La vaccination de tous les Québécois contre la COVID-19 devrait commencer «vers la fin mai»

Le ministre québécois de la Santé, Christian Dubé
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne Le ministre québécois de la Santé, Christian Dubé

La vaccination de la population générale du Québec devrait commencer « vers la fin mai », estime le ministre de la Santé, Christian Dubé. La campagne est ouverte depuis mercredi à certaines personnes souffrant de maladies chroniques et à certains travailleurs essentiels, comme les enseignants.

« Un million de personnes qu’on devrait vacciner entre la mi-avril et la fin mai et on a assez de vaccins et même plus pour faire ces catégories-là, faire toutes les deuxièmes doses et faire les travailleurs de la santé qu’il nous reste, a-t-il expliqué lors d’une mêlée de presse jeudi. Ce qui veut dire que, vers la fin mai, on va être capables d’avoir réglé les catégories 8 et 9 et on va pouvoir passer à la population en général. »

Ce sont donc 3,4 millions de Québécois âgés de moins de 60 ans qui recevront leur injection en un mois. Le gouvernement s’est donné pour objectif de vacciner tous les adultes qui le souhaitent d’ici le 24 juin. Le ministre Dubé espère pouvoir bientôt ouvrir la plateforme pour la prise de rendez-vous.

La Beauce sous pression

Il était de passage en Beauce, où le nombre de cas de COVID-19 a explosé récemment. « Moi, ce que je dis aux Beaucerons, c’est : prenez conscience de la gravité de la situation, a-t-il souligné. Ce virus-là, celui qu’on a en ce moment, le variant, il est trois ou quatre fois pire que ce qu’on a vécu dans la deuxième vague. » Il les a invités à respecter les mesures sanitaires pour limiter la propagation de la maladie.

Il a également incité les personnes de 55 ans et plus à se faire vacciner le plus rapidement possible. « Si vous avez l’opportunité de venir chercher un AstraZeneca aujourd’hui au lieu d’attendre de six à huit semaines pour la prochaine fois où vous pouvez vous faire vacciner, moi, je n’hésiterais pas », a-t-il dit, en rappelant qu’il en avait lui-même reçu une dose. Il a fait valoir que le Québec compte présentement 200 000 doses de ce vaccin mal-aimé, alors que les doses du vaccin de Moderna sont en retard et que celles du vaccin de Pfizer-BioNTech sont plus limitées.

Doses en réserve

M. Dubé espère que la Santé publique autorisera l’inoculation du vaccin d’AstraZeneca à de nouvelles catégories d’âge. « Comme il nous reste 200 000 vaccins d’AstraZeneca qui n’étaient pas prévus, ça pourrait nous permettre d’accélérer [la vaccination de] la population en général avant la fin mai », a-t-il affirmé.

Le ministère de la Santé a suspendu l’usage de ce vaccin pour les moins de 55 ans il y a deux semaines. De très rares cas de thromboses sont survenus dans les semaines suivant l’injection du vaccin, surtout chez des femmes de moins de 55 ans. Des cas avaient d’abord été rapportés dans certains pays européens, mais un premier cas est survenu au Québec récemment.

Le ministre Dubé ne s’est pas étonné que certains centres de vaccination ne soient pas achalandés. « On savait en ouvrant plusieurs centres qu’au début on allait avoir des gens qui allaient se tourner les pouces, a-t-il révélé. On le savait parce qu’on a ouvert [ces centres] pour être capables de vacciner de 100 000 à 125 000 personnes par jour. Vous savez qu’en juin, on va recevoir quatre millions de vaccins. » Il a ajouté que 10 000 vaccinateurs ont été formés au cours des derniers mois.

Par ailleurs, les personnes atteintes de maladies chroniques qui ne font pas partie de la liste prioritaire pour la vaccination pourront tout de même recevoir leur injection en pharmacie. Le ministre Dubé a dit leur avoir donné cette « flexibilité » lors de discussions qui ont eu lieu « dans les dernières 24 heures ». « Le pharmacien peut prendre cette décision-là », a-t-il indiqué. Il a précisé que les pharmacies détiennent environ 100 000 doses du vaccin d’AstraZeneca et recevront 100 000 doses supplémentaires du vaccin de Moderna lors de la prochaine livraison.

Seuls les gens déjà hospitalisés à risque de complications de la COVID-19, les patients qui exigent une dialyse, les greffés et ceux qui suivent un traitement contre le cancer de même que les personnes dont l’inoculation doit être supervisée par un allergologue pouvaient à l’origine recevoir une première dose de vaccin par l’entremise de leur établissement de santé.

Avec Guillaume St-Hilaire

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