Un deuxième médicament pour traiter la COVID-19

Washington a acheté 300 000 doses de bamlanivimab, à 1250$ chacune.
Photo: Source: Eli Lilly Washington a acheté 300 000 doses de bamlanivimab, à 1250$ chacune.

Après le remdesivir en juillet, Santé Canada a autorisé vendredi dernier un deuxième médicament pour traiter la COVID-19. Il s’agit du bamlanivimab, un anticorps monoclonal, qui pourra être administré aux malades d’au moins 12 ans souffrant d’une forme légère ou modérée de l’infection et « dont l’état de santé présente un risque élevé d’évoluer vers une forme grave de la maladie et / ou de mener à une hospitalisation ».

Le bamlanivimab cible la protéine de spicule du SRAS-CoV-2. Son objectif est d’éviter que le virus se lie aux récepteurs à la surface des cellules et y pénètre. Lors d’un essai clinique de phase II à double insu dont les résultats ont été publiés dans le New England Journal of Medicine, les patients qui ont reçu le médicament plutôt qu’un placébo ont subi une réduction de la charge virale. Par ailleurs, 10 % des 465 participants ayant reçu le placébo ont dû être hospitalisés, contre seulement 3 % de ceux ayant reçu le médicament. La fréquence et les types d’effets indésirables (en majorité d’intensité légère ou modérée) étaient toutefois semblables chez les deux groupes, selon un communiqué de presse de la pharmaceutique Lilly.

La molécule est autorisée aux États-Unis depuis le 9 novembre, mais son adoption ne fait pas l’unanimité. « Les données sont préliminaires, nous ne pouvons pas dire que c’est vraiment un remède qui va sauver des vies », a dit Patrick Kinn, un spécialiste de la pharmacie clinique aux University of Iowa Hospitals and Clinics, en entrevue avec le média Stat. Puisque les hôpitaux américains sont déjà débordés, ils hésitent à consacrer des ressources à l’injection du bamlanivimab. Les quantités disponibles, très limitées, refroidissent aussi leurs ardeurs. Lilly prévoit de fabriquer « jusqu’à un million de doses » d’ici la fin de l’année.