Une troisième dose de vaccin recommandée pour les gens immunosupprimés ou sous dialyse

Cette troisième dose pour les personnes immunosupprimées ou dialysées doit être considérée comme un renforcement de la vaccination de base qu'ils ont déjà reçu et non comme une dose de rappel, souligne le Comité sur l’immunisation du Québec.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Cette troisième dose pour les personnes immunosupprimées ou dialysées doit être considérée comme un renforcement de la vaccination de base qu'ils ont déjà reçu et non comme une dose de rappel, souligne le Comité sur l’immunisation du Québec.

Le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) recommande d’administrer une troisième dose de vaccin contre la COVID-19 aux personnes immunodéprimées ou qui suivent un traitement de dialyse « afin de leur offrir une meilleure protection » contre la maladie.

Cette dose additionnelle doit être considérée comme un renforcement de la vaccination de base, et non pas comme une dose de rappel, souligne le comité-conseil dans un avis publié lundi. Une telle recommandation est déjà appliquée dans plusieurs pays, dont en France et aux États-Unis.

La mesure concerne seulement 1 à 2 % de la population : les personnes ayant reçu une greffe d’organe, celles qui reçoivent des traitements de chimiothérapie ou de radiothérapie ou encore celles qui prennent des médicaments qui affaiblissent leur système immunitaire, par exemple.

« Il arrive souvent que ces personnes ne répondent pas aux deux premières doses en raison d’un problème de santé qui affecte leur système immunitaire. Elles devraient recevoir une troisième dose d’un vaccin à ARN messager dans un délai de quatre semaines ou plus après la deuxième dose pour améliorer leurs défenses contre la COVID-19 », explique le Dr Nicholas Brousseau, médecin spécialiste à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et président du CIQ.

Dans la mesure du possible, une dose d’un vaccin contre la COVID-19 à ARNm (Pfizer-BioNTech ou Moderna) devrait être administrée aux personnes immunodéprimées, recommande le CIQ, même pour celles ayant reçu auparavant celui d’AstraZeneca, a précisé le ministère de la Santé dans un communiqué. De plus, le CIQ rappelle qu’il juge « essentiel » que les proches d’une personne immunodéprimée soient adéquatement vaccinés.

Les personnes concernées pourront se présenter dès maintenant dans les cliniques de vaccination sans rendez-vous. Pour celles qui souhaitent prendre rendez-vous en ligne, le ministère de la Santé indique que la plateforme Clic Santé doit être bientôt mise à jour au cours des prochains jours afin d’offrir cette option.

Pas de troisième dose en CHSLD

Par contre, dans un autre avis, le CIQ ne recommande pas pour l’instant l’administration d’une troisième dose de vaccins aux résidents des centres d’hébergement et de soins de longue durée de la province.

Le Québec avait choisi d’allonger le délai entre les deux doses au-delà de l’intervalle recommandé par les fabricants de vaccins. Cela « semble avoir favorisé une meilleure protection », est-il précisé dans l’avis, qui ajoute que cette stratégie québécoise fait aussi en sorte que la deuxième dose a été offerte plus récemment aux résidents de CHSLD du Québec comparativement à d’autres provinces ou pays.

De plus, l’incidence de la COVID-19 est actuellement très faible dans ces milieux, rapporte le CIQ.

La circulation croissante du variant Delta, « hautement transmissible », préoccupe toutefois les autorités sanitaires, qui affirment suivre de près la situation dans les CHSLD. « Au besoin, une dose de rappel sera considérée pour certains groupes de la population afin de réactiver leur mémoire immunitaire. »



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