La santé des tout-petits s’est fragilisée avec la pandémie

Les Québécois de 0 à 5 ans ont vu leur santé mentale fragilisée par la pandémie.
Annik MH de Careful (Archives) Le Devoir Les Québécois de 0 à 5 ans ont vu leur santé mentale fragilisée par la pandémie.

Plus de 120 000 Québécois sont nés depuis le début de la pandémie. Leur santé, comme celle de tous les 0-5 ans, s’est fragilisée avec la crise.

C’est la conclusion du plus récent portrait de l’Observatoire des tout-petits, paru mardi.

« Les enfants sont parmi ceux dont la santé mentale s’est le plus détériorée durant la pandémie de COVID-19 », note Fannie Dagenais, directrice de l’Observatoire.

« Dans un contexte où [l’enfant] reste isolé à la maison, où il n’a plus de contexte de socialisation comme avant, dans un contexte où les parents aussi sont stressés, les comportements d’agressivité, d’anxiété, les difficultés de sommeil ont augmenté », observe Julie Brousseau, psychologue au Centre de réadaptation Marie Enfant du CHU Sainte-Justine.

La perte de la routine, de repères et de stabilité — essentiels au développement de l’enfant — explique largement cette détérioration.

Le déferlement d’écrans dans nos vies nuit aussi à la santé cognitive des enfants, note Julie Brousseau. « Je vois des enfants de plus en plus jeunes [qui utilisent les écrans]. Ils ont deux ans avec un cellulaire dans les mains et ils font plein de choses là-dessus. Ils sont tout petits. Ce n’est pas négatif, mais il faut regarder des livres aussi. Il faut un équilibre. »

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Le trop-plein d’explications sur les mécanismes de la pandémie peut aussi troubler les jeunes enfants, renchérit la psychologue. « J’ai vu beaucoup de petits qui me sont arrivés et qui en connaissaient beaucoup sur la COVID-19. C’est correct d’en connaître, mais quand les anxiétés parentales sont trop transmises aux enfants, les enfants n’ont pas la capacité de raisonner et de faire la part des choses. »

Bien que beaucoup d’études sont encore en cours pour déterminer les effets à long terme de la pandémie sur les tout-petits, Fannie Dagenais appelle à la prudence. « On ne doit pas penser, étant donné que les mesures sont toutes en train de s’alléger, qu’on n’a plus besoin de s’en préoccuper. Il se peut que l’isolement social qu’ont vécu les parents et les tout-petits continue d’avoir des répercussions. On doit vraiment être aux aguets. »

Julie Brousseau estime quant à elle que si les sources de stress ne sont que temporaires et que les tout-petits peuvent reprendre leur routine, « l’anxiété va diminuer ».

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le courrier du coronavirus » du 15 novembre 2021. Pour vous abonner, cliquez ici.



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