Des laboratoires pour protéger les travailleurs

Charles-Édouard Carrier Collaboration spéciale
Au fil du temps, la direction des laboratoires de l’IRSST a développé des expertises aujourd’hui reconnues à l’échelle nationale et internationale.
Photo: Pierre-Luc Dufour Au fil du temps, la direction des laboratoires de l’IRSST a développé des expertises aujourd’hui reconnues à l’échelle nationale et internationale.

Ce texte fait partie du cahier spécial 40 ans de l’IRSST

Il y a 40 ans, l’IRSST ouvrait ses portes. En ses murs, un laboratoire d’analyse destiné à répondre aux besoins des travailleurs québécois accueillait une poignée de chercheurs. Les technologies ont changé, les équipes se sont renouvelées, mais l’objectif est resté le même : tout mettre en oeuvre pour que les Québécois évoluent dans des milieux de travail sécuritaires.

Les services de laboratoires de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et sécurité du travail (IRSST) offrent des analyses environnementales, toxicologiques et microbiologiques, du matériel d’échantillonnage et la location d’instruments et de l’étalonnage d’instruments. « Ces services sont offerts en priorité aux intervenants du réseau québécois de la santé et de la sécurité du travail, mais la clientèle de secteur privé est également acceptée », précise Marie-Claude Barrette, directrice par intérim de la Direction des laboratoires.

Multiplier les champs d’analyses

Cet éventail de responsabilité fait du laboratoire de l’IRSST un lieu unique où s’interroger sur la science. Pour un professionnel de la recherche, travailler à la direction des laboratoires de l’IRSST, c’est mettre le cap sur une carrière marquée par l’exploration de plusieurs champs d’activité. « J’ai longtemps travaillé dans des laboratoires de production de résultats et d’analyses, souligne Marie-Claude Barrette. C’est très formateur ; ce qui est intéressant ici, c’est la diversité des projets qu’offre l’Institut. » Cette pluralité des champs de recherches et d’analyse est aussi très attirante pour de jeunes chercheurs qui font le choix de commencer leur carrière dans un laboratoire public, alors qu’un changement de garde s’opère graduellement au sein de l’équipe en réponse à plusieurs départs à la retraite.

Contact étroit avec les travailleurs

La mise en place de la plateforme ClicLab, en 2016, a largement facilité la communication entre le laboratoire et ses clients. L’outil accessible en ligne permet de soumettre, de visualiser et d’éditer ses demandes concernant le matériel d’échantillonnage et plusieurs types d’analyses (environnementales, air comprimé respirable, microbiologie, toxicologie). Mais au-delà des technologies de suivi et de communications, les chercheurs doivent eux aussi adapter leur façon de travailler puisqu’un des défis, lorsque l’on concentre nos énergies en recherche et analyse de données, est de rester le plus près possible de la réalité terrain. « Le laboratoire doit voir à ce que les résultats puissent servir à quelque chose et, pour y arriver, il faut pouvoir les mettre en contexte. Avec les années, nous avons multiplié les façons de garder contact avec les milieux entre autres avec l’implication de nos hygiénistes certifiés qui sont spécialisés dans les interventions en milieu de travail, précise la directrice. Notre équipe au service à la clientèle, celle qui reçoit les demandes d’analyse provenant de l’externe, assure le lien direct avec le terrain. »

La situation actuelle de pandémie a d’ailleurs mis en lumière la force du lien qui unit la Direction des laboratoires et les travailleurs québécois. La COVID-19 et l’énergie déployée pour mieux la comprendre ont amené l’équipe de Marie-Claude Barrette à se pencher sur de nouvelles requêtes : « Nous avons mis sur pied un nouveau service pour les tests de masques et d’appareils de protection respiratoire de type N95. Avec nos experts en aérosols, nous avons développé un service pour aider les gens du réseau de la santé et tester des masques pour l’efficacité de filtration. C’est très intéressant lorsque l’on peut contribuer au soutien des milieux de travail québécois et aider les travailleurs à mieux se protéger dans une situation comme celle-là. Ce sont des choses qui sont très motivantes pour n’importe quel scientifique. »

40 ans d’innovations

En quatre décennies, nul doute que le travail en laboratoire a beaucoup évolué, la plus grande transformation provenant de la révolution informatique. « Les machines et les logiciels de traitement de données peuvent en faire beaucoup plus qu’il y a 40 ans, mais il y aura toujours un humain au bout du processus pour interpréter les résultats », affirme la directrice. L’automatisation a augmenté la performance et l’efficacité des manœuvres, mais pas à n’importe quel prix : « Le fait d’avoir multiplié les technologies et les logiciels complexes demande plus de temps pour l’apprentissage et le développement des compétences en ce qui a trait aux outils informatiques », remarque-t-elle.

Reconnaissance internationale

Au fil du temps, la direction des laboratoires de l’IRSST a développé des expertises aujourd’hui reconnues à l’échelle nationale et internationale. Et c’est dans un esprit de collaboration que celles-ci sont partagées avec des partenaires à l’étranger comme l’explique Marie-Claude Barrette : « Plusieurs membres de la Direction des laboratoires siègent à des comités internationaux. Et par l’entremise des accréditations qui nous ont été décernées, nous assurons une mise à jour constante de nos pratiques. » La publication périodique des méthodes d’analyses, à la fois en français et en anglais, motive l’échange et la discussion, et contribue au rayonnement des travaux de cette équipe dévouée et tissée serrée.

Parce que cette équipe de professionnels dirigée par Marie-Claude Barrette, qui totalise 45 personnes, évolue dans un climat de collaboration selon les dires de la chimiste qui occupe le poste de directrice par intérim depuis juillet dernier : « La diversité dans l’exécution des mandats est omniprésente. Cette réalité propre à l’IRSST crée un climat d’échange au sein du groupe. Nous sommes chanceux d’avoir une aussi belle équipe et de pouvoir compter sur une direction présente et impliquée qui mise sur une offre de service de qualité, dans un cadre normatif bien documenté. » Aujourd’hui, la notoriété du laboratoire de l’IRSST est appuyée par plusieurs accréditations nationales et internationales.

Les laboratoires de l’IRSST en chiffres

2 221 376 analyses environnementales, toxicologiques et microbiologiques depuis la création de la direction des laboratoires

45 chercheurs et techniciens

5 experts de la Direction des laboratoires siègent à des comités internationaux

9 232 heures consacrées à l’étalonnage, à l’entretien et à la réparation d’instruments à mesure directe et à l’échantillonnage en 2019

15 nouvelles méthodes analytiques développées par l’équipe des laboratoires dans la dernière année

4 accréditations nationales et internationales