Projet Royalmount: création d’un comité sur la mobilité

Le projet Royalmount, évalué à 2 milliards, devrait naître en 2022 à l’intersection des autoroutes 15 et 40, un secteur déjà très achalandé.
Photo: Carbonelo Le projet Royalmount, évalué à 2 milliards, devrait naître en 2022 à l’intersection des autoroutes 15 et 40, un secteur déjà très achalandé.

Plutôt que de mettre le frein au controversé projet Royalmount, la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec ont choisi de créer un comité de travail pour repenser la mobilité dans le secteur Namur-De la Savane.

La ministre déléguée aux Transports et ministre responsable de la Métropole, Chantal Rouleau, et la mairesse de Montréal, Valérie Plante, en ont fait l’annonce mercredi à Montréal.

Ce comité, présidé par Florence Junca-Adenot, professeure au Département d’études urbaines et touristiques à l’Université du Québec à Montréal, aura pour mandat de cerner les besoins en mobilité dans le secteur de l’échangeur Décarie et de formuler des recommandations en matière de mobilité et d’aménagement. Son rapport sera rendu l’automne prochain.

Le ministère des Transports, le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, la Ville de Montréal, la Ville de Mont-Royal et la Société de transport de Montréal siégeront notamment à ce comité. La ministre Rouleau s’est dite « convaincue » que le groupe de travail ciblera des solutions « qui contribueront à la revitalisation du secteur, tout en facilitant les déplacements ».

Ces solutions, touchant tant l’offre de transport en commun que la circulation automobile, seront ensuite étudiées par l’Autorité régionale de transport métropolitain, qui doit déposer son plan stratégique de développement d’ici la fin de l’année.

Le projet Royalmount, évalué à 2 milliards, devrait naître en 2022 à l’intersection des autoroutes 15 et 40, un secteur déjà très achalandé. Cinq hôtels, quatre tours de bureaux, deux salles de spectacle, un aquarium, un cinéma et d’innombrables boutiques et restaurants devraient germer sur le site.

D’autres projets immobiliers d’envergure devraient également voir le jour dans le secteur.

En janvier, la Commission sur le développement économique et urbain et l’habitation de la Ville de Montréal recommandait que le projet Royalmount du promoteur Carbonleo soit suspendu. Une pause, suggérait la Commission, pour que le projet soit revu et qu’il réponde ainsi mieux aux « besoins de la population montréalaise ».

Mais ce temps d’arrêt ne viendra pas, du moins pas pour l’instant.

Une décision « très préoccupante » pour Gérard Beaudet, professeur à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal et directeur de l’Observatoire de la mobilité durable. « Le gouvernement nous dit qu’il met sur pied un comité expert pour trouver des solutions, mais que pendant ce temps, il va laisser le projet se développer alors que le projet vient empirer la situation », s’indigne-t-il.

Cette pause aurait permis à la Communauté métropolitaine de Montréal de faire « ce qu’elle aurait dû faire avant, mais qu’elle n’a pas fait ».

« Il aurait fallu qu’elle se pose la question : comment on peut désenclaver ce vaste secteur qui chevauche l’échangeur Décarie, comment on peut ancrer une offre de transport collectif efficace et comment on peut ensuite venir raccorder les nouveaux projets qui naissent dans ce secteur à ce nouvel environnement qu’on aurait créé », fait valoir M. Beaudet.