Vaccination contre la grippe: plus de doses achetées par le gouvernement

Cette année, la vaccination ne sera plus offerte dans des cliniques sans rendez-vous qui pouvaient rassembler une clientèle nombreuse.
Photo: Ludovic Marin Agence France-Presse Cette année, la vaccination ne sera plus offerte dans des cliniques sans rendez-vous qui pouvaient rassembler une clientèle nombreuse.

Même si la saison de la grippe n’a pas encore commencé, la campagne de vaccination, quant à elle, débutera le 1er novembre et un plus grand nombre de doses a été acheté par le gouvernement afin de pouvoir immuniser toutes les personnes à risque d’hospitalisation, car on ne veut surtout pas encombrer les hôpitaux qui sont déjà aux prises avec la COVID-19.

Le fait que la saison de la grippe survient plus tôt dans l’hémisphère sud que chez nous nous permet de savoir ce qui nous attend. Or, en Australie, l’activité grippale s’est avérée très faible au moment où normalement elle devient épidémique. En Amérique du Sud et dans les Caraïbes, la grippe a également très peu sévi ces derniers mois. Au Québec, au Canada, voire aux États-Unis, celle-ci n’a pas encore fait son apparition. Dans ces deux pays, on recense 18 fois moins de cas que d’habitude à pareille date.

Néanmoins, ces bonnes nouvelles qui augurent un nombre de cas inférieur à celui des années passées ne doivent surtout pas nous inciter à délaisser la vaccination pour autant, car le virus de la grippe nous réserve parfois des surprises, a-t-on souligné lors d’un breffage technique sur la vaccination contre la grippe organisé par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS).

Suivant les recommandations du Comité sur l’immunisation du Québec, le MSSS offrira la vaccination gratuite en priorité aux personnes à risque de complications, et donc d’hospitalisation et de décès, soit les personnes âgées de 75 ans et plus et les personnes de plus de six mois souffrant d’une maladie chronique, telle que le diabète, une maladie cardiaque, pulmonaire, hépatique ou rénale, et un système immunitaire affaibli en raison d’un cancer ou de traitements anticancéreux et immunosuppresseurs. Les femmes enceintes aux deuxième et troisième trimestres de leur grossesse, ainsi que les personnes susceptibles de transmettre la grippe à des personnes à risque, c’est-à-dire celles qui habitent sous le même toit qu’un enfant de moins de six mois ou qu’un individu à risque élevé d’hospitalisation ou de décès, de même que les travailleurs de la santé prodiguant des soins directs aux patients et les aidants naturels.

Les personnes âgées de 60 à 74 ans qui sont en bonne santé ne sont pas considérées plus à risque d’hospitalisation que le reste de la population, c’est la raison pour laquelle elles ne représentent pas une population devant être vaccinée en priorité. Néanmoins, si les personnes de cette population le souhaitent, elles pourront recevoir le vaccin gratuitement. On leur recommande toutefois d’attendre quelques semaines avant de prendre rendez-vous afin que les personnes les plus à risque puissent être vaccinées en premier.

Si certaines personnes de cette population ont déjà eu quelques difficultés à obtenir un rendez-vous pour se faire vacciner, le MSSS l’explique par le fait que toutes les doses de vaccin ne sont pas livrées en même temps. Chaque année, les livraisons sont étalées dans le temps. Dès que de nouvelles doses arriveront, de nouvelles plages horaires seront offertes aux personnes moins prioritaires.

Cette année, la vaccination ne sera plus offerte dans des cliniques sans rendez-vous qui pouvaient rassembler une clientèle nombreuse. Afin que les mesures sanitaires puissent être respectées, elle exigera la prise d’un rendez-vous. Aux lieux habituels où on pouvait aller se faire vacciner s’ajoutent, cette année, les pharmacies.

Afin de s’assurer de ne pas manquer de doses de vaccins, le MSSS en a commandées plus de deux millions comparativement aux 1,6 million achetées l’année dernière. On dit que ce nombre de doses est amplement suffisant pour vacciner toutes les personnes vulnérables, et le ministère espère qu’au moins 80 % de cette population à risque se fera vacciner, car, a-t-on rappelé, les personnes qui sont à risque de complications, d’hospitalisation et de décès en raison de la grippe sont les mêmes que celles qui le sont pour la COVID-19.

La campagne de vaccination débutera le 1er novembre, soit un peu plus tard qu’en Ontario où elle a commencé à la fin de septembre. Le Québec a choisi de ne pas vacciner ces citoyens trop tôt car la protection que procure le vaccin diminue au fil des mois. On désire ainsi que les gens soient encore bien protégés au printemps, alors qu’on observe toujours une bonne activité du virus de l’influenza.

Le MSSS invite également les citoyens à respecter les mesures sanitaires qui sont recommandées pour prévenir la COVID-19, telles que le port du masque ou du couvre-visage, ainsi que l’hygiène respiratoire et des mains, car elles aideront également à nous protéger contre la grippe. Compte tenu du fait que la COVID-19 est plus contagieuse que la grippe, les mesures sanitaires adoptées pour la COVID-19 devraient donc aider à diminuer la transmission de la grippe qui entraîne habituellement environ 8000 hospitalisations pendant la saison hivernale. Comme nos hôpitaux sont déjà fort occupés par la COVID-19, il est plus important que jamais que les personnes vulnérables se fassent vacciner.