Plusieurs nouveaux cas dans un CHSLD

Au CHSLD Parphilia-Ferland, à Saint-Charles-Borromée, on compte désormais 26 cas confirmés de COVID-19, dont 23 résidents.
Photo: Adil Boukind Le Devoir Au CHSLD Parphilia-Ferland, à Saint-Charles-Borromée, on compte désormais 26 cas confirmés de COVID-19, dont 23 résidents.

Le nombre de nouveaux cas de COVID-19 continue d’augmenter au Centre d’hébergement et de soins de longue durée Parphilia-Ferland, à Saint-Charles-Borromée. Trois nouvelles personnes ont reçu un diagnostic positif vendredi, ce qui fait au total 26 cas confirmés.

Parmi eux, 23 résidents sont touchés, soit trois de plus que la veille, ainsi que trois employés de l’établissement, a confirmé au Devoir le CISSS de Lanaudière.

L’éclosion, qui a commencé dimanche dernier, est concentrée — et contenue — dans l’unité 1B du CHSLD situé au sein même du Centre hospitalier régional de Lanaudière, au nord de Joliette. L’unité en question compte 34 résidents, sur un total de 170 dans l’ensemble du CHSLD. Pour le moment, aucun décès n’a été déclaré.

Contactée par Le Devoir vendredi, la direction du CISSS de Lanaudière a décliné nos demandes d’entrevue. Son directeur général adjoint, Philippe Éthier, a toutefois assuré en entrevue à Radio-Canada vendredi matin que tous les résidents et les membres du personnel ont d’ores et déjà subi un test de dépistage. Les visiteurs et proches aidants qui se sont récemment présentés seront aussi testés.

De leur côté, les représentants syndicaux du personnel de l’établissement ont tenu à souligner la réaction rapide du CISSS de Lanaudière. Dès les premiers cas dépistés dimanche, les mesures de prévention et de contrôle ont été rehaussées. Une zone chaude a été créée pour y transférer tous les résidents déclarés positifs. L’ensemble des employés et des résidents de l’unité 1B ont subi un test de dépistage et toute l’unité a été désinfectée.

« Ça n’a rien à voir avec le début de la pandémie ce printemps, où il y avait beaucoup d’improvisation. Là, on a des protocoles en place, on sait quoi faire quand ça arrive. […] J’espère qu’on ne perdra personne cette fois-ci », confie en entrevue Ginette Morin, vice-présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSS de Lanaudière.

Lors de la première vague ce printemps, 14 résidents avaient été infectés par le coronavirus et cinq en sont décédés. L’éclosion était toutefois survenue dans une autre unité du CHSLD.

Ça n’a rien à voir avec le début de la pandémie ce printemps, où il y avait beaucoup d’improvisation

 

Étant donné qu’on a la situation bien en main, Mme Morin garde espoir que l’éclosion ne s’étende pas à d’autres unités, rappelant qu’il n’y a aucun déplacement du personnel.

Origine de l’éclosion

Elle se questionne toutefois sur l’origine de l’éclosion. « Depuis le déconfinement, les visites ont recommencé. Et même si on a des mesures de protection strictes, on ne sait pas si dans les chambres les familles gardent leur masque et leurs distances de façon systématique, par exemple », fait-elle remarquer.

Stéphane Cormier, le président du Syndicat interprofessionnel de Lanaudière, a le même questionnement. Il se demande quant à lui si l’éclosion ne vient pas d’un membre du personnel.

« Avant l’éclosion, un des salariés a ressenti des symptômes, mais il ne faisait pas de température. Il a été testé et le résultat est sorti négatif, donc il a continué à travailler, raconte-t-il. Mais deux jours plus tard, il faisait de la température et là un second test est sorti positif. »

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Rien n’indique pour le moment que ce travailleur a introduit la COVID-19 dans l’établissement. Cela pourrait aussi venir d’une nouvelle admission ou d’un visiteur. M. Cormier se questionne toutefois : « Ne devrait-on pas agir davantage en prévention et retirer tout membre du personnel ressentant un quelconque symptôme rattaché au virus ? On ne sait pas tout sur le coronavirus, on en apprend encore tous les jours. Ça prendrait plus de prévention. »

Interpellé sur le sujet la veille, le premier ministre François Legault a confirmé la tenue d’une enquête pour déterminer l’origine de cette éclosion. Est-ce qu’un visiteur, un préposé ou un aidant naturel a introduit le virus dans l’établissement ? Comment le virus s’est ensuite propagé parmi les résidents ? « On est en train d’examiner si le matériel de protection a été utilisé, a-t-il poursuivi. C’est certain qu’il ne manquait pas d’équipements de protection, de masques ou autres à ce CHSLD. »

À ses yeux, la situation est « très grave » et « très préoccupante ». « L’important, c’est d’intervenir très rapidement pour éviter qu’il y ait des conséquences graves », a ajouté le premier ministre.

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