Une brigade de spécialistes au service d’omnipraticiens

Depuis deux semaines, plus d’une vingtaine de médecins spécialistes travaillent en alternance dans une «unité COVID-19» de l’hôpital Pierre-Le Gardeur, à Terrebonne.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Depuis deux semaines, plus d’une vingtaine de médecins spécialistes travaillent en alternance dans une «unité COVID-19» de l’hôpital Pierre-Le Gardeur, à Terrebonne.

À défaut de pouvoir opérer des patients, des orthopédistes, des chirurgiens généraux et des oto-rhino-laryngologistes donnent un coup de main aux médecins de famille dans une « unité COVID-19 » de l’hôpital Pierre-Le Gardeur, à Terrebonne.

« J’ai dit aux spécialistes : “Vous voulez aider ? Vous allez faire les secrétaires des médecins de famille !” » raconte la Dre Manon Giroux, cheffe du département de chirurgie et coordonnatrice médicale de la crise COVID-19 dans l’établissement. Prescriptions, organisation de transferts de patients, gestion d’appels et autre « poutine interne » : la mission des spécialistes est d’alléger la tâche des omnipraticiens afin qu’ils se consacrent aux patients.

Depuis deux semaines, plus d’une vingtaine de médecins spécialistes travaillent en alternance dans cette « unité COVID-19 ». « Ils sont vraiment utiles, dit la Dre Jolaine Sarrazin, une omnipraticienne qui travaille au front. Ils aident à faire rouler l’unité. »

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Le Dr Charles Guertin, chirurgien plasticien, est content de pouvoir venir en aide à ses collègues. « On a vraiment l’impression d’être appréciés pour le travail qu’on fait », dit-il.

Accomplir ces tâches administratives est aussi une « leçon d’humilité », selon lui. « On ne réalise pas à quel point les omnipraticiens ont du travail administratif à faire », dit le Dr Charles Guertin.

Les spécialistes qui font des chirurgies mettent aussi à profit leur expertise. « On a proposé de créer une “police de la stérilité” », dit le Dr Guertin. Pour éviter les contaminations, les spécialistes scrutent à la loupe les gestes des omnipraticiens lorsqu’ils revêtent leur équipement de protection et l’enlèvent.

Cette brigade de spécialistes n’a pas que la mission d’aider des omnipraticiens. Elle développe des habiletés pour éventuellement être déployée auprès de patients atteints de la COVID-19, explique la Dre Manon Giroux. « Dans l’optique d’une catastrophe à l’italienne [où des médecins tomberaient au combat], les spécialistes vont être capables de prendre la relève », dit-elle.

Elle souligne qu’un oto-rhino-laryngologiste a même fait un « petit stage aux soins intensifs ». « Il est maintenant en permanence disponible pour les soins intensifs et fait les techniques, comme installer des cathéters », précise-t-elle.

La Dre Manon Giroux croit que cette nouvelle collaboration entre omnipraticiens et chirurgiens contribuera à créer des liens entre eux. Ces médecins se côtoient peu en temps normal. « Les médecins de famille seront vraiment plus à l’aise de nous appeler après cette période », conclut-elle.