De l’eau plus ancienne que le Soleil relance l’espoir de vie sur les exoplanètes

Le cycle de l'eau à travers le temps
Photo: Bill Saxton NSF/AUI/NRAO Le cycle de l'eau à travers le temps

Washington — Jusqu’à la moitié de l’eau sur la Terre est probablement plus ancienne que le système solaire, ce qui accroît la probabilité que la vie puisse exister sur des exoplanètes dans notre galaxie, la Voie Lactée, indique une nouvelle recherche.

Ces travaux, publiés jeudi dans la revue américaine Science, devraient alimenter le débat sur le fait de savoir si les molécules de glace d’eau dans les comètes et nos océans se sont formées dans le disque de gaz et de poussière autour de notre jeune Soleil il y a 4,6 milliards d’années, ou si elles proviennent d’un nuage interstellaire plus ancien.

Utilisant un modèle informatique sophistiqué permettant de simuler les signatures chimiques entre les molécules d’eau formées dans le système solaire et celles qui lui ont préexisté, ces chercheurs ont trouvé que de 30 à 50 % de l’eau que nous consommons aujourd’hui est plus ancienne que le soleil d’environ un million d’années.

Étant donné que l’eau est un élément clé pour le développement de la vie sur la Terre, les résultats de cette étude pourraient suggérer que la vie existe ailleurs dans notre galaxie, soulignent ces chercheurs.

« Il s’agit d’un pas important dans notre quête pour savoir si la vie existe sur d’autres planètes », a affirmé le professeur Tim Harries, du département de physique et d’astronomie de l’université d’Exeter au Royaume-uni, un des auteurs de ces travaux.

Possibilité de vie ailleurs

On pensait jusqu’alors que la formation de l’eau sur la Terre résultait de conditions uniques qui existaient au début du système solaire et seraient rarement réunies ailleurs, a-t-il ajouté.

« En déterminant désormais la partie ancienne de la provenance de l’eau sur le Terre, nous pouvons voir que le processus de formation de notre système solaire n’a pas été unique et que, de ce fait, des exoplanètes peuvent se former dans des environnements où l’eau est déjà abondante », a expliqué le professeur Harries.

« Cela accroît la possibilité que certaines planètes en dehors de notre système solaire [exoplanètes] aient des conditions propices et des ressources en eau permettant l’existence de la vie et son évolution », a-t-il estimé.

« Ces résultats impliquent qu’une partie de l’eau du système solaire provient de l’environnement dans lequel le soleil est né et qui lui préexistait », a précisé Ilsedore Cleeves, une astronome de l’université du Michigan, aux États-Unis, principal auteur l’étude.


L'eau, ingrédient essentiel
 

« Si la formation de notre système solaire est typique de celle d’une étoile, cela veut dire que l’eau est un ingrédient courant dans la création de tous les systèmes planétaires », a-t-elle ajouté.

« La formation de l’eau à partir des atomes d’hydrogène et d’oxygène est un élément omniprésent des toutes premières étapes de la naissance d’une étoile », a quant à lui souligné l’astronome Ted Bergin de l’Université du Michigan.

« Cette eau — sous forme de glace — que nous observons dans nos recherches astronomiques se forme seulement à dix degrés au-dessus du zéro absolu avant la naissance de l’étoile, et est présente à la création de tous les systèmes stellaires », a-t-il relevé.

À ce jour, le télescope américain Kepler a détecté près de mille exoplanètes dans notre galaxie, souligne l’astronome. « Vu l’abondance de l’eau au moment de la naissance des systèmes planétaires, la prévalence de la vie dans toute la galaxie est prometteuse », selon lui.

Mercredi, des astronomes ont annoncé avoir détecté pour la première fois la présence de vapeur d’eau dans l’atmosphère d’une exoplanète lointaine de la taille de Neptune, soit quatre fois celle de la Terre.