Des tests sérologiques pour mesurer la part de la population déjà exposée au coronavirus

Les échantillons de sang soumis aux tests sérologiques de détection des anticorps au coronavirus — un signe qu’une personne a déjà été infectée par le SRAS-CoV-2 — seront prélevés lors des collectes de sang déjà prévues.
Photo: iStock Les échantillons de sang soumis aux tests sérologiques de détection des anticorps au coronavirus — un signe qu’une personne a déjà été infectée par le SRAS-CoV-2 — seront prélevés lors des collectes de sang déjà prévues.

Héma-Québec enclenchera dès le mois de juin des tests sérologiques auprès de 6000 à 7000 donneurs de sang québécois pour mesurer la part de la population déjà exposée au coronavirus. Un exercice de première importance pour mieux se préparer à la « deuxième vague » attendue d’ici l’automne.

L’organisme vient d’en recevoir le mandat par l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ), a indiqué lundi le Dr Marc Germain, vice-président aux affaires médicales et à l’innovation chez Héma-Québec

« Cela va nous permettre d’avoir une idée assez précise non seulement du pourcentage de personnes infectées, mais aussi de celles qui sont asymptomatiques », a expliqué le porte-parole d’Héma-Québec.

Concrètement, les échantillons de sang soumis aux tests sérologiques de détection des anticorps au coronavirus — un signe qu’une personne a déjà été infectée par le SRAS-CoV-2 — seront prélevés lors des collectes de sang déjà prévues.

Les échantillons testés se concentreront surtout dans la grande région de Montréal, qui compte plus de la moitié des cas déclarés et 62 % des décès. Avec quelque 3000 dons de sang recueillis chaque semaine, il faudra tout au plus « quelques semaines » pour obtenir un nombre suffisant de tests permettant de procéder à une évaluation fiable du nombre de Québécois déjà infectés, avec une marge d’erreur oscillant entre 2 et 3 %, selon le Dr Germain.

Le nombre d’échantillons nécessaires pourrait augmenter pour évaluer la prévalence de l’infection dans des groupes plus ciblés, comme les travailleurs de la santé ou les résidents de secteurs précis de la métropole, et il se poursuivra pendant des mois, sinon plus, pour suivre la progression de l’infection dans la population.

« Je serais surpris que le taux de séroprévalence dépasse 3 à 5 % de la population », affirme le Dr Germain, à la lumière des études effectuées aux Pays-Bas, où l’épidémie a suivi une courbe similaire à celle du Québec. Là-bas, le taux d’exposition au virus n’a pas dépassé 3 %, comme ce fut le cas au Danemark et en Suède.

« On va avoir un été très occupé, surtout les laboratoires qui ajouteront l’analyse de ces tests sérologiques à la dizaine d’autres (VIH, hépatite B et C, etc.) auxquels est soumis chacun des dons de sang », ajoute-t-il.

Dans le comté californien de Los Angeles, le taux de séroprévalence du coronavirus repéré lors de collectes de sang a atteint 4,6 %, selon une étude publiée le 18 mai dans le Journal of the American Medical Association. L’Institut Pasteur a lui mesuré un taux de 26 % dans la population d’un lycée d’une sous-région de l’Oise, la région la plus touchée de France par la COVID-19. Le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis (CDC) vient quant à lui de lancer le dépistage aléatoire d’un échantillon de 325 000 personnes dans 25 métropoles, dont New York, Los Angeles, Seattle, San Francisco et Minneapolis.

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