Les intoxications à des produits désinfectants sont en forte hausse au Québec

Les désinfectants pour les mains sont à l’origine de 79 appels depuis début mars dernier, soit 80% de plus que durant la même période un an plus tôt.
Photo: Damian Dovarganes Associated Press Les désinfectants pour les mains sont à l’origine de 79 appels depuis début mars dernier, soit 80% de plus que durant la même période un an plus tôt.

La protection contre la COVID-19 n’est pas sans risque. Dans les dernières semaines, le nombre d’expositions accidentelles à des produits de nettoyage recensé par le Centre antipoison du Québec a bondi de manière significative par rapport à la même période l’an dernier. Les produits javellisants et les désinfectants pour les mains sont les principales sources de ces nouvelles intoxications.

« Dans le contexte actuel de lutte contre la pandémie de coronavirus, nous nous attendions à une augmentation de la sorte, a indiqué mardi au Devoir Guillaume Bélair, porte-parole du Centre, mais pas autant que ça. »

Entre le 1er mars et le 20 avril, 998 cas d’exposition accidentelle à des produits de nettoyage domestique ont été comptabilisés par le Centre antipoison du Québec, soit 333 de plus que lors de la même période l’an dernier. Dans le cas de javellisants, dont l’utilisation est en croissance depuis le début de la crise sanitaire pour désinfecter les environnements de vie, la croissance est de 194 % par rapport à l’an dernier, avec 262 appels reçus, contre 89 en 2019, indiquent les plus récentes données obtenues.

 

Les désinfectants pour les mains sont à l’origine de 79 appels depuis début mars dernier, soit 80 % de plus que durant la même période un an plus tôt. Les enfants de 0 à 5 ans sont des victimes importantes. Mais les ingestions par des adultes ou l’exposition à des vapeurs toxiques après des mélanges de produits sont également en hausse, indique l’organisme.

« Plusieurs facteurs expliquent cette croissance, dit M. Bélair. Il y a eu une razzia sur ces produits dans les dernières semaines et, comme ils sont utilisés plus souvent, ils sont peut-être moins bien rangés et plus faciles d’accès autant pour le nettoyage régulier que pour des enfants qui vivent en permanence à l’intérieur des maisons. »

Notons qu’en mars et en avril 2020, le nombre total d’expositions à l’ensemble des matières toxiques, par seulement les produits désinfectants, recensés au Québec, est en baisse de 2 % par rapport à l’an dernier.

Le Centre antipoison dit avoir été en contact avec ses homologues ailleurs au pays qui constatent la même croissance des cas d’exposition accidentelle à des produits de nettoyage. Il envisage d’ailleurs de lancer une campagne de prévention pour contrer les dommages sur la santé que la guerre contre la COVID-19 pourrait engendrer par des intoxications à des produits de nettoyage.

À voir en vidéo