Fronde de syndicats de la santé contre le gouvernement

«L’enjeu de pénurie de personnel dans le réseau de la santé et des services sociaux n’a rien à voir avec l’urgence sanitaire», plaident la FSSS, la FSQ, la FIQ et la FIQP, le SQEES et le SCFP dans un communiqué conjoint.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir «L’enjeu de pénurie de personnel dans le réseau de la santé et des services sociaux n’a rien à voir avec l’urgence sanitaire», plaident la FSSS, la FSQ, la FIQ et la FIQP, le SQEES et le SCFP dans un communiqué conjoint.

Le torchon brûle entre le gouvernement québécois et des syndicats de la santé. Cinq organisations d’infirmiers et d’infirmières ont déposé une plainte au tribunal administratif du travail afin d’empêcher le gouvernement d’utiliser les pouvoirs de l’état d’urgence sanitaire pour combattre la pénurie de main-d’œuvre.

« L’enjeu de pénurie de personnel dans le réseau de la santé et des services sociaux n’a rien à voir avec l’urgence sanitaire, car la crise des conditions de travail et la pénurie qui en découle existaient bien avant la pandémie. Le recours à un arrêté ministériel dans ce contexte est injustifiable », plaident la FSSS, la FSQ, la FIQ et la FIQP, le SQEES et le SCFP dans un communiqué conjoint.

Cette plainte d’entrave au travail syndical est formulée environ une semaine après une sortie publique des syndicats dénonçant cette pratique. La réplique du ministre de la Santé Christian Dubé n’avait pas tardé. Les deux parties s’accusent mutuellement d’entraver le recrutement de personnel en santé par des propositions inefficaces.

« Les syndicats, à titre d’agents négociateurs nommés par la loi, sont incontestablement les mieux placés pour guider le gouvernement dans la mise en place de mesures efficaces. Aujourd’hui, c’est à nos membres et à la population que nous pensons », clament mercredi les cinq organisations.

Bien qu’ils « saluent » le plan d’un milliard de dollars du gouvernement pour contrer la fuite des infirmières, ils contestent « le contournement du processus de négociation » de Québec. Christian Dubé affirmait la semaine dernière leur avoir tendu la main, notamment pour assouplir les conditions associées aux primes d’attraction et de rétention du personnel.

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