Des tests de plomb dont les résultats se font attendre

Le plomb est un métal toxique qui, même en petite dose, nuit à la santé. Les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables à ses effets.
Photo: Mychele Daniau Agence France-Presse Le plomb est un métal toxique qui, même en petite dose, nuit à la santé. Les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables à ses effets.

Mesurer la concentration de plomb dans l’eau des écoles québécoises semble prendre plus de temps que prévu. Le gouvernement vient tout juste de repousser la date butoir de l’exercice. En parallèle, l’Ordre des chimistes du Québec (OCQ), qui a demandé un état des lieux au ministère de l’Éducation en février, attend toujours un retour.

« On ne veut pas ameuter la population, on veut juste avoir des réponses », soutient en entretien Michel Alsayegh, le président de cet ordre professionnel qui a pour mission de protéger le public des risques de nature chimique.

L’OCQ a envoyé le 23 février une lettre au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, pour lui poser quelques questions. Quelles démarches ont été entreprises afin de rectifier la situation ? Qu’est-ce qu’il reste à faire ? Quelle méthode a été utilisée pour effectuer l’analyse du plomb dans l’eau ? Quels sont les résultats pour chaque école du Québec ? Selon M. Alsayegh, cette lettre est restée sans réponse.

« Ça fait déjà un an et demi [depuis que Québec a exigé les tests]. On comprend qu’il y a eu la COVID, mais on est préoccupés par le retard », dit le chimiste.

Le plomb est un métal toxique qui, même en petite dose, nuit à la santé. Les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables à ses effets. Une exposition au plomb peut nuire au développement de leur cerveau.

En octobre 2019, le gouvernement de François Legault a exigé que tous les points d’eau utilisés pour boire ou cuisiner dans les écoles fassent l’objet d’un test de plomb. Cette décision faisait suite à la publication de reportages dans Le Devoir et La Presse faisant état de concentrations inquiétantes dans certaines écoles et garderies de la province.

La date butoir pour la réalisation des tests, initialement fixée au 23 juin 2020, a été repoussée de plusieurs mois en raison de la pandémie. L’exercice est terminé depuis l’automne dernier dans les écoles primaires, mais devait s’achever au plus tard le 1er mars 2021 dans les écoles secondaires.

Alors que ce calendrier était toujours de mise lundi, une page Web du ministère de l’Éducation indique dorénavant que les centres de services scolaires (CSS) et les écoles privées ont jusqu’au « printemps 2021 » pour procéder aux tests dans les écoles secondaires et les établissements de formation générale des adultes et de formation professionnelle.

« Ce report pour le niveau du secondaire s’explique notamment par la fermeture des écoles le printemps dernier dans le contexte pandémique, mais également par le fait que les [CSS et les commissions scolaires] ont été grandement sollicités en termes d’effectifs avec les mesures mises en place pour la COVID », explique Bryan St-Louis, le responsable des relations de presse du ministère de l’Éducation, dans un courriel adressé au Devoir.

« Le Ministère complètera sous peu l’analyse des résultats liés à la campagne de dépistage du plomb dans l’eau potable des établissements scolaires pour les niveaux préscolaire et primaire », ajoute-t-il. Tous les résultats seront rendus publics « dès que possible ». 

Exercice terminé dans la capitale

À Québec, c’est déjà chose faite. Le CSS de la Capitale (CSSC) vient d’achever les analyses et toutes les concentrations mesurées sont disponibles en ligne. « Les résultats sont généralement bons », soutient la porte-parole Marie-Claude Lavoie dans un courriel en réponse à nos questions.

Les techniciens du CSSC ont prélevé deux échantillons à chaque point d’eau : l’un après six heures sans laisser couler l’eau, l’autre après 30 secondes de rinçage. Les fontaines où au moins un test excède 5 microgrammes par litre ont été condamnées. Les robinets hors-norme sont réservés au lavage des mains ou bien sont munis d’une affichette qui demande de laisser couler l’eau une minute avant de la consommer.

Des correctifs à long terme ont également été apportés à certains points d’eau : des appareils de plomberie ont été remplacés, des filtres ont été installés. À l’été 2020, la tuyauterie de certains établissements a été partiellement ou complètement remplacée.

L’été prochain, le réseau complet d’eau potable de cinq écoles primaires du CSSC sera remplacé. « L’objectif de ces projets est, d’une part, d’éliminer le plomb, mais aussi de remplacer des réseaux désuets », explique Mme Lavoie.
 



Ce texte a été mis à jour après publication.

 

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