La santé publique s’inquiète d’une croissance de cas de COVID-19 chez les jeunes

«On va essayer de rendre ça cool pour les jeunes de porter un masque», a déclaré le docteur Horacio Arruda.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne «On va essayer de rendre ça cool pour les jeunes de porter un masque», a déclaré le docteur Horacio Arruda.

Les autorités de santé publique s’inquiètent de voir les jeunes représenter une proportion croissante des nouveaux cas de COVID-19.

La directrice de la santé publique de la Montérégie, la docteure Julie Loslier, a partagé ses préoccupations avec son patron, le docteur Horacio Arruda, vendredi, alors que ce dernier poursuivait sa tournée provinciale.

« On observe une diminution de l’âge moyen de nos cas et certains phénomènes, des situations où on a eu des cas chez des personnes plus jeunes qui ont généré un très grand nombre de contacts parce qu’il y a eu des situations sociales sans distanciation sociale », a-t-elle révélé.

Cette reprise de socialisation imprudente semble assez généralisée, selon elle.

« Une des choses qu’on a remarquées en Montérégie et c’était vrai dans les autres régions, c’est que le nombre de contacts à chaque cas a augmenté. On voit que les gens respectent moins les mesures de distanciation. »

Et l’un des indices de cette imprudence se révèle dans une autre statistique, a ajouté la docteure Loslier : « On a vu dans les dernières semaines une hausse de nos taux d’infections transmissibles sexuellement », indice clair d’absence de distanciation s’il en est.

Le masque : « rendre ça cool »

Le docteur Arruda a confirmé ces dires tout en prenant soin de souligner à quel point les jeunes avaient été exemplaires durant le confinement complet.

« Je tiens à les féliciter », a-t-il dit d’entrée de jeu. Notant l’effet des campagnes menées par des influenceurs, vedettes et modèles de tous genres, le directeur de santé publique a dit croire qu’« il va falloir revenir à ce genre d’approche avec eux pour qu’ils prennent conscience ».

« Ils ont été enfermés. Les jeunes ont besoin de socialiser, C’est important ; le confinement a eu des effets pervers », a-t-il reconnu du même souffle. Il a souligné que les jeunes « sont moins atteints et, s’ils sont malades, ils vont faire moins de complications », ce qui explique sans doute en partie une certaine insouciance, mais il a rappelé qu’ils risquent aussi de devenir des transmetteurs de la COVID-19 aux adultes de leur entourage.

Tout en reconnaissant que les approches coercitives avec les jeunes peuvent donner l’effet contraire à celui recherché, il a dit vouloir « faire appel à leur sens civique et social. Il faut créer un climat social, une norme où ça va devenir partie de l’étiquette ».

« On va essayer de rendre ça cool pour les jeunes de porter un masque », a déclaré le docteur Arruda.

Se préparer à la deuxième vague

Alors que les décès et les nombres de cas confirmés de COVID-19 demeurent plutôt bas depuis quelques semaines, la santé publique se prépare déjà pour une éventuelle deuxième vague de contamination, mais Horacio Arruda a martelé que le virus est encore présent.

Malgré des chiffres en baisse, il a signalé une nouvelle éclosion dans les Laurentides, tout en précisant qu’elle était bien contrôlée.

« Nous avons la responsabilité de nous préparer [à une deuxième vague] », a-t-il ajouté, notant que son équipe travaillait activement pour ce faire depuis quelques semaines.

Les autorités sanitaires connaissent maintenant mieux les caractéristiques épidémiologiques du virus, notamment le fait que des porteurs asymptomatiques peuvent le transmettre tandis que les enfants atteints sont de faibles transmetteurs et ont généralement peu de symptômes.

Les leçons apprises pendant la première vague de COVID-19, qui n’est pas encore terminée, seront utiles lorsque viendra le temps d’affronter la deuxième vague, estime M. Arruda.

Curieusement, il demeure assez confiant de voir le virus exprimer une certaine saisonnalité, et ce, même s’il est en progression fulgurante dans le sud des États-Unis. En même temps, il admet que ce virus comporte son lot de surprises et n’a pas fini d’étonner le milieu médical. Par ailleurs, il espère que toutes les mesures de prévention — lavage de mains, distanciation physique et port du masque — aient un effet secondaire bénéfique : ralentir la progression de l’influenza et des autres virus respiratoires à l’automne.