Omicron a provoqué plus d’hospitalisations chez les jeunes et les petits

La situation aurait pu être bien pire sans la vaccination.
Marie-France Coallier Le Devoir La situation aurait pu être bien pire sans la vaccination.

Les bénéfices de la vaccination des enfants et des adolescents se ressentent à l’intérieur des hôpitaux québécois. Or, malgré une science qui fait ses preuves un peu plus tous les jours, plusieurs questions restent à démystifier pour plusieurs parents.

« Sur le terrain », le nombre de jeunes hospitalisés bat des records, explique au Devoir le Dr Jesse Papenburg, spécialiste en infectiologie pédiatrique à l’Hôpital de Montréal pour enfants, mais la situation aurait pu être bien pire sans la vaccination.

La cinquième vague a provoqué une augmentation indéniable des hospitalisations d’enfants et d’adolescents. Heureusement, deux doses de vaccin chez un adolescent « fonctionnent à 80 % » contre Omicron, confirme le spécialiste.

« Les rares cas d’adolescents doublement vaccinés qui ont une hospitalisation associée à leur COVID-19, ce sont toutes des personnes qui ont des affections médicales chroniques importantes comme facteurs de risque », souligne le Dr Jesse Papenburg.

D’ailleurs, il est à même de constater que les symptômes du variant Omicron ressemblent davantage aux « manifestations plus classiques d’autres virus respiratoires ».

Malgré ces preuves scientifiques, il doit encore régulièrement démystifier la technologie des vaccins auprès de ses patients et de leur famille. « La technologie des vaccins n’est plus expérimentale, répète-t-il. Les expériences ont été faites. Les essais randomisés ont démontré que c’est efficace. On a un portrait des effets secondaires attendus. On parle de plus d’un milliard de doses injectées. Il s’agit de l’intervention médicale la plus scrutée de l’histoire de la médecine. »

Les parents qui voudraient en savoir davantage sur la question peuvent participer gratuitement à une séance d’information sur le Web mercredi, à midi. Plusieurs scientifiques répondront aux questions du public lors de cette conférence organisée par La science d’abord.

Les bébés particulièrement touchés

 

La situation est plus préoccupante chez les tout-petits, seule tranche d’âge à ne pas pouvoir obtenir de vaccin. Cette découverture provoque « une hausse marquée d’hospitalisations » chez les bébés, selon le Dr Papenburg.

La maladie l’inquiète surtout puisque ce type d’infections encombre rapidement les « petites voies respiratoires » des très jeunes enfants. L’infection des poumons par le virus respiratoire syncytial constitue d’ailleurs la première cause d’hospitalisation chez les nouveau-nés.

Un vaccin de Pfizer-BioNTechn pour les 6 mois à 4 ans a été présenté pour autorisation aux responsables américaines, qui l’ont rejeté. C’est un « fait inusité », selon le spécialiste. Il note que la dose proposée pour ces enfants est de 3 microgrammes d’ARN messager, comparativement à 10 microgrammes pour le vaccin pédiatrique et à 30 microgrammes pour celui des adultes.

« Ils ont vu que, malheureusement, après deux doses, ils n’avaient pas atteint leur cible d’immunogénicité, le niveau d’anticorps protecteurs comparable à celui des adultes ou des enfants de 5 à 11 ans. » Ainsi, des tests ont été relancés pour établir l’efficacité d’une immunisation à 3 doses.

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le courrier du coronavirus » du 21 février 2022. Pour vous abonner, cliquez ici.



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