Le CHSLD Herron fermera ses portes

Le CHSLD privé Herron de Dorval, où plus de 50 résidents ont perdu la vie lors de la première vague de COVID-19, fermera ses portes dans la prochaine année.

Ce sont les exploitants de l’établissement, le groupe Katasa, qui ont décidé de mettre fin à leurs activités, a confirmé lundi le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal. À la demande du ministère de la Santé, ce dernier devra « planifier la relocalisation de l’ensemble des résidents vers de nouveaux milieux de vie sur son territoire » au cours des 6 à 12 prochains mois, précise le CIUSSS.

« Ce qui était notre décision la plus difficile, ce n’est pas tellement de fermer [le CHSLD], ce qui, à mon sens, était la seule décision à prendre, mais c’était de s’assurer que nous allons avoir une transition correcte pour ceux qui restaient là », a dit le ministre de la Santé, Christian Dubé, lors d’une conférence de presse virtuelle lundi midi.

La décision du gouvernement de ne pas « racheter les propriétaires » repose sur plusieurs raisons, que le ministre n’a toutefois pas précisées. « Ça ne change absolument rien à notre volonté de travailler avec des CHSLD qui sont privés et d’en conventionner d’autres. C’est-à-dire de les faire passer à un environnement public », a-t-il ajouté.

Les résidents de l’établissement Herron et leur famille seront rencontrés par le CIUSSS dans les prochaines semaines afin d’organiser leur transfert, qui se fera « de manière sécuritaire, tant pour les résidents que pour les milieux qui les accueilleront au cours des prochains mois », ajoute-t-on.

D’ici la fermeture complète, l’équipe du CIUSSS s’occupera de l’offre de soins et de services auprès des résidents. Une opération de recrutement sera toutefois organisée pour permettre aux employés de l’établissement de poursuivre leur carrière s’ils le souhaitent, mais au sein de l’équipe du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

Le groupe Katasa n’avait pas répondu au Devoir au moment où ces lignes étaient écrites.

Position de faiblesse

Le CHSLD Herron s’est fait tristement connaître en mars dernier lors de la première vague de COVID-19. En quelques semaines, des dizaines de résidents ont été emportés par le virus. Le manque de personnel dans l’établissement a été constaté le 29 mars, où seulement 3 employés étaient présents pour s’occuper des 133 personnes.

Les résidents ont été retrouvés dans un état dégradant, laissés à eux-mêmes. Plusieurs étaient complètement déshydratés et souillés par leurs excréments depuis des jours. D’autres ont été retrouvés sans vie. Devant le manque de collaboration des gestionnaires, l’établissement privé a été rapidement mis sous tutelle.

Une enquête administrative, demandée par le ministère de la Santé, a conclu en septembre que le CHSLD Herron s’est retrouvé en position de faiblesse face à la COVID-19 ce printemps en raison d’une organisation déficiente. L’enquêteur recommandait « de trouver des solutions définitives et permanentes dans la gouverne du CHSLD ».

D’autres enquêtes sont encore en cours — une du Service de police de la Ville de Montréal et une autre du Bureau du coroner — pour faire toute la lumière sur la situation. Des proches de résidents décédés ont également déposé une demande d’autorisation pour exercer une action collective. Des dédommagements de plus de 5 millions de dollars sont réclamés.

Le journal La Presse avait par ailleurs révélé en avril dernier le passé criminel du propriétaire du CHSLD Herron, Samir Chowieri, condamné pour complot d’importation de drogue et pour fraude dans les années 1980. L’homme aurait été dans la mire des autorités pendant plusieurs décennies.

Une région sous surveillance

La pandémie de COVID-19 ira en empirant au Saguenay–Lac-Saint-Jean, a déclaré lundi le ministre de la Santé, Christian Dubé, qui était dans cette région lundi pour faire passer un « message très, très clair », a-t-il dit. Le gouvernement n’a cependant annoncé aucune nouvelle mesure ou restriction. Il y a eu pas moins de 634 nouveaux cas en une semaine, selon ce qu’a rapporté la ministre responsable de la région, Andrée Laforest, aux côtés de M. Dubé. Il y a 73 éclosions actives et 27 milieux sous surveillance. Actuellement, il y a 817 cas actifs, « c’est énorme », a-t-elle pris la peine de préciser. Cependant, M. Dubé s’est limité à demander aux Saguenéens et aux Jeannois de « respecter les consignes ». Il n’y aura « pas de nouvelles règles », a-t-il fait savoir. Il en va toutefois tout autrement pour la région de l’Estrie, qui passera en zone rouge à compter de jeudi, avec toutes les restrictions que cela suppose. Les salles à manger des restaurants et les salles d’entraînement devront notamment fermer en Estrie, parce qu’une « hausse importante de nouveaux cas » a été observée, a dit le ministre de la Santé. Sur le total de 1169 nouveaux cas enregistrés au Québec dans les dernières 24 heures, on rapportait 54 cas en Estrie, tandis que, la semaine précédente, il y en avait eu entre 31 et 90 par jour, pour un total de 355.

La Presse canadienne

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