Un CHSLD de Montréal envoie 20 de ses résidents à l’hôpital

Les foyers de soins de longue durée du Québec ont été durement touchés lors de la première vague de la pandémie au printemps dernier. 
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les foyers de soins de longue durée du Québec ont été durement touchés lors de la première vague de la pandémie au printemps dernier. 

Le centre gériatrique Maimonides a envoyé dimanche 20 résidents dans deux hôpitaux montréalais après qu’une éclosion de COVID-19 eut fait 10 morts jusqu’ici et suscité l’inquiétude des responsables et des familles.

« Ce que nous voulons, c’est la sûreté de nos résidents. C’est pourquoi nous avons pris cette décision », a indiqué en entrevue la présidente-directrice générale adjointe du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, France Dupuis.

Dix-huit résidents du Centre gériatrique Maimonides ont été envoyés à l’hôpital Hôtel-Dieu alors que deux autres ont été transférés à l’Hôpital général juif de Montréal. Dix résidents infectés sur la voie de la guérison sont demeurés dans leurs chambres du CHSLD après avoir été vus par un médecin.

Ces transferts sont intervenus unjour après que le CIUSSS a annoncé son intention de fermer une zone chaude dans l’établissement, qui comptait 30 résidents atteints de la COVID-19, pour essayer d’endiguer la propagation du virus.

L’éclosion a éclaté après qu’un soignant asymptomatique fut entré dans l’établissement. Il a ensuite été déclaré positif à la COVID-19, a fait savoir Mme Dupuis. « Même s’il n’y a qu’une personne, c’est comme un incendie : ça va très vite, les gens sont infectés très vite », a-t-elle souligné.

La situation a suscité de vives inquiétudes parmi les proches des résidents, qui ont organisé jeudi une manifestation devant l’établissement pour exiger plus de soutien. Le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, a déclaré le jour même qu’il avait demandé un rapport sur la situation et sur la nécessité de disposer de personnel supplémentaire.

Les CHSLD et les résidences pour aînés ont été durement touchés par la COVID-19 au printemps dernier. De nombreux établissements manquaient de personnel et, dans certains cas, le personnel se déplaçait d’un centre à l’autre, ce qui permettait au virus de se propager plus facilement.

Mme Dupuis a indiqué que son CIUSSS avait maintenant l’intention de rendre obligatoire pour les soignants l’obtention d’un résultat négatif au virus avant d’entrer dans les établissements de soins de longue durée.

« Le gouvernement nous permet également maintenant de le rendre obligatoire pour le personnel, ce qui n’était pas le cas auparavant », a-t-elle dit, ajoutant que les lacunes sont encore inévitables. « Mais au moins, nous serons plus sévères dans notre système de contrôle. »

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