À l'INRS - Formation en direct

L’Institut national de la recherche scientifique (INRS)
Photo: L’Institut national de la recherche scientifique (INRS)

L'Institut national de la recherche scientifique (INRS) et les quatre centres qui la composent sont bien différents des universités traditionnelles québécoises. Offrant seulement des programmes d'études de deuxième et troisième cycles, l'Institut est indéniablement axé sur la recherche de pointe. D'ailleurs, avant même d'être admis dans un programme, l'étudiant doit s'être trouvé un professeur qui accepte de l'intégrer dans son équipe de chercheurs.

«À l'INRS, nous formons les étudiants à la recherche par la recherche. Bien sûr, nous avons quand même des cours qui se donnent dans nos programmes, mais l'approche pédagogique est différente», affirme Dalida Poirier, directrice du service des études supérieures à l'INRS.

En fait, dans tous les programmes offerts à l'INRS, à l'exception de ceux qui sont donnés en collaboration avec un autre établissement universitaire, lorsqu'un professeur accepte de prendre un futur étudiant dans son équipe de travail, il accepte aussi de le rétribuer à même ses subventions de recherche.

«Le professeur assure une partie de la bourse de l'étudiant et l'INRS fournit l'autre moitié. Ainsi, avec cet argent, tous les étudiants ont les moyens de se consacrer à temps complet à leurs études, ce qui change la dynamique dans les laboratoires. Et c'est comme ça dès le début de la maîtrise», explique-t-elle.

L'encadrement est aussi différent à l'INRS étant donné que les professeurs n'enseignent pas à des étudiants de premier cycle et que le ratio professeurs-étudiants est très avantageux. Cette année, les quatre centres de l'INRS comptent un total d'à peine plus de 600 étudiants pour environ 150 professeurs. «C'est évident que les quatre centres de l'INRS forment chacun une petite collectivité, alors le sentiment d'appartenance de l'étudiant envers son groupe de recherche se développe plus rapidement que dans de grandes universités», ajoute Mme Poirier.

Beaucoup de recherche et d'interdisciplinarité

Pour faire carrière à l'INRS, un professeur doit être très actif dans son domaine de recherche et évidemment, il doit pouvoir compter sur de nombreuses subventions pour réaliser ses projets avec ses étudiants.

«Le fait que nos professeurs soient aussi actifs en recherche fait en sorte qu'en plus de pouvoir payer leurs étudiants, leurs subventions leur permettent d'acheter de l'équipement à la fine pointe de la technologie. Par exemple, notre centre Énergie, Matériaux et Télécommunications est équipé du laser le plus rapide au monde, ce qui a nécessité un investissement de plus de

20 millions de dollars. C'est certain que c'est très intéressant pour les étudiants de venir étudier chez nous, car ils savent qu'ils travailleront avec ces appareils», indique Dalida Poirier.

Les étudiants à la maîtrise et au doctorat de l'INRS ont aussi la chance d'effectuer des projets de recherche interdisciplinaire. «Les projets sont thématiques et plusieurs spécialistes d'horizons différents étudient ensemble une problématique. Par exemple, dans le domaine des études urbaines, une grosse équipe de chercheurs travaille sur l'immigration. On y retrouve des sociologues, des anthropologues, des économistes, des démographes et autres qui travaillent véritablement ensemble», affirme Johanne Charbonneau, directrice de l'INRS-Urbanisation, Culture et Société.

Un nouveau programme innovateur

Ces grands projets de recherche sont généralement effectués en collaboration avec des partenaires gouvernementaux ou communautaires qui doivent affronter diverses problématiques. Or, au fil des ans, les chercheurs qui ont eu à travailler avec ces partenaires se sont aperçus qu'il serait fort pertinent de former des professionnels qui serviraient de courroie de transmission entre les chercheurs et les partenaires qui doivent adapter des politiques ou des plans d'intervention en fonction des résultats de recherche.

«Dans le milieu de la recherche universitaire, on dit souvent que seulement 5 % des résultats de recherche sont réellement pris en compte dans l'élaboration des politiques publiques. Le problème, c'est que souvent, une fois que le décideur se retrouve avec les résultats de recherche entre les mains, il ne sait pas comment les traduire concrètement dans ses politiques. Il y a un travail de liaison et de vulgarisation entre les deux intervenants qui doit être fait pour que le travail des chercheurs soit vraiment utile», explique Mme Charbonneau.

Lorsque les professeurs de l'INRS ont observé cette lacune, ils ont décidé de créer une nouvelle maîtrise professionnelle. Le programme, intitulé Pratiques de recherche et action publique, a accueilli ses premiers étudiants en septembre dernier.

«Ces professionnels aideront également les chercheurs à travailler de manière à satisfaire davantage les partenaires, poursuit-elle. Que les recherches soient effectuées pour des ministères ou des organismes communautaires, il est évident que les résultats ne viennent jamais assez rapidement pour eux. Les étudiants du programme apprendront donc à trouver différents moyens pour faire en sorte que les partenaires aient le plus rapidement possible des réponses à leurs questions. Par exemple, faire sortir les résultats partiels d'une recherche peut donner au partenaire une bonne idée de l'orientation à prendre.»

Même si cette maîtrise ne mène évidemment pas l'étudiant à poursuivre une carrière en recherche, il doit tout de même être accepté par un professeur dans son équipe de chercheurs. «C'est primordial que l'étudiant soit intégré dans une équipe et soit en relation avec un partenaire de recherche, parce qu'il aura à effectuer au cours de sa formation un stage et une activité de transfert de connaissances dirigé. Là aussi, le programme de maîtrise demeure très concret et dans l'action», assure Mme Charbonneau.

Le programme Pratiques de recherche et action publique se donne simultanément à Québec et Montréal, grâce entre autres à la visioconférence. Comme cette maîtrise intéressera probablement des gens qui sont déjà sur le marché du travail, il est possible de la compléter en un an intensif ou à temps partiel, selon les préférences de chacun.

Collaboratrice du Devoir