Legault «prêt à tout» pour réduire la surcharge de travail des infirmières

Le premier ministre François Legault s’est dit «prêt» à consentir des efforts financiers» supplémentaires pour « réduire la surcharge de travail » des infirmières, mais pas pour augmenter de manière importante leur rémunération.

« Je comprends la fatigue. Je comprends la frustration des infirmières », a-t-il déclaré au lendemain de manifestations d’infirmières, dont la convention collective est échue depuis le 31 mars dernier. «Je suis prêt à peu près à tout faire, je suis ouvert à toutes les solutions pour réduire la surcharge de travail des infirmières.»

M. Legault s’est toutefois dit incapable de procéder à l’embauche de milliers d’infirmières afin d’abaisser les ratios infirmière-patients à brève échéance, et ce, malgré « toute la bonne volonté du monde ». «On ne peut pas, en quelques mois, former des infirmières», a-t-il souligné.

L’État ne pourra pas consentir aux infirmières des augmentations salariales au-delà de l’inflation, a-t-il aussi souligné en point de presse mardi.

La résorption du déficit de quelque 15 milliards de dollars attribuable à la pandémie nécessitera « des efforts de gestion importants » au cours des cinq prochaines années, a averti M. Legault, tout en rappelant sa promesse de n’augmenter ni les taxes ni les impôts. Il faut respecter « la capacité de payer des Québécois », a-t-il insisté.

Réseau à bout de souffle

Le réseau de la santé est à bout de souffle, a reconnu le premier ministre, évoquant le blocage la veille du pont Jacques-Cartier, dans la métropole, et du pont de Québec, dans la capitale, par la Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).

Le chef du gouvernement a cependant qualifié de «bonne nouvelle» le maintien des nouveaux cas de COVID-19 annoncés «autour» de 1000. «C'est grâce aux efforts des Québécois», a-t-il lancé.

M. Legault a dit être «très conscient» de la dureté des mesures déployées par l’État pour freiner la progression du coronavirus au Québec depuis le début de la pandémie. «Je comprends que certaines personnes ont de la difficulté avec les mesures. Mais là, on essaie de trouver un équilibre», a-t-il dit. Un équilibre entre la nécessité de limiter au maximum le nombre de décès et d’hospitalisations d’une part, et la nécessité de préserver la bonne santé mentale des Québécois d’autre part.

Le nombre de personnes qui travaillent à la recherche de contacts des personnes déclarées positives à la COVID-19 a doublé en moins d’un mois, passant de 800 à 1600 personnes, a indiqué le ministre de la Santé, Christian Dubé, mardi. «J'en profiterais […] pour dire une chose aux Québécois: s'il vous plaît, répondez à nos appels! […] Quand les personnes ne répondent pas au téléphone, ça ne nous aide pas, parce que ça veut dire qu'une personne qui est probablement atteinte, qu'on veut rejoindre… puis elle continue à contaminer».

M. Dubé a précisé qu’«une quarantaine» de CHSLD, 66 résidences pour aînés (RPA) et 11 ressources intermédiaires (RI) sont frappés par le coronavirus. Dans les CHSLD, «un peu moins de 500 personnes» sont atteintes de la COVID-19.


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