L’est du Québec sur le pied de guerre devant l’avancée d’Omicron

La Santé publique s’inquiète que l’explosion des cas observée au cours des derniers jours rejaillisse sur les hôpitaux de la région de la Capitale-Nationale au cours des prochains jours et des prochaines semaines.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir La Santé publique s’inquiète que l’explosion des cas observée au cours des derniers jours rejaillisse sur les hôpitaux de la région de la Capitale-Nationale au cours des prochains jours et des prochaines semaines.

Devant une hausse « fulgurante » des cas de COVID-19 dans la grande région de Québec, les autorités de santé publique de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches font front commun pour éviter une « catastrophe » dans les hôpitaux.

Les deux régions ont atteint un nouveau sommet d’infections quotidiennes jeudi. Chaudière-Appalaches enregistre 566 nouveaux cas. Au nord du fleuve, ce nombre atteint 671, du jamais vu depuis que le début de la pandémie.

« La hausse des cas est fulgurante », prévient la Dre Liliana Romero, directrice de santé publique en Chaudière-Appalaches. « Et elle s’accélère. »

Plus de 220 éclosions actives affectent la région, qui demeure celle où la COVID-19 circule le plus rapidement au Québec.

 

Les hôpitaux tiennent le coup – pour le moment. Le coronavirus a envoyé 15 personnes à l’hôpital en Chaudière-Appalaches, dont trois aux soins intensifs. La moitié se trouvent à Saint-Georges et à Thetford Mines, deux secteurs qui comptent respectivement 935 et 1560 cas par 100 000 habitants.

Dans la Capitale-Nationale, les hôpitaux traitent 16 patients COVID. À pareille date l’an dernier, 135 hospitalisations dues au coronavirus préoccupaient le système hospitalier de la région de Québec.

Si on n’y prend garde, l’augmentation pourrait être catastrophique. Le nombre de cas double à peu près aux deux ou trois jours.

La Santé publique s’inquiète que l’explosion des cas observée au cours des derniers jours rejaillisse sur les hôpitaux de la région au cours des prochains jours et des prochaines semaines.

« La situation se dégrade très rapidement », explique le Dr Stéphane Bergeron, directeur des affaires médicales au CHU de Québec. « En quelques jours, on a triplé le nombre de patients hospitalisés. »

Plus contagieux et aussi virulent que Delta

 

Le directeur de santé publique de la Capitale-Nationale, Dr André Dontigny, affirme que les études confirment l’extrême contagiosité du nouveau variant Omicron. Elles montrent aussi que sa virulence est similaire à celle du variant Delta.

« Si on n’y prend garde, l’augmentation pourrait être catastrophique. Le nombre de cas double à peu près aux deux ou trois jours », illustre-t-il.

Une déferlante s’apprête donc à s’abattre sur le réseau hospitalier, craignent les autorités sanitaires régionales, au moment même où celui-ci manque de bras. Jeudi, 111 travailleurs de la santé du CHU de Québec étaient en isolement à cause d’une exposition à la COVID-19.

« Comme professionnel qui est au front depuis 21 mois, je n’ai jamais senti le système aussi fragile face à la demande qui va lui être faite », affirme le Dr Mathieu Simon, chef du département de soins intensifs à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.

« Il est inévitable qu’il y ait du délestage », ajoute Dr Bergeron. « C’est un peu comme si on jouait à la Bataille navale, qu’on reçoit des torpilles et des missiles, mais qu’on ne sait pas d’où ils arrivent. »

Délestage dans l’est

Déjà, la pénurie de main-d’œuvre entraîne des ruptures de services dans l’est du Québec. À l’hôpital d’Amqui, dans La Matapédia, un manque d’inhalothérapeutes force la fermeture du département d’obstétrique du 24 au 26 décembre.

À l’hôpital Notre-Dame-du-Lac dans le Témiscouata, c’est une pénurie de personnel infirmier qui entraîne l’interruption des services d’obstétrique, du 24 au 28.

Scénario similaire à Lac-Mégantic, en Estrie, où la fermeture de l’aile obstétrique doit faire l’objet d’une réévaluation le 30 décembre.

L’effort de délestage a commencé mercredi dans Charlevoix, qui compte 120 cas actifs. Les services oncologiques de la région se concentrent désormais à l’hôpital de Baie-Saint-Paul et les chirurgies non urgentes sont reportées pour une période minimale d’un mois.

Sur la Côte-Nord, la santé publique craint que les six lits dédiés aux patients COVID ne suffisent plus devant la croissance rapide des cas.

 

« La première semaine de décembre, nous avions seulement deux cas. Entre le 12 et le 18, nous avons eu 72 cas. Cette semaine, nous sommes déjà à 100 cas », rappelle le directeur régional de santé publique, Dr Richard Fachehoun.

À l’approche des Fêtes, il implore la population nord-côtière de demeurer prudente et de limiter leur célébration à deux bulles familiales.

« Partagez des cadeaux, mais pas le virus », conclut le Dr Fachehoun.



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