Brancher son iPod sur... le soleil!

Un laboratoire de l’Université Laval synthétiser un nouveau plastique capable de capter l’énergie solaire et d’en faire assez d’électricité pour recharger un ordinateur ou un iPod.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Un laboratoire de l’Université Laval synthétiser un nouveau plastique capable de capter l’énergie solaire et d’en faire assez d’électricité pour recharger un ordinateur ou un iPod.

Travailler les orteils dans le sable chaud, à l'abri d'un parasol qui alimente ordinateur portable et iPod, n'est plus un fantasme. Recharger son téléphone cellulaire pendant qu'on se rend au travail grâce au sac à main dans lequel il est enfoui pourrait aussi être possible grâce à un nouveau plastique capable de capter l'énergie solaire et de la transformer en électricité.

C'est dans un laboratoire de l'Université Laval que le professeur Mario Leclerc et son équipe ont réussi à synthétiser ce nouveau polymère photovoltaïque — conduisant l'électricité —, de la famille des polycarbazoles. «On a trouvé la bonne composition qui permet d'absorber une bonne partie du rayonnement solaire et de générer des courants électriques permettant d'alimenter de petits appareils électroniques», résume le chercheur, qui est directeur du Centre de recherche sur les matériaux avancés.

Ce nouveau polymère offre un rendement supérieur à toutes les piles solaires de plastique dont on dispose actuellement. Les chercheurs de Québec ont en effet réussi à franchir le cap symbolique du 6 %. «Le soleil nous envoie 1000 watts par mètre carré et, de cette puissance, notre plastique peut générer 60 watts par mètre, soit 6 % de la puissance captée, explique M. Leclerc. Notre plastique ne bat toutefois pas le silicium en puissance générée. Il ne permet de générer que de faibles puissances pouvant servir à alimenter de petits appareils électroniques, possiblement à produire de l'éclairage, mais sûrement pas à chauffer une maison. Par contre, le plastique est apprécié pour sa grande légèreté et sa flexibilité. Et surtout, on peut en faire des encres qui serviront à imprimer des piles solaires sur de grandes surfaces de textiles ou d'autres plastiques, ce qui nous permettra d'intégrer des piles solaires à des endroits qui nous étaient inaccessibles avec le silicium et les autres composés traditionnels. Il rend possible le sans-fil partout où il y a du soleil.»

La compagnie américaine Konarka, qui se spécialise dans la conception de piles solaires en plastique, a acheté il y a deux ans une licence d'exploitation sur le brevet déposé par l'équipe de M. Leclerc, pour protéger son polymère de grande efficacité énergétique. En collaboration avec la compagnie Power Shade, Konarka a depuis conçu des parasols — pour cafés, restaurants et hôtels — faits d'un revêtement sur lequel on a imprimé, à l'aide du polymère photovoltaïque québécois, des piles qui génèrent suffisamment de courant pour recharger des ordinateurs et des iPods. Le bagagiste Neuber a aussi incorporé le plastique photovoltaïque dans son «Energy Sun-Bag», afin d'alimenter les téléphones cellulaires, les lecteurs numériques et les appareils photo, ce qui en fait la «sacoche solaire la plus légère sur le marché». Le polymère pourrait aussi entrer dans la fabrication de fenêtres semi-transparentes — ce qui ne serait pas possible avec des piles au silicium qui est complètement opaque — qui fourniraient une énergie susceptible d'approvisionner ordinateurs, cafetières et autres petits appareils électroniques. «En améliorant la technologie, on pourrait même envisager d'approvisionner en électricité des régions du monde qui ne sont pas connectées à un réseau de distribution», ajoute Mario Leclerc.
 
1 commentaire
  • Khayman - Inscrit 18 mars 2010 11 h 41

    Wow

    Je suis vraiment impressionné par les innovations technologiques de ce type, tout comme la pile au sable annoncée il y a environ 3 semaines :

    http://www.ledevoir.com/economie/actualites-econom

    Je dois cependant vous avouer que je vais le croire quand je vais le voir !