Le vaccin contre le VPH est sécuritaire, tranche l’agence européenne

Photo: NHSE / CC

Le vaccin contre le VPH, qui est actuellement administré aux jeunes filles de la 4e année dans les écoles du Québec, est sécuritaire. Il ne cause ni le syndrome douloureux régional complexe (SDRC) ni le syndrome de tachycardie orthostatique posturale (STOP), a confirmé hier l’Agence européenne des médicaments, qui ne voit aucune raison de modifier l’utilisation qui en est faite actuellement.

À la demande du Danemark, où de nombreuses jeunes filles ayant reçu le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) se sont plaintes d’effets secondaires graves, principalement de deux syndromes particuliers, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a confié en juillet dernier à son comité d’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC) le mandat de réétudier les risques associés aux deux vaccins anti-VPH, le Gardasil, qui est administré aux jeunes Québécoises, et le Cervarix, en portant une attention particulière au SDRC, un syndrome douloureux chronique affectant surtout les extrémités des membres et qui se manifeste par des oedèmes, des rougeurs et une sudation excessive, et au STOP, qui se caractérise par une augmentation anormalement élevée de la fréquence cardiaque, appelée tachycardie, lors d’un changement de la position allongée à une position verticale.

Ces deux syndromes peuvent aussi engendrer des étourdissements, des évanouissements, de la faiblesse, de même que des maux de tête, des douleurs, des nausées et de la fatigue. Ils peuvent affecter sérieusement la qualité de vie de certains patients.

Dans son évaluation, le PRAC a passé en revue toute la recherche publiée sur le sujet, les données d’essais cliniques, les comptes rendus de patients et professionnels de la santé faisant état de possibles effets secondaires indésirables, de même que toutes les données fournies par tous les états membres de la Commission européenne. Le comité de surveillance a aussi consulté un groupe de spécialistes renommés dans le domaine, et a pris en considération les informations détaillées reçues d’un certain nombre de groupes de patients qui soulignaient l’impact dévastateur que ces syndromes peuvent avoir sur les patients et leur famille.

Lors d’une conférence de presse hier matin, au siège de l’EMA à Londres, les directeurs de l’évaluation des médicaments pour les humains, Enrica Alteri, et le directeur des inspections et de la pharmacovigilance des médicaments humains, Fergus Sweeney, ont d’abord rappelé que dans la population générale, au moins 150 fillettes et jeunes femmes âgées de 10 à 19 ans sur un million peuvent développer le STOP chaque année, et tout autant pour le SDRC. Ils ont par ailleurs affirmé que leur évaluation n’a indiqué aucune différence entre les taux globaux de ces syndromes chez les fillettes vaccinées et ceux attendus dans ce groupe d’âge de la population générale, et ce, « même en prenant en considération une possible sous-déclaration » des cas parmi les personnes vaccinées.

Le PRAC fait également remarquer que certains symptômes de ces deux syndromes s’apparentent beaucoup à ceux du syndrome de la fatigue chronique (SFC, ou encéphalomyélite myalgique), et que plusieurs comptes rendus étudiés dans leur évaluation faisaient plutôt référence à un SFC qu’à un STOP ou un SDRC. Or, « les résultats d’une grande étude ayant fait l’objet d’une publication ont clairement montré l’absence de lien entre le vaccin contre le VPH et le syndrome de la fatigue chronique », ont-ils souligné.

Aucun crédit

Le PRAC en conclut que les observations accumulées à ce jour ne donnent aucun crédit à l’hypothèse avancée par certains patients selon laquelle le STOP et le SDRC seraient causés par les vaccins anti-VPH. Le PRAC ne voit ainsi « aucune raison de modifier la façon dont ces vaccins sont utilisés, ou de rectifier l’information actuellement disponible sur ces produits ».

L’EMA rappelle que plus de 80 millions de fillettes et femmes ont reçu ces vaccins à travers le monde, et dans certains pays européens, 90 % de la population du groupe d’âge auquel la vaccination est recommandée pour prévenir les cancers notamment du col de l’utérus, de la vulve, du vagin, de l’anus, l’ont reçu.

Selon le PRAC, les bénéfices que l’on peut tirer de ces vaccins surpassent les risques qui y sont associés.


 
1 commentaire
  • Philippe Chartrand - Abonné 6 novembre 2015 08 h 45

    Et le Guillain Barré?

    Le titre n'est pas conforme à la réalité: ce n'est pas parce qu'l n'y a pas de STOP ni de SDRC que le vaccin est sécuritaire. D'autre part, il n'est pas encore pprouvé qu'il est efficace pour ce qui est de la prévention des cancers de la sphère génitale (on manque de recul et nos filles sont devenues des rats de laboratoire). Les personnes vaccinées vont penser qu'elles sont couvertes (alors que le vaccin n'immunise que contre certains virus associés aux cancer, pas à tous) et ne vont pas procéder aux tests de dépistages TOUJOURS nécessaires pour détecter les cancers du col de l'utérus.
    À quoi sert donc ce vaccin s'il ne dispense pas de pratiquer le dépistage?