradis cyclable où le vélo et la marche deviendront aussi naturels que la voiture pour se déplacer.

Au cours des cinq prochaines années, Québec veut ajouter 120 km à son réseau cyclable. Dès 2024, un premier corridor Vélo cité, inspiré par le Réseau Express Vélo (REV) mis en place à Montréal, verra le jour entre Charlesbourg et le centre-ville. Deux autres suivront en 2025 et en 2026, d’abord dans l’axe Vanier-Lebourgneuf-Saint-Émile, puis à Beauport.

L’emplacement des corridors demeure indéterminé et fera l’objet de consultations auprès de la population. La Ville sait d’ores et déjà qu’ils seront déneigés en hiver, éclairés la nuit, suffisamment larges pour que la pratique du vélo y soit sécuritaire et séparée des voies de circulation automobile.

Dès 2024, l’administration du maire Bruno Marchand veut investir 36 $ par habitant dans la mobilité active – soit le double des sommes consentis cette année. À l’horizon 2027, Québec déploiera un réseau cyclable totalisant 500 km sur son territoire, dont 165 km seront accessibles même en hiver.

La mise en oeuvre de cette vision coûtera 95 millions de dollars. Dans la planification financière de la Ville, le gouvernement du Québec doit en acquitter 50 millions, soit plus de la moitié. Pour le maire Marchand, il s’agit d’abord et avant tout d’un effort de santé publique qu’aucun gouvernement peut contester.

« Est-ce qu’on peut refuser une ville où les gens sont plus en santé ? […] Dire non à ça, c’est se condamner à gérer la maladie. Nous, on veut gérer la santé », affirme le maire.

Présentement, plus de 90 % des déplacements de moins de 5 km se font en véhicule motorisés à Québec. Quelque 183 000 déplacements, en semaine, s’effectuent en transport actif. La Ville voit le potentiel d’augmenter ce nombre à 268 000.

L’administration Marchand assure que « le but, ce n’est pas de retirer des voies aux autos ». Le maire maintient qu’il est encore trop tôt pour déterminer si le réseau cyclable à venir grugera celui présentement dédié aux automobilistes. Il ajoute que « partout où ç’a été fait dans le monde », personne n’exprime de regrets.

« Nous n’avons pas besoin de regarder très loin : regardez Montréal, illustre Bruno Marchand. Il n’y a plus personne sur Saint-Denis qui reviendrait en arrière. [Le REV] a démontré que l’utilisation d’un espace vélo dédié au centre-ville permet d’augmenter l’achalandage dans les commerces. »

Son administration promet aussi d’améliorer les infrastructures pour stationner les vélos. L’idée, comme le souligne Pierre-Luc Lachance, vice-président du comité exécutif responsable de la mobilité active, c’est « que les cyclistes, une fois arrivés à destination, n’aient pas juste un petit rack avec deux bolts mal tapés sur le bord. »

La Ville évoque enfin la réalisation d’escaliers mécaniques pour pallier au relief escarpé de la capitale et une signalisation qui laisse davantage de temps aux piétons pour traverser les rues.

La mobilité de Québec s’apprête à subir une transformation majeure au cours des prochaines années. Le tramway doit se mettre en branle en 2028 tandis que le réseau cyclable Vélo Cité doit être complété d’ici 2027. La donnée inconnue demeure le troisième lien, qui pourrait ajouter quatre voies routières entre le centre-ville de Québec et Lévis. Ce dernier projet, selon le gouvernement de François Legault, doit permettre de désengorger les ponts de Québec et Pierre-Laporte, en plus de favoriser l’usage du transport en commun entre les deux rives.

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