Désormais plus de cas de variole simienne en Ontario qu’au Québec

La Santé publique fédérale veut maintenant offrir le vaccin aux hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes, où qu’ils soient au Canada.
Graham Hughes La Presse canadienne La Santé publique fédérale veut maintenant offrir le vaccin aux hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes, où qu’ils soient au Canada.

Montréal n’est plus l’épicentre de la pandémie de la variole simienne au Canada, a confirmé vendredi la Santé publique fédérale. Quelque 511 cas ont été signalés en Ontario, contre 426 au Québec.

Ces deux provinces hébergent l’écrasante majorité des 1049 cas que compte le Canada à l’heure actuelle. Parmi ces personnes, 91 se trouvent en Colombie-Britannique, 19 en Alberta, 3 en Saskatchewan et 2 au Yukon.

« Au début, c’était vraiment une éclosion concentrée à Montréal, et aussi à Toronto. Mais on a maintenant des cas signalés à l’extérieur des deux grandes villes », a expliqué le sous-administrateur en chef de l’Agence de la santé publique du Canada, le Dr Howard Njoo, en point de presse vendredi.

La stratégie de vaccination au pays sera donc modifiée, explique-t-il. Il n’est maintenant plus question  d’immuniser uniquement les personnes en contact avec des cas signalés ou même les habitants des quartiers les plus touchés, comme le Village, à Montréal.

« Maintenant, on se dit que c’est peut-être mieux d’offrir le vaccin aux personnes qui sont de la communauté HARSAH — les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes — actives sexuellement, partout. Plus seulement à Montréal et Toronto, mais partout dans les autres provinces et territoires », a-t-il poursuivi.

Environ 99 % des personnes infectées par la variole simienne sont des hommes ; ils sont âgés en moyenne de 35 ans. La majorité d’entre eux ont des relations sexuelles avec d’autres hommes. Toutefois, prévient la Santé publique fédérale, n’importe qui peut attraper la maladie lors d’un contact étroit avec une personne infectée.

Des « signes avant-coureurs » d’une stagnation de l’épidémie de variole simienne sont observés au pays, selon la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la Santé publique fédérale. « Les cas n’augmentent plus aussi vite qu’ils augmentaient au début » de la vague, a-t-elle expliqué vendredi.

Il y a quelques semaines, le nombre de cas de variole simienne doublait tous les 11 à 12 jours : cette période est désormais autour de 16 à 17 jours, ont calculé les spécialistes. Il est toutefois « un peu tôt » pour crier victoire, car les cas augmentent toujours, et à différents rythmes selon les provinces.

Un comité consultatif spécial sur la variole simienne a été mis en place par le gouvernement fédéral, sur un modèle semblable à celui créé pour la pandémie de COVID-19. Le fédéral finance aussi des organismes communautaires à Montréal, Toronto et Ottawa pour fournir de l’information auprès des populations plus à risque.

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