Mal de gorge, voix enrouée: les symptômes d’Omicron

Une vaste étude publiée dans The Lancet confirme que les symptômes induits par le variant Omicron sont moins graves, perdurent moins longtemps et diffèrent par rapport à ceux provoqués par le variant Delta chez les personnes ayant reçu deux ou trois doses de vaccin contre la COVID-19.

Ces constats sont tirés d’une enquête effectuée auprès de Britanniques vaccinés qui ont été déclarés positifs à la COVID-19 et qui ont rapporté quotidiennement leurs symptômes sur une application mobile. Les auteurs de l’étude, des chercheurs du King’s College London, ont comparé les symptômes de 5000 personnes ayant été infectées entre le 1er juin et le 27 novembre 2021 — vraisemblablement par le variant Delta, qui était le plus prévalent durant cette période — à ceux de 5000 sujets ayant contracté la COVID-19 entre le 20 décembre 2021 et le 17 janvier 2022, soit la période où Omicron s’est imposé comme le variant dominant.

Le variant Delta plus intense

 

Les chercheurs ont remarqué que la perte d’odorat, qui était un symptôme fréquent au cours des premières vagues de la pandémie, l’était beaucoup moins chez les personnes souffrant d’une infection induite par Omicron. Seulement 17 % des participants infectés par Omicron en étaient affectés, contre 53 % de ceux ayant contracté le variant Delta. Selon un modèle statistique conçu par les chercheurs, les personnes victimes d’Omicron seraient 83 % moins susceptibles de développer une perte d’odorat. D’autres symptômes, comme les éternuements, l’irritation des yeux, l’altération de l’odorat, le brouillard mental, les vertiges, la fièvre et les maux de tête étaient également significativement moins courants durant la période de prédominance d’Omicron par rapport à celle du Delta.

Par contre, les deux symptômes qui sont apparus comme les plus couramment occasionnés par le variant Omicron étaient le mal de gorge et l’enrouement de la voix. Selon une analyse statistique, les personnes infectées par Omicron courraient un risque 55 % plus élevé de souffrir de maux de gorge. Dans l’étude, elles étaient 24 % plus susceptibles de voir leur voix s’érailler, mais l’étaient moitié moins de développer de la fièvre et une toux persistante.

La probabilité d’hospitalisation était 25 % moindre avec Omicron qu’avec Delta : 1,9 % des patients infectés par Omicron ont été admis à l’hôpital, comparativement à 2,6 % des patients durant la vague Delta. Cette tendance est corroborée par les observations antérieures effectuées en Afrique du Sud et en Corée du Sud.

La durée moyenne des symptômes était également deux jours plus courte chez les personnes ayant développé la COVID-19 durant la vague Omicron que précédemment, lorsque le variant Delta était dominant. Cet écart était encore plus grand (3,3 jours) chez les personnes ayant reçu trois doses de vaccin, soit une durée moyenne de 7,7 jours pour le variant Delta contre 4,4 jours pour Omicron. Chez les personnes n’ayant reçu que deux doses, la différence n’était que de 1,3 jour, soit une durée moyenne de 9,6 jours pour le variant Delta contre 8,3 jours pour Omicron.

Les chercheurs ont pu estimer que les personnes infectées durant la période Omicron avaient 2,5 fois plus de chances de voir leurs symptômes disparaître dans les sept jours suivant leur apparition que celles frappées par le variant Delta.

 

Un variant qui prend une autre voie

Les auteurs de l’étude affirment que ces dernières observations, qui indiquent une fenêtre symptomatique plus courte et une résolution des symptômes plus rapide avec Omicron, laissent entendre que le variant Omicron induirait généralement « une infection moins grave que les variants précédents dans les populations vaccinées ».

« Ces observations concordent avec des analyses in vitro ayant montré que le variant Omicron se réplique plus rapidement que les autres variants du SRAS-CoV-2 dans les bronches, mais qu’il le fait moins efficacement dans le parenchyme pulmonaire [c’est-à-dire la couche de tissu dans laquelle a lieu l’échange gazeux entre le sang et l’air]. Ce variant semble entrer dans les cellules par une voie différente de celle empruntée par les autres variants », écrivent les chercheurs.

Ces derniers avouent avoir été incapables de comparer les symptômes, leur durée et le risque d’hospitalisation entre les variants Omicron et Delta chez les personnes non vaccinées étant donné que la très grande majorité des participants de l’étude étaient vaccinés.
 


Précision: Une version précédente affichait un intertitre « "Moins grave" si vacciné». Or l’étude dont il est question comptait surtout des participants vaccinés, rendant les comparaisons difficiles. L'intertitre a été modifié.

 

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