Rappel d’écouvillons chinois

Jeudi dernier, la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, avait reconnu «un problème avec les importations [d’écouvillons] de la Chine».
Photo: Joe Raedle Getty Images/AFP Jeudi dernier, la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, avait reconnu «un problème avec les importations [d’écouvillons] de la Chine».

Un fournisseur chinois a vendu des milliers d’écouvillons contaminés au Canada, rendant impossible leur utilisation pour dépister la COVID-19. Mais ceux-ci n’iront pas à la poubelle, a appris Le Devoir : une compagnie de Mirabel a reçu un contrat pour stériliser toutes les tiges contaminées.

Selon le ministère québécois de la Santé et des Services sociaux (MSSS), une « contamination fongique » a été découverte récemment sur « plusieurs écouvillons » qui avaient été distribués à travers la province. Ceux-ci ont été rappelés. Ils provenaient d’un fournisseur chinois.

Le Québec n’est pas le seul concerné par la livraison défectueuse de ces petites tiges qui font partie des trousses de dépistage de la COVID-19 : « plusieurs provinces ont reçu des écouvillons contaminés par un champignon », affirme le MSSS.

Jeudi dernier, la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, avait reconnu « un problème avec les importations [d’écouvillons] de la Chine ». Un hôpital de Moncton avait trouvé la veille quelque 6400 trousses de dépistage contaminées. Celles-ci feraient partie d’un lot de 320 000 trousses inutilisables achetées par le Laboratoire national de microbiologie du Canada et distribuées à travers le pays.

Il n’a pas été possible de confirmer lundi si les écouvillons contaminés découverts par Québec sont issus du même arrivage.

Chose certaine, Ottawa et Québec ont trouvé une manière de ne pas jeter les écouvillons fautifs. La compagnie PAMA, spécialisée dans la fabrication de fournitures médicales personnalisées jetables, a ainsi obtenu un « contrat pour la stérilisation de tous les écouvillons contaminés du Canada », indique le ministère dans sa réponse au Devoir (PAMA n’a pas répondu à nos demandes d’information).

« Une fois la procédure de stérilisation terminée, les écouvillons seront retournés sur le terrain. Il n’y a pas eu de perte d’écouvillons » avec le lot problématique, assure-t-on.

Québec mentionne par ailleurs avoir distribué vendredi dernier quelque20 000 écouvillons partout dans le réseau. « Plusieurs autres commandes ont été faites et devraient arriver régulièrement dans les prochaines semaines. »

Lundi, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a indiqué en point de presse qu’il n’y « a aucun enjeu relativement aux tests ». Dans les dernières semaines, Québec avait fait part de ses préoccupations quant aux stocks d’écouvillons ou de réactifs nécessaires pour les tests.

Mieux vérifier

Le Québec s’approvisionne normalement auprès de cinq fournisseursd’écouvillons. Présentement, le gouvernement fédéral, la Chine et une compagnie américaine (Pharma Rush) fournissent à la province l’essentiel des stocks de cette petite brosse.

Le problème de contamination a toutefois incité Québec « à faire des vérifications des arrivages plus systématiquement », dit-on. Les autorités étudient aussi des solutions de rechange pour pallier un éventuel manque d’écouvillons.

« On regarde présentement une méthode à base de matière saline qui pourrait être injectée dans une narine et sortir par l’autre afin de tester les sécrétions », écrit un porte-parole du MSSS.

Avec Marie-Eve Cousineau