L’efficacité des vaccins contre la COVID-19 diminue, disent des études

Les preuves du déclin de l’efficacité des vaccins contre la COVID-19 s’accumulent. Même si la protection contre les infections et les hospitalisations reste élevée, de plus en plus de gouvernements ouvrent la porte à une dose de rappel.

Québec recommande depuis la semaine dernière une dose de rappel pour toutes les personnes de plus de 70 ans et celles ayant reçu deux doses du vaccin d’AstraZeneca. Les États-Unis et la France ont fait de même récemment. Certains pays comme Israël vaccinent déjà toute leur population avec ce vaccin à dose réduite.

 

L’analyse de trois études (faites en Suède, au Royaume-Uni et au Canada ) indique que l’immunité faiblit après environ six mois. Rappelons que la vaccination n’a débuté qu’en décembre 2020, d’où les limites des données.

«Le déclin de l’efficacité des vaccins n’est pas surprenant. Mais nous ne savions pas combien de temps allait durer cette haute immunité», note le Dr Jörg Hermann Fritz, du Département de microbiologie de l’Université McGill.

Ce déclin s’observe surtout dans l’efficacité du vaccin à prévenir les infections. La vaccination demeure très efficace pour protéger contre les formes graves de la COVID-19.

Selon le Dr Fritz, la troisième dose risque tôt ou tard d’être recommandée pour tous. «Le Canada en général et le Québec en particulier ne devraient pas attendre trop longtemps avant de distribuer des troisièmes doses à toute la population», ajoute-t-il.

Les effets secondaires de cette troisième dose ressemblent à ceux de la deuxième, avec peut-être une diminution de leur intensité, selon les études les plus récentes.

Vers une quatrième dose?

Le déclin de l’efficacité des vaccins laisse croire que la troisième dose pourrait aussi un jour perdre en efficacité. Quant à une potentielle quatrième dose, le microbiologiste reste prudent. «En ce moment, c’est vraiment dur à dire. Ça va aussi dépendre de l’évolution de la pandémie.»

C’est surtout l’apparition d’une nouvelle génération de vaccins aux effets durables qui pourrait changer la donne, selon lui.

«La plupart des vaccins actuels ciblent seulement la protéine S du virus. C’est en effet crucial et important, mais il y a d’autres protéines dans le virus qui peuvent être ciblées par le système immunitaire et qui peuvent contribuer à faire perdurer les effets du vaccin, comme la protéine M ou la protéine N», explique le Dr Jörg Hermann Fritz. «Mais il faut nécessairement se faire vacciner une première fois, d’abord et avant tout.»

 

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le courrier du coronavirus » du 15 novembre 2021. Pour vous abonner, cliquez ici.

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