Les proches aidants satisfaits de l’assouplissement des règles

Les proches aidants d’aînés et les parents d’enfants ayant une déficience intellectuelle pourront de nouveau visiter leur proche dans les résidences, les CHSLD et les ressources intermédiaires à compter du 11 mai.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Les proches aidants d’aînés et les parents d’enfants ayant une déficience intellectuelle pourront de nouveau visiter leur proche dans les résidences, les CHSLD et les ressources intermédiaires à compter du 11 mai.

Les proches aidants d’aînés et les parents d’enfants ayant une déficience intellectuelle poussent un soupir de soulagement. Dès le 11 mai, ils pourront de nouveau visiter leur proche dans les résidences, les CHSLD et les ressources intermédiaires.

Le Réseau FADOQ salue cette décision du gouvernement Legault. « Des familles voyaient bien, par la fenêtre, que leur proche ne se nourrissait pas, qu’il était alité », dit sa présidente, Gisèle Tassé-Goodman.

Cette annonce fera « baisser le niveau d’anxiété des familles », selon la directrice Société québécoise de la déficience intellectuelle, Anik Larose. « En déficience intellectuelle, être privé de contacts avec la famille, c’est extrêmement difficile pour la personne elle-même, mais aussi pour les proches qui sont morts d’inquiétude », dit-elle.

Le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) se dit aussi favorable à l’accueil de proches aidants dans ses établissements. Il souhaite toutefois que le gouvernement Legault définisse clairement ce qu’est un proche aidant. Il redoute une « multitude de proches aidants » à la fête des mères, dimanche. « On craint que des enfants arrivent avec les petits-enfants », dit Yves Desjardins.

En point de presse, la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, a spécifié qu’un « proche aidant significatif » est une « personne qui vient régulièrement ».

De son côté, l’Association des établissements privés conventionnés (AEPC) assure que ses membres vont « tout mettre en œuvre » pour accueillir les proches aidants. Mais encore faut-il qu’ils aient l’équipement nécessaire pour assurer leur sécurité, rappelle-t-elle. « C’est important pour nous d’assurer la protection des proches aidants, dit la directrice générale de l’AEPC, Annick Lavoie. Dans la région de Montréal, beaucoup d’établissements reçoivent le matériel de protection au compte-gouttes. »

En point de presse, la ministre Blais a indiqué que « si un établissement veut refuser l’accès au proche aidant, il devra justifier cette exception auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux ».

Annick Lavoie défend ses établissements d’avoir refusé des proches aidants. Elle signale que la précédente directive gouvernementale à cet égard, mise en vigueur le 16 avril, exigeait que les proches aidants passent un test de dépistage, avant leur entrée dans les centres. « Au milieu d’avril, on manquait de tests », dit-elle.

Plus de liberté pour les 70 ans et plus

En plus de permettre aux proches aidants de visiter leur proche, Québec assouplit les mesures de confinement des 70 ans et plus. Les aînés qui résident dans des résidences peuvent désormais sortir marcher sans supervision.

« C’est une bonne nouvelle, dit Gisèle Tassé-Goodman. Par ailleurs, il est important d’agir avec prudence. Le risque de contamination est toujours là. » Elle rappelle aux aînés qu’ils doivent respecter la règle de distanciation de deux mètres, faisant écho aux propos du directeur de la santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda.

Le réseau FADOQ dit avoir reçu « beaucoup d’appels » d’aînés habitant en résidence, qui jugeaient les mesures excessives et infantilisantes. « Mais on a aussi eu des appels d’aînés se sentant très vulnérables à la COVID-19, dit Gisèle Tassé-Goodman. Il faut assurer une vigie serrée. »

Le Regroupement québécois des résidences pour aînés se réjouit de cet assouplissement des mesures de confinement. Il a sondé ses membres la semaine dernière au sujet du moral des résidents. « Certains aînés se laissent aller, pleurent, dit Yves Desjardins. D’autres dorment mal. Ils vivent du stress, de l’anxiété. »

Ils peuvent désormais prendre une marche lorsqu’ils en ont envie. À partir du 11 mai, ils auront aussi la possibilité de fréquenter des épiceries et des pharmacies.

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