Montréal demeure l’épicentre de la COVID-19 au Québec

La directrice régionale de santé publique de Montréal, Dre Mylène Drouin
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La directrice régionale de santé publique de Montréal, Dre Mylène Drouin

Montréal demeure « l’épicentre » de la COVID-19 au Québec, et ses hôpitaux sont « à pleine capacité », a déclaré la Santé publique de la métropole, vendredi.

Si elle voit quelques signes encourageants sur le terrain, des inquiétudes demeurent sur son radar, dont beaucoup d’éclosions actives dans le réseau de la santé et une hausse de celles dans les CHSLD.

La directrice régionale de santé publique de Montréal, Dre Mylène Drouin, a fait le point sur la situation de la métropole vendredi matin, accompagnée de Sonia Bélanger, la p.-d.g. du CIUSSS du Centre-Sud de l’Île de Montréal.

Il y a plus de 400 éclosions actives sur le territoire montréalais, a souligné Dre Drouin, dont plus de 140 dans le réseau de la santé. « Ça demeure encore préoccupant. »

Quant aux hôpitaux, « ils sont actuellement à pleine capacité », a déclaré Mme Bélanger.

Il y a 696 patients hospitalisés, dont 112 aux soins intensifs.

Outre le haut taux d’occupation des lits, il manque beaucoup de personnel, a poursuivi Mme Bélanger : plus de 1000 travailleurs, en fait. Soit parce qu’ils ont été infectés par la COVID-19, parce qu’ils sont en attente de leurs résultats de tests ou encore parce qu’ils sont en retrait préventif.

Cela affecte la capacité à donner des soins, fait remarquer la p.-d.g.

Et dans les différentes résidences pour aînés, dont les CHSLD, 121 éclosions sont en cours, ce qui représente une hausse par rapport à la semaine précédente.

Bref, « on est toujours l’épicentre de la COVID-19 au Québec ».

Les itinérants

Le nombre d’itinérants infectés par la COVID-19 est, lui aussi, en hausse.

Une éclosion « assez généralisée » dans plusieurs milieux est en cours, a expliqué Dre Drouin, alors que 192 cas ont été rapportés depuis le mois de décembre, en plus de 82 travailleurs communautaires dédiés à cette population.

Leur situation est particulièrement difficile et ajoute un niveau de complexité pour les efforts de la Santé publique, puisque les itinérants fréquentent différents endroits au cours d’une journée : un refuge de nuit, un autre de jour et parfois des haltes chaleur au cours de la journée.

Depuis que le couvre-feu a été imposé, des itinérants craignent de recevoir des contraventions s’ils sont interceptés dehors entre 20 h et 5 h du matin. Des voix se sont élevées pour réclamer qu’ils en soient exemptés, surtout dans un contexte où il n’y a pas assez de places en refuge pour tous les accueillir.

Ainsi, la Santé publique a souligné que d’autres places en refuge ont été ajoutées : 112 au Centre Pierre-Charbonneau, dans l’Est de la ville, et un autre lieu est en cours d’installation dans un stade de soccer.

La vaccination de cette population vulnérable a par ailleurs débuté et quelque 500 d’entre eux ont reçu une première dose, a dit Dre Drouin. Plus de 1150 doses leur ont été réservées.

Les bonnes nouvelles

Selon la Dre Drouin, Montréal commence à voir l’effet des mesures plus strictes prises par la population.

Elle a notamment relevé que le taux de reproduction du virus est passé sous la barre de « un », ce qui signifie que chaque personne infectée génère, en moyenne, moins d’un autre cas.

La vaccination contre la COVID-19 se poursuit, alors que plus de 43 000 Montréalais ont été inoculés. Les travailleurs dans les hôpitaux ont commencé à recevoir leur première dose la semaine dernière, maintenant que les résidants des CHSLD et leurs travailleurs l’ont tous reçue.

Mais vu les autres problèmes décelés sur le territoire, Dre Drouin estime d’ailleurs que Montréal devra faire des efforts probablement pendant encore « quelques semaines ».

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