Bien plus de risques d’avoir des caillots sanguins avec la COVID-19 qu’après le vaccin

Les chercheurs ont constaté qu’il existait un «risque accru» de développer des caillots sanguins après s’être fait vacciner, mais que ce risque était «beaucoup plus faible que celui associé à l’infection par le SRAS-CoV-2».
Photo: Patrick T. Fallon Archives Agence France-Presse Les chercheurs ont constaté qu’il existait un «risque accru» de développer des caillots sanguins après s’être fait vacciner, mais que ce risque était «beaucoup plus faible que celui associé à l’infection par le SRAS-CoV-2».

Le risque de développer des caillots sanguins est beaucoup moins élevé après s’être fait vacciner contre la COVID-19 qu’en contractant cette maladie, indique vendredi la plus large étude à ce jour sur les effets secondaires liés au vaccin.

L’étude publiée dans le British Medical Journal (BMJ) a comparé les données médicales de 29 millions de personnes ayant reçu leur première dose de Pfizer-BioNtech ou d’Oxford-AstraZeneca entre décembre 2020 et avril 2021 avec celles de presque deux millions de personnes testées positives au coronavirus.

Alors que des craintes liées aux caillots sanguins ont ralenti l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca, les chercheurs ont constaté qu’il existait en effet un « risque accru » d’en développer après s’être fait vacciner, mais que ce risque était « beaucoup plus faible que celui associé à l’infection par le SRAS-CoV-2 ».

Le risque de développer une thrombose veineuse (phlébite) est presque 200 fois plus élevé en attrapant la COVID-19 (12 614 cas supplémentaires sur 10 millions) qu’en se faisant vacciner avec AstraZeneca (66 cas supplémentaires). Concernant les thromboses artérielles, aucun cas excédentaire n’a été constaté pour l’un ou l’autre des vaccins, mais 5000 cas supplémentaires sur 10 millions de personnes ont été observés chez celles ayant eu la COVID-19. Aussi, les personnes atteintes par le virus risquent 11 fois plus d’être sujettes à un accident vasculaire cérébral (1699 cas supplémentaires sur 10 millions de personnes) que celles vaccinées avec Pfizer (143 cas supplémentaires).

« La grande majorité des patients se portera parfaitement bien avec ces vaccins », a déclaré à la BBC la chercheuse à la tête de l’étude Julia Hippisley-Cox, affirmant qu’il fallait « replacer dans leur contexte » les « très rares cas » de caillots sanguins.

La professeure en épidémiologie à Oxford a en outre souligné que ce risque accru de développer des caillots était concentré sur des périodes plus « spécifiques et courtes » avec les vaccins (« 15 à 21 jours après l’administration » de Pfizer pour les AVC, « 8 à 14 jours pour la thrombocytopénie avec AstraZeneca ») qu’après avoir attrapé la COVID-19, où le risque se prolonge « sur 28 jours après l’infection ».

Cette étude intervient alors que plusieurs pays ont cessé d’utiliser le vaccin d’AstraZeneca (ou le réservent à une population plus âgée) en raison de ces craintes liées à la formation de caillots.

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