Pas de retour à la normale avant le 24 juin, avertit François Legault

Le Directeur de la santé publique, Horacio Arruda, le Premier ministre, François Legault, et le ministre de la Santé, Christian Dubé en conférence de presse.
Photo: Jacques Boissinot La Presse Canadienne Le Directeur de la santé publique, Horacio Arruda, le Premier ministre, François Legault, et le ministre de la Santé, Christian Dubé en conférence de presse.

Le retour à la vie normale ne se compte plus en nombre de semaines, mais en nombre de mois. Le premier ministre François Legault ne l’envisage pas avant le 24 juin, date butoir pour l’administration d’une première dose à tous les adultes québécois et qui coïncide également avec la fin de l’année scolaire.

« On peut penser qu’il y a beaucoup d’incertitude pour les deux prochains mois, a-t-il affirmé en conférence de presse mardi. Donc, on a deux gros mois devant nous. Je trouve ça terrible de dire ça. J’aimerais mieux être en train de vous dire : on a quelques semaines difficiles devant nous. »

La transmission fulgurante du variant britannique, les ravages qu’il fait chez les adultes qui ne sont pas vaccinés et la hausse des hospitalisations chez les plus jeunes a changé la donne. La vaccination des personnes âgées n’est plus suffisante pour pouvoir assouplir certaines mesures.

François Legault a d’ailleurs incité les jeunes générations à être prudentes. « Ça fait un an qu’on vous dit : soyez solidaires des plus vieux, mais là, actuellement, c’est votre santé qui est en jeu, a-t-il souligné. Il y a des jeunes adultes qui vont à l’hôpital, puis qui ont des conséquences graves. »

Les régions de la Capitale-Nationale, de Chaudière-Appalaches et de l’Outaouais continuent particulièrement de préoccuper le gouvernement. Il s’attend ce que les hospitalisations y augmentent à court terme. « Ce qu’on voit, c’est que la situation reste grave, puis malheureusement risque de s’aggraver encore plus dans les prochaines semaines » , a-t-il mis en garde.

Par conséquent, les mesures d’urgence qui avaient été imposées dans ces trois régions au début du mois sont prolongées jusqu’au 25 avril. Les commerces essentiels et les écoles demeurent donc fermés et le couvre-feu à 20 h continue d’être imposé. Ces mesures s’appliqueront dès mercredi 20 h à l’ensemble de Chaudière-Appalaches et de l’Outaouais puisque la transmission du variant n’est plus circonscrite à Lévis et à Gatineau.

« Ça peut exploser dans n’importe laquelle des régions du Québec », a prévu le premier ministre, qui n’exclut pas la possibilité d’appliquer ces mesures à d’autres régions au cours des prochains jours.

Il s’inquiète de la situation à Montréal et à Laval, où le nombre de cas demeure « élevé, mais stable ». Il n’écarte pas la possibilité de fermer les écoles du Grand Montréal si la situation sanitaire se dégrade au cours des prochaines semaines. Le couvre-feu à 20 h est maintenu, mais aucune nouvelle mesure n’est ajoutée. Les commerces non essentiels peuvent donc rester ouverts pour l’instant.

« On voit aussi, dans la couronne autour de Montréal, donc Montérégie, Laurentides, Lanaudière — la partie CMM, ou ce qu’on appelle 450 — qu’il y a une certaine augmentation, a-t-il noté. Donc, on surveille de très proche. »

Ailleurs au Québec, la Côte-Nord passera de la zone jaune à la zone orange mercredi à 20 h. Les voyages non essentiels en provenance d’autres régions y sont interdits, tout comme dans le Nord-du-Québec et dans la région Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, qui demeurent en zone jaune.

Tests rapides à la rescousse

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a laissé entendre que les millions de tests rapides envoyés au Québec par le gouvernement fédéral seront finalement utilisés pour tenter de juguler la pandémie dans les régions aux prises avec de nombreuses éclosions. Seulement une infime fraction avait servi depuis l’automne.

« Il y a eu un ajustement que j’apprécie beaucoup du côté de la Santé publique avec les tests rapides », a-t-il indiqué. L’obligation de transmettre le résultat de ce test de dépistage qui se fait en 15 minutes ou moins est levée. « On ne veut pas savoir le résultat, on veut juste savoir si la personne est déclarée positive, a-t-il ajouté. Dans le cas de ceux qui sont déclarés positifs, allez faire un test PCR. Ça n’a l’air de rien, mais c’est une très, très grosse différence. »

Parallèlement, la campagne de vaccination continue de s’élargir : les malades chroniques et les travailleurs essentiels de partout au Québec pourront prendre rendez-vous dès mercredi pour se faire vacciner contre la COVID-19. C’est un million de personnes en tout qui s’ajouteront au cours des prochaines semaines aux deux millions de Québécois déjà vaccinés.

Seuls les gens déjà hospitalisés à risque de complications de la COVID-19, les patients qui exigent une dialyse, les greffés et ceux qui suivent un traitement contre le cancer de même que les personnes dont l’inoculation doit être supervisée par un allergologue recevront une première dose. Il revient à leur établissement de santé de les contacter pour prendre rendez-vous.

Les travailleurs essentiels sont invités à s’inscrire en ligne (www.Quebec.ca/vaccinCOVID). Il s’agit des enseignants, du personnel des garderies et de la sécurité publique, des travailleurs étrangers agricoles, des employés des abattoirs, ceux du secteur minier en région éloignée et les travailleurs des organismes communautaires financés par Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC). Une preuve d’emploi sera exigée lors du rendez-vous.

Avec Guillaume St-Hilaire


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