Porter le masque en tout temps à l’intérieur

Cette semaine, la Dre Theresa Tam recommandait de porter le masque en tout temps à l’intérieur, y compris dans les lieux de travail, et ce, même si une distance de deux mètres était maintenue entre les travailleurs. Cette nouvelle mesure en a surpris et inquiété plusieurs, sachant que la distanciation physique des deux mètres nous avait été présentée comme l’une des règles les plus importantes à respecter pour prévenir la transmission de la COVID-19.

« En tant qu’administratrice en chef de la Santé publique du Canada, la Dre Tam s’adresse à l’ensemble du Canada, mais ses recommandations de cette semaine visent plus particulièrement les provinces qui n’ont pas connu une première vague aussi meurtrière que celle qui a déferlé sur le Québec, comme notamment la Colombie Britannique, l’Alberta, le Manitoba et les provinces maritimes qui commencent à voir des éclosions de cas sur leur territoire », affirme le Dr Don Vinh, microbiologiste infectiologue au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) avant de faire remarquer qu’« au Québec, le port du masque est une mesure qui est déjà appliquée dans la plupart des édifices publics depuis un bon moment ».

Pourquoi la Dre Tam a-t-elle annoncé que l’on doit porter un masque même si on se tient scrupuleusement à deux mètres des autres, alors que cette dernière mesure est censée écarter le danger d’infection ?

« C’est probablement parce que l’Agence de la Santé publique du Canada a reconnu récemment, lors de la mise à jour de ses lignes directrices, que le SRAS-CoV-2 peut se transmettre sous forme de particules aéroportées (aérosols) dans certaines conditions, comme des lieux fermés mal ventilés. Et comme le changement de saison nous oblige à demeurer davantage à l’intérieur, on peut penser que la transmission du virus par voie aérienne devienne plus importante parce que les immeubles n’ont peut-être pas encore mis en marche leur ventilation optimale. Ce qui veut dire que garder une distance de deux mètres entre les personnes ne garantit pas une protection suffisante contre des virus qui circuleraient sous forme d’aérosols, d’où la recommandation de porter le masque », explique le Dr Vinh.

La transmission aérienne du SRAS-CoV-2 a été démontrée, par plusieurs études effectuées autant par des microbiologistes que des physiciens, rappelle-t-il. « Ce mode de transmission sera moins important dans des lieux bien ventilés et à l’extérieur, où les charges virales expulsées par une personne contaminée seront rapidement diluées, que dans des lieux clos dotés d’une ventilation déficiente. Le respect des deux mètres de distance dans des lieux clos mal ventilés risque de ne pas être suffisant. »

À la question, la Dre Cécile Tremblay, microbiologiste et infectiologue au CHUM, répond qu’elle « ne peut que spéculer que c’est parce qu’il y a beaucoup d’éclosions en milieu de travail et que fort probablement il est difficile de respecter la distance de deux mètres en général ».

 

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